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lundi 5 août 2013

Les années 520 (de 520 à 529) Histoire

Événements

523 : début de la guerre de Burgondie.


524 : bataille de Vézeronce.
La bataille de Vézeronce opposa les Francs de Clodomir aux Burgondes sous le règne du roi Godomar III. Elle eut lieu le 25 juin 524 près de Vézeronce dans l'Isère.

526 : crise religieuse en Italie entre catholiques et ariens.

528 : les Huns Hephtalites sont chassés de l’Inde.

Les Bretons continentaux écrivent leurs lois, les Excerpta de Libris Romanorum et Francorum (520-560).
Les Bretons sont une part et une composante distincte de la population française, originaire de Bretagne, une région située à l'Ouest de la France, où ils sont principalement implantés. Ils doivent leur nom à des groupes brittophones qui émigrèrent du sud-ouest de la Grande-Bretagne en vagues successives à partir du IIIe siècle jusqu’au VIe siècle dans l'Ouest de la péninsule Armoricaine, renommée par la suite Bretagne d’après leur nom.

Keïtai-Tennô réalise l’unité japonaise.
L'empereur Keitai était le vingt-sixième empereur du Japon, selon l'ordre traditionnel de succession. On situe son règne de 510 à 534, bien qu'on n'en connaisse pas les dates avec certitude.
Selon les chroniques, il est à l'origine le roi de Koshi, une petite tribu vivant apparemment dans les parties septentrionales du Japon central, peut-être sur la côte de la mer du Japon.
Le Japon n'existant pas à l'époque, et l'entité connue sous le nom de Yamato ne comprenant qu'une partie du pays actuel, le terme d'empereur est anachronique pour le désigner et certains travaux d'histoire actuels appellent Keitai sous le nom de Roi Ohoto de Koshi.

Révoltes intestines dans l’empire Avar (Hephtalites, Ting-ling, Tölech etc.).

Personnages significatifs


Amalasonte, née v. 495-500 à Ravenne et morte assassinée en 535 à Bolsena est une reine ostrogothique, fille de Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths, et de la princesse franque païenne, Audoflède, sœur de Clovis, roi des Francs.

Amalasonte Woodcut from the Nuremberg Chronicle Amalasuntha, queen of the Ostrogoths in Italy in the 6th-century 1493 Michael Wohlgemuth illustrateur This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Amalasonte, jeune veuve depuis 522/523, gouvernait le royaume pour son fils Athalaric, alors âgé de 10 ans, après la mort de son père Théodoric en 526. Elle avait hérité du talent diplomatique de son père et se rendait compte que le moyen le plus économique de prévenir une invasion de l'Italie par l'armée byzantine était d'entretenir avec l'empereur des relations cordiales. Pour la conseiller, elle avait pris pour ministre le savant Cassiodore, s'entourait surtout de Romains, et parlait, en plus du gotique, le latin et le grec.
Mais le jeune roi Athalaric meurt en 534, et elle doit partager le trône avec Théodat, son cousin devenu son époux. L'année suivante, Théodat la fait étrangler dans son bain sur l'île Martana du lac de Bolsena. Cet assassinat sert de prétexte au général byzantin Bélisaire, au service de l'empereur Justinien, pour intervenir en Italie et se mêler des affaires ostrogothiques, provoquant ainsi les guerres gothiques qui dévastèrent la péninsule durant plus de vingt ans.
L'astéroid 650 Amalasuntha porte son nom.

Boèce (voir les années 510 Culture)

Childebert Ier (né vers 497 à Reims - mort le 13 décembre 558 à Paris), fut Roi de Paris de 511 à 558 et roi d'Orléans de 524 à 558.
En 523-524, à l'instigation de Clotilde, Childebert et ses deux frères se joignent dans une expédition contre les Burgondes. Thierry Ier, ayant épousé la fille de Sigismond et n'étant pas fils de Clotilde, n'eut pas à y participer.
Sigismond, roi des Burgondes est battu par les fils de Clovis, Childebert, Clodomir et Clotaire. Il se réfugie au monastère d'Agaune, mais Clodomir, roi d’Orléans le fait jeter dans un puits avec toute sa famille.
Après la mort de son frère Clodomir, Childebert Ier invita à Paris son frère Clotaire Ier, roi de Soissons, qui avait épousé Gondioque, la veuve de Clodomir. Voulant récupérer le territoire de Clodomir, ils décidèrent, avec l'accord de Clotilde, de tuer Thibaut, Gunthar et Clodoald qui auraient pu revendiquer le trône un jour ou l'autre.

Assassinat de Thibaut et Gunthar. Manuscrit du XVe siècle. Chroniques de France, bibliothèque nationale, Paris. This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Les deux oncles massacrèrent les enfants de Clodomir : Clotaire assassina Thibaut d'un coup de couteau dans l'aisselle. Gunthar se jeta aux pieds de Childebert qui se mettait à pleurer et faillit céder aux suppliques de son neveu. Mais Clotaire lui fit remarquer qu'il était à l'initiative de l'entreprise. Childebert rejeta alors Gunthar contre son frère qui l'égorgea. Thibaut et Gonthaire avaient respectivement dix et sept ans. Le dernier, Clodoald resta en vie parce qu'il parvint à s'enfuir. Mieux connu sous le nom de saint Cloud, ce dernier fonda un monastère à Nogent-sur-Seine (aujourd'hui Saint-Cloud) et en devint le premier abbé.
Thierry Ier, quant à lui s'empare d'une partie de l'héritage constitué de l'Auxerrois, du Berry et du Sénonais. En accord avec ses frères, il continue la guerre contre le nouveau roi de Burgondie, Godomar III, roi des Burgondes. (A suivre...)


Clodomir
Clodomir est roi des Francs du royaume d'Orléans de 511 à 524. Il est né vers 495 et mort le 25 juin 524 à Vézeronce. Il eut un fils nommé Sigéric, de son premier mariage avec Aréagni, fille de Théodoric le Grand. Veuf, il épousa Gondioque qui lui donna trois fils : Thibaut (Théodebald), Gonthier (Gunthar) et Clodoald (le futur saint Cloud). S'il passa son règne à guerroyer, il s'occupa aussi des affaires du royaume.
Guerre contre les Burgondes

Lorsque trois des fils de Clovis envahissent la Burgondie, sur les encouragements de leur mère Clotilde, Sigismond (voir les années 510) est battu et se réfugie au monastère d'Agaune. Il est livré à Clodomir par l'aristocratie burgonde, qui place son frère Godomar III sur le trône. Le 1er mai 524, Clodomir le fait décapiter avec sa femme et ses deux fils, Gistald et Gondebald, puis leurs corps sont jetés dans un puits dans un lieu nommé Columna (Coulmier) près d'Orléans, aujourd'hui Saint-Sigismond-du-Loiret.


Clodomir supervise l'exécution de Sigismond, roi de Burgondie. Grandes Chroniques de France. Valenciennes, bibliothèque municipale, Manuscrit 637, fol. 14v.


Clodomir se lança ensuite dans une seconde expédition contre les Burgondes en compagnie de Thierry. Il fut tué lors de la bataille de Vézeronce le 21 juin 524 après avoir été trompé par des adversaires qu'il poursuivait. Conformément à la loi salique, sa tête fut tranchée et plantée au bout d'une lance, en signe d'accomplissement d'une faide. Clotaire et Childebert purent alors se partager librement le territoire de leur frère. Thierry capta lui aussi une partie de l'héritage et récupéra l'Auxerrois, le Berry et le Sénonais. (A suivre...)

Clotaire Ier
L'échec de la guerre contre les Burgondes (523-524)
En 516, la mort de Gondebaud amène sur le trône burgonde son fils Sigismond, converti au catholicisme. Sa politique anti-arienne, en particulier l'exécution de son fils Sigéric (petit-fils de l'Ostrogoth Théodoric), le met en position de faiblesse, ce qui incite les rois francs à lancer une offensive, sauf Thierry, marié à une fille de Sigismond.
En 523, à l'instigation de Clotilde, Clotaire, Clodomir et Childebert joignent leurs forces dans une expédition contre les Burgondes. L'armée burgonde est mise en déroute et Sigismond est pris et exécuté. Mais son frère Godomar le remplace sur le trône avec le soutien de l'aristocratie et les Francs sont obligés de repartir.
Une nouvelle campagne a lieu en 524, incluant cette fois Thierry. Les Francs s'avancent jusqu'à la vallée de l'Isère, mais, le 25 juin 524, subissent une défaite grave lors de la bataille de Vézeronce, au cours de laquelle Clodomir meurt. Les Francs quittent le royaume burgonde et Godomar reprend le pouvoir, qu'il conservera jusqu'en 534.
Clotaire épouse alors Gondioque, la veuve de Clodomir, ce qui lui assure la possession du trésor de Clodomir et lui assure les droits que détient Gondioque en tant que seule héritière du roi Godégisile ; la loi gombette permet à une fille d'hériter des terres en l'absence de fils. Mais cela ne suffit pas pour obtenir le territoire de son défunt frère : la loi salique impose normalement le partage du royaume entre les fils de Clodomir. (A suivre...)

Félix IV († 530), ou Félix III (Félix II ayant été déclaré antipape), 54e pape de 526 à sa mort en 530.
Le pontificat de Félix IV est marqué par trois faits importants :
L’un est symbolique : il s’agit de la fermeture de l’école philosophique d’Athènes, la prestigieuse Académie fondée par Platon. Désormais la culture grecque ne sera plus transmise principalement que par les moines, jusqu'à la Renaissance.

Félix IV Le 54e pape Félix IV Pape de l’Église catholique between Mosaic 527 and 530. Basilica of Santi Cosma e Damiano (Saints Cosmas and Damian). This work is in the public domain in the United States, and those countries with a copyright term of life of the author plus 100 years or less.

Le second ouvre des perspectives considérables à la christianisation en profondeur de l’Europe occidentale. Benoît de Nursie (480-547) fonde le monastère du Mont-Cassin en Italie. La règle bénédictine (du nom latin de Benoît, benedictus) repose sur la prière, la lecture d’ouvrages pieux et le travail manuel. « Ora et labora » : prie et travaille. La communauté des laïcs qui se font moines vit de son propre travail. Le monachisme, apparu en Orient, se répand en Occident. La fondation du monastère de Lérins en 410 en était un signe avant-coureur.
Le troisième est son soutien à saint Théodose le Cénobiarque dans son opposition au monophysisme, préconisé par l'empereur Anastase Ier dans les Églises d'orient.
Félix IV est fêté le 12 octobre selon le martyrologe romain.


Hildéric, né vers 460, exécuté en 533, est roi des Vandales et des Alains d'Afrique de 523 à 530. Son nom signifie en Gotique « Puissant dans la bataille ».
Prince vandale de la dynastie hasding, il est le fils du roi Hunéric et de la princesse romaine et catholique Eudocia fille de Valentinien III (voir les années 370), qui avait été enlevée lors du sac de Rome et donné en mariage à Hunéric.  Hildéric naît de cette union forcée, entre 456 et 462.
À la mort de son père en 484, Hildéric est écarté du trône selon la coutume vandale : le trône va à l'homme plus âgé de la famille royale, pour éviter le règne d’un enfant.

50-Deniers d'argent de Hilderic. Avers: D N HILDI - RIX REX. Revers: FELIX - KARTG. 15 mm, 1.24 g CoinArchives.com Ancient Coins database: [1]

En 523, devenu un vieillard, il peut enfin succéder à Thrasamund, étant devenu le patriarche de la famille royale. De caractère doux et d'abord facile, Hildéric laisse les affaires militaires à son cousin Hoamer et entretient des rapports apaisés avec les catholiques, quoiqu'il soit lui même chrétien arien. Le royaume, très affaibli, est alors en état de décomposition et de division avec une noblesse de plus en plus prompte à se rebeller contre l'autorité royale. La domination vandale ne s’exerce que sur une partie de l’ancienne Afrique romaine, et se rétrécit face aux attaques des principautés berbères. Des montagnards berbères conduits par leur chef Antalas battent sévèrement l'armée vandale.
En 530, un coup d'État a lieu, dirigé par son cousin Gélimer et ses partisans, hostile aux catholiques et aux byzantins. Le vieux roi est déposé, destitué et emprisonné avec ses proches. Cet évènement entraînera l'intervention byzantine trois ans plus tard. En 533, tandis que l’armée de Bélisaire approche, Hildéric est finalement exécuté sur l’ordre de Gélimer.


Saint Jean Ier est né vers 470 (peut-être à Sienne) et mort à Ravenne (Italie) le 18 mai 526. Il est le 53e évêque de Rome et pape de l'Église catholique. Premier pape à s'être rendu à Constantinople durant son pontificat, il fut arrêté à son retour, et emprisonné par le roi arien Théodoric qui le laissa mourir de faim. Il est considéré comme martyr par l'Église catholique. Liturgiquement il est commémoré le 18 mai.

Jean 1er, 53ème pape Pape de l’Église catholique Source: http://www.archive.org/details/livesofpopes01artauoft Author: Artaud de Montor, Alexis François This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Le Liber Pontificalis crédite Jean 1er de la réparation des cimetières des martyrs, celui de Nérée et Achillée sur la via Ardeatina, des saints Félix et Adauctus et le cimetière de Sainte Prisca. Il fait relever la basilique Sainte-Pétronille à Ravenne et orner richement la confession de la basilique Saint-Paul.
Il a travaillé à l'élaboration du chant romain, préparant ainsi un terrain favorable à la grande œuvre de saint Grégoire le Grand. C'est sous son règne que l'Église romaine fixe la date de Pâques. Il abandonne l’ère de Dioclétien : les années sont alors comptées à partir de la naissance du Christ.


Justinien Ier, né le 30 mai 483 en Illyrie - mort le 25 novembre 565 ou Justinien le Grand, fut empereur byzantin de 527 jusqu'à sa mort en 565. Il fut l’une des principales figures de l’Antiquité tardive. Que ce soit sur le plan du régime législatif, de l’expansion des frontières de l’Empire ou de la politique religieuse, il a laissé une œuvre considérable.

Justinien Ier Empereur byzantin Justinien, mosaïque de la Basilique San Vitale de Ravenne, avant 547 The work of art depicted in this image and the reproduction thereof are in the public domain worldwide.

Le règne de Justinien fut marqué par l'ambitieux projet de « restauration de l'empire », partiellement accompli. Son héritage eut encore plus de résonance sous l'aspect de l'uniformisation du droit romain, le Corpus iuris civilis, qui est encore la base du droit civil dans de nombreux États modernes. De ce fait, il est généralement considéré que le règne de Justinien coïncide avec l'apogée de l'Empire.

Ivoire Barberini représentant l’empereur Justinien triomphant, probablement vers 540-550, Musée du Louvre Attribution: Marie-Lan Nguyen (2011)

Son règne fut aussi l'occasion d'un épanouissement de l'art byzantin, et son programme de construction nous a laissé plusieurs chefs-d'œuvre architecturaux, en particulier la basilique Sainte-Sophie, qui fut le centre du Christianisme oriental pendant plusieurs siècles.


La mosaïque de l'impératrice Théodora, Basilique San Vitale de Ravenne. This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Justinien meurt dans la nuit du 14 novembre 565, sans doute dans son sommeil, sans avoir désigné de successeur, mais son neveu, le curopalate (soin du palais) Justin, fut immédiatement investi par le Sénat comme successeur (Justin II). Son cercueil fut déposé à la Nécropole impériale de l'Église des Saints-Apôtres (Constantinople), dans un tombeau de marbre revêtu au-dedans de lames d'or : il avait veillé lui-même à son exécution. Un de ses derniers actes législatifs concerna la date de Noël : il la fixa au 25 décembre alors qu'à Jérusalem et dans les pays voisins on célébrait la naissance du Christ le 6 janvier.


Section du mur de Théodose Source: Photograph taken in June 2006 in Istanbul by en:User:Bigdaddy1204. All credits go to him. Attribution:en:User:Bigdaddy1204

C'est sans doute à la dernière année de son règne que Corippe (poète épique romain) fait allusion en constatant que « le vieillard ne se souciait plus de rien ; déjà tout glacé, il ne brûlait plus que de l'amour de l'autre vie ; c'était vers le ciel que tout son esprit était tourné ; déjà oublieux de ce corps, il pensait que la figure de ce monde était passée ». Le même auteur soutient qu'« il avait épuisé les avantage du fisc jusqu'à le vider ».

Illustration pour les Institutiones Imperiales. Justinien trône au centre de la gravure XVIe siècle Author: G. Leroy This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Il est considéré comme saint par l'Église orthodoxe et fêté le 2 août ou les 14 et 15 novembre avec son épouse Théodora (sainte).



Théodoric le Grand ou Théodoric l'Amale né en 453 et mort le 30 août 526 à Ravenne, est un roi ostrogoth.

Statue de Théodoric à Brescia (légende populaire) Attribution: Stefano Bolognini, Wikimedia Commons

Il devient magister militum en 483, et une année après consul. Quand il a une trentaine d’années, Zénon envoie Théodoric en Italie pour destituer Odoacre, roi des Hérules, qui a renversé l’Empire romain d'Occident en 476 et qui est un vassal de plus en plus remuant. La campagne de Théodoric commence en 488. En 493, il prend Ravenne et tue lui-même Odoacre. Il y fonde un royaume autonome, accordant néanmoins aux Romains la possibilité d’être soumis aux lois romaines et aux juridictions romaines, tandis que les Goths conservent leurs propres coutumes. Il conquiert ensuite la Rhétie, le Norique, la Pannonie et la Dalmatie. Nouant des alliances matrimoniales avec tout le monde barbare, il contient les ambitions franques, défendant les Wisigoths contre eux, notamment lors du siège d’Arles en 507-508. En 524, il participe au premier partage du royaume des Burgondes.


Mausolée de Théodoric le Grand, Ravenne, Italie Attribution: Immanuel Giel/Wikimédia Commons

Théodoric est de foi arienne. Il mena tout au long de son règne une politique de tolérance, assortie d'une stricte séparation des peuples Goths ariens et des Italiens (ou Romains) catholique. Ce n'est qu'à la fin de son règne, qu'en réaction aux persécutions de l’empereur byzantin Justin Ier contre les ariens, que Théodoric rompt avec le pape Jean Ier qu'il jette en prison et laisse mourir de faim et persécute, de son côté, les catholiques.
Théodoric meurt en 526 de la dysenterie. Il laisse derrière lui le souvenir de trente ans de paix pour l'Italie, événement heureux qui ne se répétera pas avant des siècles. Il est enterré à Ravenne, où son tombeau constitue l’un des plus intéressants monuments de la ville (il est couvert d’une énorme coupole monolithe). Après lui, sa fille Amalasonte devient régente pour son petit-fils Athalaric.

Thierry Ier
Thierry Ier, né entre 485 et 490 et mort en 534, est le fils aîné du roi des Francs Clovis. Lors du partage du royaume des Francs qui suit la mort de son père, en 511, il hérite du nord-est et de l'Auvergne, avec Reims pour capitale.
En 523-524, à l'instigation de Clotilde, Childebert et ses deux frères se joignent dans une expédition contre les Burgondes. Thierry Ier, ayant épousé la fille de Sigismond et n'étant pas fils de Clotilde, n'eut pas à y participer.

Monnaie de bronze de Thierry Ier. BNF, monnaies, médailles et antiques. This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Une nouvelle campagne a lieu en 524, incluant cette fois Thierry. Les Francs s'avancent jusqu'à la vallée de l'Isère, mais, le 25 juin 524, subissent une défaite grave lors de la bataille de Vézeronce, au cours de laquelle Clodomir meurt. Les Francs quittent le royaume burgonde et Godomar reprend le pouvoir, qu'il conservera jusqu'en 534
À la mort de Clodomir (524), que Thierry accompagne dans une guerre contre le roi burgonde Godomar III, le partage secondaire entre les frères survivants lui laissent en plus les cités d'Auxerre et de Troyes et la moitié de celle de Sens. (A suivre...)
Wikipédia

vendredi 5 juillet 2013

Les années 490 (de 490 à 499) Histoire

Événements


Fondation du Royaume ostrogoth en Italie par Théodoric le Grand.
Le Royaume ostrogoth est un des royaumes goths fondés en Europe par une branche des Goths, les Ostrogoths. C'est le seul à proprement parler qui puisse se dénommer royaume barbare d'Italie, puisqu'il succède à l'Empire romain sur son sol natal à un moment où les Grandes invasions sont dans une phase de mouvement et non de sédentarisation. Il s'agit donc de l'un des premiers royaumes à succéder à l'Empire. Il est fondé sous le règne de Théodoric le Grand, (à ne pas confondre avec Théodoric Ier, roi wisigoth qui fonde les bases du royaume de Toulouse). Sa capitale était Ravenne et non Rome.
Selon la conception de Théodoric, les Goths étaient les protecteurs armés des paisibles Romains ; le roi Goth avait la difficile charge de gouverner alors que le consul romain en recevait les honneurs. De même, toutes les formes de l'administration romaine subsistèrent sous le règne de Théodoric. La politique et la culture romaine eurent même une grande influence sur les Goths. C'est là que la double culture du roi barbare joua à plein.
Notamment, la souveraineté sur des nations distinctes mais établies sur le même sol était nécessairement une conception romaine du pouvoir, qui avait ses contraintes pesant lourdement sur la liberté des troupes germaniques. Mais un tel système avait besoin d'un pouvoir fort, tenu par une personnalité comme celle de Théodoric ; à sa mort l'édifice s'effondra.

Clovis Ier, roi des Francs, est baptisé à Reims, le jour de Noël, entre 496 et 506, peut-être en 499. Il devient ainsi le seul roi barbare légitime aux yeux des populations orthodoxes de la Gaule.

Baptême de Clovis, selon la tradition, Vitrail de l'église Saint-Vincent de Neuvy-le-Roi. Artiste inconnu Source Histoire de France  This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired. 

Bataille du Mont Badon, rapportée dans les chroniques ; défaite des Bretons et victoire majeure des envahisseurs anglo-saxons sur l'île de Bretagne années 500 ou années 490, non précisé.
La bataille du mont Badon (Mons Badonicus en latin, Mynydd Baddon en gallois) est une bataille remportée par les Bretons sur les Anglo-Saxons vers l'an 500, lors de la conquête anglo-saxonne de la Bretagne.
Le mythe du roi Arthur entourant la bataille, ainsi que les informations peu nombreuses et contradictoires qui nous sont parvenues sur cet affrontement, font qu'aucune explication n'est complètement validée.
C'est un évènement majeur dans l'histoire politique et militaire de la Grande-Bretagne. Il stoppa l'invasion saxonne et permit la reprise de territoires précédemment perdus par les Bretons. Ce fut cependant, comme le dit Gildas, « le dernier, bien que pas le moindre, massacre de nos cruels ennemis ».

Personnages significatifs

Ambrosius Aurelianus
Ambrosius Aurelianus, Ambroise Aurélien en français moderne (Emrys Wledic en gallois moderne), est un chef de guerre breton du Haut Moyen Âge sur lequel nous ne possédons que peu d'éléments, tous proches de la légende.
Il apparaît dans les sources comme actif de 435 à 460. Il galvanise et organise la défense des troupes bretonnes face à l'invasion saxonne en 455. Ce soldat issu de l'aristocratie bretonne romanisée et formé aux techniques militaires romaines, commence la guerre contre les Anglo-Saxons en 460, conflit qui donne à son successeur, Uther Pendragon (père du roi Arthur), la notoriété qu'il a aujourd'hui. Ambrosius Aurelianus ne connaît pas une telle reconnaissance, bien qu'il ait grandement contribué à la défense de l'île de Bretagne, ainsi qu'à de nombreux événements sur le continent lors de son repli stratégique en Armorique et dans le domaine gallo-romain.
Il aurait été parent de Pol Aurélien, l'évangélisateur du Léon en Bretagne armoricaine. Il pourrait aussi être à l'origine du personnage d'Arthur. Ce sont les chroniqueurs latins de la Bretagne qui, les premiers, mentionneront l’individu entre le VIe et le XIe siècle. D’un récit à l’autre, le rôle et les caractéristiques du personnage évolueront et il sera, tour à tour, chef de guerre, prophète et prince romain

Anastase Ier (empereur byzantin)
Anastase Ier Empereur byzantin Monnaie frappée à l'effigie d'Anastase Ier Source: English Wikipedia, original upload 14 June 2005 by Panairjdde Attribution: Classical Numismatic Group, Inc. http://www.cngcoins.com

Anastase Ier, né à Dyrrachium (auj. Durrës) en Épire vers 430 et mort à Constantinople le 9 juillet 518, est un empereur byzantin de 491 à sa mort en 518.
Anastasius avait les yeux vairons, l'un noir et l'autre bleu et de ce fait fut surnommé dicorus (en grec: Δίκορος, « deux-pupilles »).
Distingué par l'impératrice Ariane, veuve de son prédécesseur, il accède au trône impérial en avril 491 et l'épouse. Son règne commence sous de bons auspices. Il obtient la faveur populaire avec une judicieuse réduction de taxes, et en démontrant une grande vigueur et forte énergie dans l'administration des affaires de l'Empire.


 
Feuillet de diptyque impérial représentant l'impératrice Ariane, musée national du Bargello Photograph from Ludwig von Sybel, Christliche Antike, vol. 2, Marburg, 1909. This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired
Politique extérieure
Il doit d'abord mater la révolte de la région de l'Isaurie, qui dure de 492 à 496, organisée par les soutiens de Longinus de Cardala, le frère de Zenon. La bataille de Cotyaeum en 491 brise la révolte, mais la guerrilla continue dans les montagnes du Taurus pendant quelques années encore.
À l'est de l'Empire, il conduit les combats contre les Sassanides et remporte de nombreux succès contre les Perses et leur roi Kavadh Ier (488-531). Les adversaires sont exténués quand ils signent un traité de paix sur la base du statu-quo en 506.

Woodcut from the Nuremberg Chronicle Michel Wolgemut, Wilhelm Pleydenwurff (Text: Hartmann Schedel)Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

En Occident, il s'allie, plus formellement que réellement avec Clovis Ier, le roi des Francs, en lui conférant la dignité consulaire puis, en 508, celle de patrice dans une sorte d'alliance à revers afin de ne pas relacher la vigilance vis-à-vis des Ostrogoths et de leur chef, Théodoric, roi d'Italie (493-526).
Il réorganise les finances (suppression du chrysargyron en 498) et fortifie Constantinople.
Son règne est traversé par des révoltes et des guerres civiles, qui se fondent sur des divisions religieuses de plus en plus prononcées.
Il meurt le 10 juillet 518, à l'age de quatre-vingt huit ans, frappé par la foudre, selon l'historien byzantin Johannes Malalas, d'obédience chalcédonienne.

Chrysargyron
Le chrysargyre ou chrysargyron, terme dérivé des mots grec arguros, αργυρος (argent) et chrusos, χρυσος (or), était un impôt de l'Empire romain d'Orient puis de l'Empire byzantin.
Cet impôt touchait ceux qui vivaient de la vente et concernait le commerce, l'artisanat et les métiers. La loi romaine ne considérait comme commerçants (negotiatores) que ceux qui possèdent un fonds de commerce ou un capital placé dans l'artisanat.

Anastase II (pape)
Anastase II fut le 50e pape (496-498).
 Son élection se fit le 28 novembre 496, après un interrègne de sept jours.
Dès son élévation au pontificat, il chercha à ramener les monophysites au sein de l'Église et à rétablir la paix au sein de celle-ci. Il envoya à cet effet des légats, les évêques Crescone et Germain, à Constantinople, avec une lettre pour l'empereur Anastase Ier, dans laquelle il exprimait son ardent désir de réunion, et le priait d'y travailler lui-même. Il s'agissait d'obtenir que le nom d'Acace de Césarée, patriarche de Constantinople qui avait écrit l'Hénotique et qui, pour cela avait été excommunié par Felix III, fût enlevé des sacrés diptyques.

Anastase II Le 50e pape Anastase II Pape de l’Église catholique Source: http://cckswong.tripod.com/pope1_50.htm ("Pope's Photo Gallery") Public Domain

Le pape pria donc l'empereur, en termes très humbles, de bien vouloir le faire enlever, et de ne pas permettre que, pour une chose si peu importante et qui ne regardait qu'un seul homme, on ne déchire pas plus longtemps la tunique de Jésus-Christ.
Il aurait écrit également à Clovis pour le féliciter de sa conversion (en fait cette lettre est un faux, fabriqué de toutes pièces au XVIIe siècle). À sa mort, l'Église romaine se divisait sur les concessions à faire pour mettre fin au schisme monophysite.
Anastase II régna pendant deux ans, il mourut le 19 novembre 498 et fut enterré à Saint-Pierre. Il fut placé par Dante dans l'Enfer de sa Divine Comédie

Cassiodore
Cassiodore est un homme politique et écrivain latin, fondateur du monastère de Vivarium. Il est né vers 485 à Squillace, dans l'actuelle province de Catanzaro en Calabre et mort vers 580.
La vie de Cassiodore s'articule essentiellement autour de deux périodes séparées par sa « conversion », qui marque son retrait de la vie publique.
Après des études dont nous ne savons rien, mais qui, comme celles de tous ses contemporains lettrés, prennent place dans le cadre des arts libéraux, Cassiodore commence sa carrière politique à la cour de Ravenne (en 503) comme conseiller (consiliarius) de son père et s'engage ainsi dans le cursus honorum.


Msc. Patr. 61, fol. 29v Représentation possible du vivarium du manuscrit Bamberg de Cassiodore Institutiones 8th century Bamberg, Staatsbibliothek, Ms. Patr. 61, fol. 29v public domain

Le changement profond commence pendant la préfecture du prétoire de Cassiodore (533) : par ses lettres de nomination à cette charge, Cassiodore nous apprend qu'il pratiquait la lectio divina pour en tirer ses principes de gouvernement ; il semble avoir un certain crédit auprès du pape Jean II (il intervient auprès de lui en faveur des moines scythes en 534). Il a des rapports encore plus étroits avec le successeur de Jean II, le pape Agapet Ier, avec qui il projette, en 535, de fonder une école de théologie à Rome (la prise de Rome par Bélisaire en 536 met un terme à ce projet).
Le moment crucial de la conversion est marqué par la rédaction de son traité De Anima (538), et surtout de son commentaire aux psaumes, Exposition psalmorum, qu'il compose vraisemblablement à Constantinople (où il a dû se retirer après la prise de Ravenne par Bélisaire, en 540).
L'événement le plus important de cette période de retraite de Cassiodore est sans doute la fondation du monastère de Vivarium ; la date en est discutée : on a parfois pensé que la fondation remontait à 540, mais il est peu probable que Cassiodore ait eu le temps de fonder le monastère juste avant de partir en exil à Constantinople ; on pense que Cassiodore n'est rentré en Calabre qu'en 555 (le 13 août 534, la Pragmatique sanction de Justinien autorise les émigrés italiens à rentrer au pays), et qu'il aurait donc fondé le monastère, sur les terres familiales à Squillace, à cette époque. Mais on peut aussi envisager qu'il ait fondé Vivarium pendant qu'il était préfet du prétoire (autour de 535), et qu'il n'y soit revenu que beaucoup plus tard (555).
Le monastère de Vivarium doit son nom aux viviers qui avaient été aménagés au pied du monastère (situé sur une colline) ; l'église du monastère était dédiée à Saint Martin, et à proximité du monastère, une colline, le Mons Castellum, était dédiée aux ermites.
Le monastère de Vivarium constituait une sorte de cité dans laquelle les ciues religiosi n'avaient pas à se préoccuper de leur subsistance matérielle, mais devaient se consacrer aux offices liturgiques, à l'exercice des artes, et surtout à la copie et à la correction de livres : Vivarium est un centre de première importance pour la transmission de nombreux textes, aussi bien bibliques ou liturgiques que païens.


Cassiodore dans la Bibliothèque deVivarium (issu du Codex Amiatinus, VIIIe siècle). File:Cassiodorus at the Vivarium in Codex Amiantinus.jpg uploaded by User:Angrense on January 28, 2007, giving en:Codex Amiatinus as the source This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired. 

Cassiodore, retiré à Vivarium, consacre sa longue retraite à son œuvre littéraire (Institutions, Exposition epistulae ad Romanos, liber memorialis ou liber titulorum, Complexiones apostolorum, De orthographia, qu'il rédige à 93 ans).
On ne connaît pas la date exacte de la mort de Cassiodore : après la rédaction de son traité De Orthographia (à 93 ans), il continue à corriger ses œuvres antérieures (notamment les Institutiones), mais considère que son œuvre littéraire est terminée (Iam tempus est ut totius operis nostri conclusionem facere debeamus, préface au De Orthographia).

Césaire d'Arles
Césaire d'Arles, né vers 470 à Chalon-sur-Saône et décédé le 26 août 542 à Arles, fut archevêque d’Arles de décembre 502 jusqu'à sa mort en 542. C'est un saint chrétien honoré le 26 août.
Après la mort d'Éon en 501 ou 502, il devient évêque d'Arles, mais continue à vivre comme un moine, exigeant que le clergé soit exemplaire.

 Césaire d'Arles, archevêque d'Arles et primat des Gaules, retable de la cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

En 506 il préside le concile d'Agde. C'est également en 513 qu'il fonde, aux Alyscamps, le premier monastère de femmes, transféré à l'intérieur des murs d'Arles en 524 et appelé monastère Saint-Jean. Il rédige pour ce monastère la Regula ad virgines, qui sera par la suite adoptée entre autres par sainte Radegonde pour son monastère de Poitiers.
Nommé vicaire du Siège apostolique pour la Gaule et l'Espagne en 514, il convoque et préside plusieurs conciles, celui d'Arles en 524, de Carpentras en 527, de Vaison en 529 et le deuxième concile d'Orange en 529, qui condamne le semi-pélagianisme et donne une formulation théologique de la grâce telle qu'elle avait été prônée par Augustin, contre ceux qui, comme Jean Cassien, donnaient un rôle plus important au libre arbitre. Les conciles de Valence (en 530), d'Orléans (en 533, 538 et 541) auxquels il n'assiste pas, et celui de Clermont (en 535), où il se rend, adoptent ses idées.

Clovis Ier
L'alliance avec les Francs rhénans
Avant 486, Clovis choisit de renforcer ses positions en contractant un mariage, avec une princesse de la monarchie franque rhénane, dont naît un fils, Thierry. Cette union a souvent été interprétée comme l'épisode d'une alliance tactique avec ses voisins orientaux, lui permettant de tourner ses ambitions vers le sud. Cette union avec une épouse dite de « second rang », vue comme étant « gages de paix » (friedelehen), assure la paix entre Francs rhénans et saliens.
En 491, il déclare la guerre aux Thuringiens et finit par les soumettre. Basine, la mère de Clovis, étant thuringienne, une explication à cette expédition guerrière accrédite l'idée que Clovis tente de récupérer le territoire dont sa mère était originaire.
L'évêque de Reims, le futur saint Remi, cherche alors probablement la protection d'une autorité forte pour son peuple, et écrit à Clovis dès son avènement. Les contacts sont nombreux entre le roi et l'évêque, ce dernier incitant d'abord Clovis à protéger les Chrétiens présents sur son territoire. Grâce à son charisme et peut-être en raison de l'autorité dont lui-même jouit, Remi sait se faire respecter de Clovis et lui sert même de conseiller.
À la suite d'ambassades répétées auprès du roi Gondebaud, Clovis choisit de prendre pour épouse Clotilde, une princesse chrétienne de haut lignage, fille du roi des Burgondes Chilpéric II et de la reine Carétène (ce peuple voisin des Francs était établi dans les actuels Dauphiné et Savoie).

Statue de sainte Clotilde à Notre-Dame de Corbeil, XIIe siècle.Attribution: Unknown, improved by Poke2001 Domaine public

Le mariage qui a lieu à Soissons en 492 ou en 493 concrétise le pacte de non-agression avec les rois burgondes. En choisissant une descendante du roi Athanaric de la dynastie des Balthes, Clovis se marie avec une épouse de premier rang qui lui assure un mariage hypergamique, lui permettant de hisser les Francs au rang de grande puissance.

Bataille de Tolbiac en 496 peint par Ary Scheffer (1795 - 1858). Versailles, musée national du Château et des Trianons. Domaine public 

C'est en « la quinzième année de son règne », c'est-à-dire en 496, qu'a lieu la bataille de Tolbiac (Zülpich près de Cologne) contre les Alamans, Clovis portant secours aux Francs rhénans dont le roi Sigebert a été blessé au genou. D'après Grégoire de Tours, ne sachant plus à quel dieu païen se vouer et son armée étant sur le point d'être vaincue, Clovis prie alors le Christ et lui promet de se convertir si « Jésus que sa femme Clotilde proclame fils de Dieu vivant » lui accordait la victoire. Il s'agit de la même promesse que fit l'empereur romain Constantin en 312 lors de la bataille du pont Milvius. Grégoire de Tours reprend le modèle constantinien (conversion après une bataille, rôle important d'une femme, Hélène et Clotilde) pour répéter ce qu'il y a eu de plus glorieux et légitimer la royauté franque.

Bataille de Tolbiac, fresque du Panthéon (Paris) de Paul-Joseph Blanc vers 1881 conjointement à d'autres fresques dont celles du baptême de Clovis This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Au cœur de la bataille, alors que Clovis est encerclé et va être pris, le chef alaman est tué d'une flèche ou d'un coup de hache, ce qui met son armée en déroute. La victoire est à Clovis et au dieu des chrétiens. Cette victoire permet au royaume de Clovis de s'étendre jusqu'à la Haute-Rhénanie.
Entre 496 et 511, peut-être en 499, Clovis passe à la phase des demandeurs (competentes) et reçoit alors le baptême avec 3 000 guerriers — les baptêmes collectifs étant alors une pratique courante — des mains de saint Remi, l'évêque de Reims, le 25 décembre. Ce chiffre est cependant sujet à caution et l'onction post-baptismale est certainement exclue : il aurait été difficile pour l'évêque de répandre du chrême, un mélange d'huile d'olive et de résine aromatique, sur le front de 3 000 personnes.

Le baptême de Clovis, scène dans la Sainte Chapelle de Paris (bien que l'évènement eut lieu dans la Cathédrale Notre-Dame de Reims) National Gallery of Art, Washington Domaine public 

Le baptême de Clovis accroît sans doute sa légitimité au sein de la population gallo-romaine, mais représente un pari dangereux : les Francs, comme les Germains, considèrent qu'un chef vaut par la protection que lui inspirent les dieux ; la conversion va à l'encontre de cela ; les Germains christianisés (Goths…) sont souvent ariens, car le roi y reste chef de l'Église. Selon l'historien Léon Fleuriot62, Clovis fit un pacte avec les Bretons et Armoricains de l'ouest qu'il ne pouvait battre, tandis que menaçaient les Wisigoths. Le baptême était une condition de ce traité car les Bretons étaient déjà christianisés. Ce traité fut conclu par l'entremise de saint Melaine de Rennes et Saint Paterne de Vannes. Les Bretons reconnurent l'autorité de Clovis mais ne payaient pas de tribut.

Plaque de reliure en ivoire, Reims, dernier quart du IXème siècle. Musée de Picardie à Amiens. Le baptême de Clovis par saint Remy avec le miracle de la Sainte Ampoule. Source File:Saint Remigius binding Medieval Picardie Museum.jpg Attribution: Pethrus Domaine public

Ainsi, le baptême de Clovis marque le début du lien entre le clergé et la monarchie franque. Pour les monarchistes français, cette continuité se fait française et dure jusqu'au début du XIXe siècle. Dorénavant, le souverain doit régner au nom de Dieu. Ce baptême permet également à Clovis d'asseoir durablement son autorité sur les populations, essentiellement gallo-romaines et chrétiennes, qu'il domine : avec ce baptême, il peut compter sur l'appui du clergé, et vice-versa.

Gélase Ier
Gélase Ier, né en Afrique du Nord et mort à Rome le 21 novembre 496, est le 49e pape de l'Église catholique.
Son pontificat dure à peine quatre ans, de 492 à l'année de sa mort, mais sa contribution aux rapports entre Église et État et au concept même de papauté est décisive. D'origine berbère, il est considéré comme saint par l'Église catholique qui le fête le 21 novembre.


Gélase Ier Le 49e pape Gélase Ier Pape de l’Église catholique public domain

Gélase meurt le 21 novembre 496. Même si les positions fermes qu'il soutient dans la défense de la primauté du siège romain avaient déjà trouvé précédemment des défenseurs comme Ambroise de Milan ou Léon le Grand, c'est Gélase que le Moyen Âge retiendra et dans ses textes que Grégoire VII puisera les arguments en faveur d'une théocratie pontificale qu'il appelle de ses vœux. Considéré comme saint par l'Église catholique romaine, qui le fête le jour anniversaire de sa mort, c'est un des trois papes africains du catholicisme, ce qui signifie dans le vocabulaire de l'époque qu'il était originaire du Nord de l'Afrique.

Symmaque (pape)
Saint Symmaque, né en Sardaigne vers 450, pape du 22 novembre 498 au 19 juillet 514. Durant son pontificat, il s'oppose à l'antipape Laurent élu au même moment que lui par une partie dissidente du clergé qui souhaitait un rapprochement avec l'Église de Constantinople.


Symmaque Le 51e pape Symmaque Pape de l’Église catholique Parrocchia di Santa Agnese fuori le Mura Domaine public

Le roi Théodoric, roi des Ostrogoths et du royaume ostrogoth d'Italie, tranche d'abord en faveur de Symmaque, puis indisposé par un synode affirmant la primauté papale, prend le parti de Laurent. Ce dernier arrive à se maintenir à Rome de 501 à 506. Théodoric se rapproche de nouveau de Symmaque après sa brouille avec Byzance en 506. Symmaque fixe la date de Pâques au 25 mars, ce qui lui vaut à nouveau de nouvelles dissensions.
Il s’attelle aussi à construire des habitations pour les pauvres, restaure les églises de Rome dont Saint-Paul-hors-les-Murs et fait construire la première résidence pontificale sur la colline vaticane. Autre fait notable de son pontificat, l'excommunication de l'empereur d'Orient Anastase Ier suspecté de monothélisme. Symmaque meurt après 15 ans et 8 mois de pontificat, sa dépouille est inhumée dans l'ancienne Basilique Saint-Pierre.

Théodoric le Grand (voir les années 470)

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mardi 2 juillet 2013

Les années 460 (de 460 à 469) Histoire

Événements

461 : assassinat de Majorien par Ricimer. Le général Ægidius refuse de reconnaître le nouvel empereur, fait sécession et se constitue un petit état en Gaule du nord autour de Soissons entre Somme et Loire (462-464).

463 : Ægidius vainc les Wisigoths à Orléans.

466-467 : Euric devient roi des Wisigoths après avoir assassiné son frère Théodoric II.

467 : Anthémius devient empereur d'Occident.

468 : échec de l'expédition des Romains contre les Vandales en Afrique.

Les Scots d'Irlande, devenus chrétiens avant 461, cessent leurs raids de pillage, mais continuent à coloniser le Nord de l'île de Bretagne (Scotland) ; le Dal Riada se forme sur les deux îles1.
La tradition la plus répandue par les chroniques d'Irlande veut qu'il ait été fondé vers la fin du Ve siècle par le roi quasi légendaire Fergus le Grand (gaélique : Fergus Mòr Mac Earca), réputé être l'ancêtre des rois d'Écosse postérieurs.
La seconde tradition, dont se fait l'écho Bède le Vénérable, évoque un roi « Reuda » identifié avec le Caibre Riata vers 220 ap. J.-C., des généalogie mythiques irlandaises, un fils de l'Ard ri Erenn légendaire Conaire Cóem1, originaire d'Antrin dans l'actuelle Irlande du Nord qui, au IIIe siècle, donne son nom à ce royaume en y établissant une première colonie
« Par la suite, en plus des Bretons et des Pictes, la Bretagne accueillit un troisième peuple; les Scots. Ceux-ci, émigrant sous la conduite de leur chef Reuda, s'emparèrent, en négociant ou en usant de la force, des colonies, dont ils disposent toujours. On les appelle encore Dalreudins, du nom de leur chef, car, dans leur langue daal signifie « une patrie » »
— Bède Le Vénérable Histoire ecclésiastique du peuple anglais. Texte traduit et présenté par Philippe Delaveau, Gallimard 1995 (ISBN 2070730158), « Chapitre premier » p. 67.

Début de la rivalité entre les Bleus et les Verts sur l’hippodrome de Constantinople (460-610).

Les factions ou dèmes dans l'empire byzantin étaient essentiellement des organisateurs de courses de chars dans les hippodromes de l'Empire et notamment dans le plus grand de tous, l'Hippodrome de Constantinople. pendant la période proto-byzantine, elles avaient un rôle éminemment politique et sont à l'origine de plusieurs émeutes dont la sédition Nika.

Mosaïque de pavement à l'aurige à casaque bleue, représentant l'une des quatre factions du cirque. Œuvre romaine, première moitié du IIIe siècle ap. J.-C. Provenance : villa des Sévères à Baccano, à 16 milles de la Via Appia. National Museum of Rome – Palazzo Massimo alle Terme Attribution: Jastrow/Wikimédia Commons

Il y avait deux factions principales et deux mineures : les Bleus (veneta) associés aux Rouges et les Verts (prasina) associés aux Blancs. Ces factions étaient à l’origine des groupes de supporters (fautores) des différents équipages qui s’affrontaient dans les course de chars. D'une séparation territoriale au début, la différence entre les factions change assez vite pour devenir des oppositions politiques et religieuses. Avant Héraclius, les empereurs dédiaient leur couronnement à l'une des factions, provoquant le mécontentement de l'autre, qui pouvait pousser jusqu'à provoquer des émeutes.

Personnages significatifs

Ægidius (voir les années 450)

Anthémius
Anthémius Empereur romain d'Occident Pièce à l'effigie d'Anthémius.Source: Dutch Wikipedia, original upload 7 mei 2004 by CharlesS Attribution: Classical Numismatic Group, Inc. http://www.cngcoins.com 

Procopius Anthemius (v. 420 - 11 juillet 472) était un empereur romain d'Occident du 12 avril 467 au 11 juillet 472. C'est l'un des « empereurs d'ombre » du Ve siècle, il était certainement le dernier ayant les capacités nécessaires pour ce poste. Anthemius essaya de résoudre les deux défis militaires principaux, faisant face aux restes de l'Empire romain d'Occident : l'expansion des Wisigoths d'Euric, dont le domaine s'étend de part et d'autre des Pyrénées; et les Vandales de Genséric, qui contrôlent l'Afrique du Nord. Mais en 472, il fut capturé et exécuté par Ricimer

Childéric Ier
Childéric Ier, mort en 481, fut roi des Francs saliens à partir de 457 ou 458. Son nom, constitué des éléments franciques hild- « combat » et -rīk « puissant », est attesté sous la forme latinisée Childericus. Il est le père de Clovis Ier.

Abeilles en or du roi Childéric Ier : La tête et le thorax sont en or, les ailes sont incrustées de grenats. Au revers, une attache.Bibliothèque nationale de France Attribution: Romain0 This work is in the public domain 

Childéric Ier est le premier roi de la dynastie des Mérovingiens dont l'existence et la filiation sont attestées. Les sources littéraires et les recherches archéologiques le définissent à la fois comme un « rex », roi des Francs, et un gouverneur romain de la province de Belgique seconde. Il est l'exemple type d'une élite franque ayant opéré la fusion entre les cultures germano-romaines et païennes des tribus danubiennes. Païen, Childéric avait cependant l'avantage d'être le seul des rois barbares à ne pas être arien, ce qui lui procura l'attention des élites locales et de l'épiscopat.

Euric
Euric (v. 420-484), roi des Wisigoths de 466 à sa mort en 484.

Statue à Madrid (J. Porcel, 1750-53).Statue of Euric († 484) at the Plaza de Oriente (square) in Madrid (Spain). Sculpted in white stone by Juan Porcel (born c.1700) between 1750 and 1753. Attribution: Luis García (Zaqarbal)/Wikimédia Commons

Fils du roi Théodoric et d'Amalaberge d'Ostrogothie, il devient roi après avoir assassiné son frère Théodoric II, au pouvoir depuis 453. Il fait de Toulouse l'une de ses résidences principales et étend sa domination jusqu'à la Loire, après la Bataille de Déols gagnée sur les Bretons (469) : le royaume wisigothique atteint sous son règne son apogée en Gaule au détriment de la domination romaine résiduelle. Il étend également sa domination sur une grande partie de la péninsule ibérique, s'opposant et soumettant les Suèves et s'emparant quasiment de toute l'Espagne en 476 après la déposition du dernier empereur romain d'Occident, Romulus Augustule.

Hilaire (pape)
Saint Hilaire, né en Sardaigne est pape du 19 novembre 461 au 29 février 468. Son pontificat dure au total six ans, trois mois et dix jours. Le prénom Hilaire est fêté le 13 janvier.

Saint Hilaire Le 46e pape Hilaire Pape de l’Église catholique  Hartmann Schedel (1440-1514) This work is in the public domain 

Lors de son pontificat, il défend (et construit) l'orthodoxie chrétienne en confirmant les conciles de Nicée, d'Ephèse et de Chalcédoine. Il poursuit ainsi la condamnation des hérésies telles que le monophysisme (en réaffirmant la double nature humaine et divine du Christ), et l'arianisme.
Il construit plusieurs églises et chapelles dans Rome, soutient l'évêque d'Arles Léonce en Gaule.

Léon Ier (empereur byzantin) (voir les années 450)

Licinia Eudoxia (voir les années 430)

Majorien (voir les années 450)


Paul, dit le comte Paul (Paulus comes) était un officier militaire de la Gaule du Ve siècle.

Ricimer (voir les années 450)

Riothamus
Riothamus (parfois Riothame, Riothime, Riotime) est un personnage du Ve siècle. En tant que « roi des Bretons » (dont on ne sait vraiment s'il s'agit des Bretons d'Armorique ou de Grande-Bretagne romaine, ou d'un royaume situé sur les deux), il fut appelé en 468-469 par l'empereur Anthémius à former une coalition avec les forces romaines de Gaule du Nord sous les ordres du comte Paul contre les Wisigoths d'Aquitaine qui avaient rompu le foedus.

Simplice
Saint Simplice (en latin : Simplicius), fut pape du 3 mars 468 au 10 mars 483.
Simplice fut élu pape à une période d'incessantes invasions barbares qui n'épargnèrent que le Vatican.
Il passa la plus grande partie de ses 15 années de pontificat à combattre le monophysisme. Avec l'aide de l'empereur Zénon, il fit reconnaitre l'autorité du concile de Chalcédoine et rétablir sur le siège d'Alexandrie et sur celui d'Antioche les évêques catholiques qui en avaient été chassés par les eutychiens en 451.


Simplice Gravure du 47e pape Simplice Pape de l’Église catholique Original uploader was Deep also it at it.wikipedia This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Simplicius réorganisa le patrimoine de l'Église, réglant notamment la distribution des offrandes aux pauvres. Il envoya un peu partout des prêtres pour combattre l'hérésie arienne.
À sa mort, Simplice sera inhumé dans l'ancienne basilique Saint-Pierre.

Syagrius
Syagrius (v. 430- v. 486/487) est un général romain qui a régné en Gaule du Nord. Il fut défait par Clovis qui annexa son Royaume et le mit à mort.
Syagrius est le dernier représentant attesté du pouvoir gallo-romain en Gaule du Nord, alors harcelée par les peuples germaniques dans le cadre des Grandes invasions après 406. Le territoire va former la Neustrie, après le partage entre les fils de Clovis du royaume franc en 511.

Théodoric II
Théodoric II est roi des Wisigoths, fils du roi Théodoric Ier et frère et successeur du roi Thorismond, après l'avoir fait assassiner, en 453.
Il fait de Toulouse (prise par son père en 418) sa capitale, puis porte les frontières du royaume wisigothique presque jusqu'à la Loire (il avait vaincu le roi des Suèves, Rechiaire) et commence la conquête de l'Espagne, terminée par son frère et successeur Euric. Il meurt égorgé par ce dernier, en 466, qui lui reprochait d'être trop romanisé.
Il a aussi élevé Avitus sur le trône d'Occident et obtenu la Narbonnaise de Ricimer après avoir combattu Majorien.

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vendredi 28 juin 2013

Les années 430 (de 430 à 439) Histoire

Événements

430-440 : les Francs saliens avancent jusqu'à Tournai et Cambrai.
Les Saliens sont les membres d'un des peuples germaniques qui constituent la ligue des Francs. Ce peuple vivait à l'origine sur la rive droite du Rhin, comme tous les autres peuples francs, à proximité de son embouchure quant à eux. Ils étaient voisins des Chamaves et des Bataves, autres peuples francs, mais aussi de deux autres peuples non francs, les Frisons et les Chauques.
   
431 : les Vandales prennent Hippone. Les Vandales sont un peuple germanique oriental.
Ils conquirent successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (en Espagne), l'Afrique du Nord et les îles de la Méditerranée occidentale lors des Grandes invasions, au Ve siècle.
Ils fondèrent également le « royaume vandale d'Afrique » (439–534).   

432 : le roi des Huns Rugas (voir le années 420) unifie l'Empire hunnique. Il reçoit un tribut annuel considérable de la part de l'empire d'Orient.
   
434 : à la mort de Rugas l'empire des Huns est partagé entre ses deux neveux, les frères Attila et Bleda.

Attila Gyula Bela Source Illustration for "Il costume antico e moderno o storia del governo, della milizia, della religione, delle arti, scienze ed usanze di tutti i popoli antichi e moderni" by Giulio Ferrario, Vol. VII pt. 2, Europa, Firenze, Vincenzo Batelli, 1831 Auteur Luigi Giarrè (died in 18?) and Vincenzo Stanghi (died on 1860) Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Bleda, né v. 390 et mort poignardé par des partisans de son frère Attila fin 444 ou début 445, est le fils aîné du prince Moundzouk. Désigné pour être roi des Huns après la mort de son oncle Rugila, qu'il fit certainement empoisonner, il régna par la suite avec son frère de 434 à 445, car il pensait qu'il n'avait pas la mentalité pour gouverner un royaume, et encore moins le gigantesque empire hunnique. Dans la mythologie hongroise le frère d'Attila s’appelait Buda.
Dès qu'il monta sur le trône, il cassa l'accord des 20 000 cavaliers « prêtés » à Valentinien III et réunit une armée. Avec celle-ci, il combattit Théodose II au début de son règne, et fit augmenter le tribut que lui devait Byzance.
Il essaya de faire assassiner son frère cadet.
   
435 : traité de paix du comte Trigetius avec les Vandales. Fondation du royaume des Vandales en Afrique du Nord.
   
435-437 : révolte des Bagaudes en Gaule.
Les bagaudes (bagaudae en latin) étaient, sous l'empire romain du IIIe et IVe siècle, le nom donné aux bandes armées de brigands, de soldats déserteurs, d'esclaves et de paysans sans terre qui rançonnaient le nord-ouest de la Gaule. Le poids de la fiscalité romaine conjugué à la misère causée par le refroidissement du climat et les pillages des barbares venus du nord semble être, pour la plupart de ces hommes, le motif de vouloir vivre de rapines. Ce nom bagaude dérive du mot celtique qui a donné le breton bagad, qui signifie troupe, groupe, troupeau. Certaines bagaudes se doteront d'une organisation politico-militaire. Dans leur plus grande extension, elles couvriront les deux cinquièmes du territoire de la Gaule (Nord-ouest principalement).
   
436 : les Huns détruisent le royaume burgonde de Worms.
   
439 : les Vandales prennent Carthage. Fondation du Royaume vandale.
Le royaume vandale est un royaume ayant existé en Afrique du Nord de 429 à 534. Il disparaît après la reconquête byzantine de la région, et plus précisément lors de l'abdication du dernier roi vandale d'Afrique du Nord, Gélimer, en mars 534.
Il est créé dans le contexte de la sédentarisation, dans la région la plus éloignée atteinte par les colonnes de peuples des Grandes invasions, entreprise par les Vandales et les Alains qui leur sont soumis, l'aristocratie dominante devenant peu à peu celle des Vandales. De 429 à 439, les Vandales conquièrent une partie des territoires situés sur la côte nord-africaine et s'établissent durablement dans l'actuelle Algérie orientale, avec comme capitale l'actuelle Béjaïa, puis définitivement à Carthage dans l'actuelle Tunisie.

Rome paye tribut aux Huns et leur abandonnent la Pannonie.
La Pannonie (en latin Pannonia) est une ancienne région de l'Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l'emplacement de l'actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie, de la Serbie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Slovénie, de l'Autriche et de la Slovaquie.
   
Les Wisigoths s’emparent de Toulouse
   
Code de Théodose.
Le Code de Théodose ou Code théodosien (Codex Theodosianus en latin) est un recueil de décisions impériales romain promulgué par Théodose II. Le sénat de Rome prit officiellement connaissance de l’ouvrage le 25 décembre 438 et il entra en vigueur le 1er janvier 439.
Premier recueil officiel de ce genre, réalisé sur ordre de l'empereur d'Orient Théodose II qui prescrivit de rassembler dans un ouvrage les constitutions générales émises depuis le règne de Constantin Ier. Le Code fut promulgué à Constantinople le 15 février 438, ainsi qu’en témoigne la novelle De Theodosiani Codicis auctoritate adressée au préfet du prétoire d’Orient Florentius. Le chapitre 3 de cette novelle indique qu’à partir des calendes de janvier personne ne pourrait invoquer des textes ne figurant pas dans le Code ; le chapitre 6 dispose que les lois non référencées dans le Code à la date de sa publication seront rejetées comme fausses, à l'exception des dispositions relatives aux affaires militaires, fiscales et administratives.

Personnages significatifs

Aetius (voir les années 420 histoire)
   
Attila
Attila, roi des Huns, illustration pour les Chroniques de Nuremberg, Hartmann Schedel (1440-1514) This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Attila, né aux alentours de 395 dans les plaines danubiennes et mort en 453 dans la région de la Tisza dans l'Est de la Hongrie actuelle, est le roi des Huns de 434 jusqu'à sa mort en 453, selon l'historiographie romaine. Durant les cinquante années précédant son avènement, l'Empire hunnique s'étend de l'Asie centrale à l'Europe centrale et soumet de nombreux peuples germains. Son règne marque le début d'une grande confrontation avec l'Empire romain. Cette guerre tourne court avec la mort précoce d'Attila au retour d'une campagne victorieuse dans la péninsule italienne. Son empire n'a pas survécu à sa mort, mais il est parfois considéré comme l'évènement déclencheur des « invasions barbares » et indirectement de la chute de Rome et de la fin de l'Empire d'Occident.

Alpin évêque de Chalons arrête Attila avant qu'il ne dévaste la ville. Vitrail de l'église saint-Alpin de Châlons.Attribution: G.Garitan Wikimédia Commons

La culture des Huns et la personnalité d'Attila ont fasciné ses contemporains. L'historiographie chrétienne a créé une légende noire autour du personnage mais d'autres traditions scandinaves et germaniques l'ont érigé en figure positive. Les Hongrois le célèbrent comme un héros fondateur. Ces mythes divergents se retrouvent dans les nombreuses représentations artistiques d'Attila, de l'Antiquité à nos jours.


Fine work of art representing Attila at Badisches Landes museum, Karlsruhe.1856 Source     http://www.dinosoria.com/tragedie/attila_01.jpg Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.    

Boniface (comte)
Boniface, né en Thrace, mort trois mois après sa victoire à Rimini (Italie) en 432, est un général de l'empire romain d'Occident de la première moitié du cinquième siècle, sous les règnes d'Honorius, puis de Valentinien III.

En 413, il s'illustre dans la défense de Marseille face aux assauts du roi wisigoth Athaulf.
Tribun militaire en Afrique et chrétien, il se laisse dissuader par Augustin de se faire moine. On a besoin de lui pour la protection de l'Afrique.
Après la mort de Constance III en 421, il est nommé comte d'Afrique, Il devient de ce fait responsable militaire de la quasi–totalité des provinces d'Afrique, la partie alors la plus riche et la plus fidèle de l'empire d'Occident.
Après la mort d'Honorius en 423, il soutient les intérêts de la dynastie légitime lors de l'usurpation de Jean (423-425). Il bloque l'approvisionnement de Rome en blé africain et contribue ainsi à l'avènement de Valentinien III.
Sous Valentinien III
Après avoir épousé Pélagie, une arienne, il est appelé par Galla Placidia à Ravenne en 427 sur le conseil du maître de la milice Félix, peut-être par l'effet des intrigues d'Aetius. Il refuse d'obéir et la cour de Ravenne le déclare rebelle et envoie des troupes contre lui, qu'il tient en échec. Il se serait vengé en appelant en Afrique Genséric et les Vandales (429). Il veut ensuite s'opposer à leur établissement mais sans succès. Rappelé à la cour, il est envoyé par l'impératrice contre l'ambitieux Aetius : il le bat mais est mortellement blessé, en 432, près de Rimini, dans un combat acharné, et meurt trois mois après.
   
Clodion le Chevelu
Clodion dit le Chevelu (vers 390 - vers 450) était le chef des Francs saliens et le plus ancien roi de la dynastie des Mérovingiens dont l’existence soit certaine.


Clodion« Clodion roy de France » par Jean Dassier (1676-1763) médailleur. Buste du roi à gauche coiffé d'un chapeau garni d'une couronne barbare. Bibliothèque nationale de France. NB : Cette représentation fantaisiste ne correspond à aucune réalité historique.Attribution: User Rinaldum on fr.wikipedia

Légende autour de Clodion : La naissance de Mérovée
Après vingt ans de règne, Clodion meurt vers l'an 450. On ne sait ni le nom de sa reine, ni le nombre de ses enfants. Il serait le père de Mérovée.
Il existe une légende sur Clodion ou plus exactement sur Mérovée. Grégoire de Tours n'a pas voulu la reprendre car elle était trop païenne. Mais la chronique de Frédégaire, au VIIe siècle, moins regardante, nous la donne.

Estampes par Nicolas de Larmessin.f011.Clodion le Chevelu, roi des Francs Nicolas de Larmessin (1632–1694) 1690 Source:Bibliothèque nationale de France Domaine public

La voici résumée par Godefroid Kurth : « Un jour que la reine, femme de Clodion, se baignait dans la mer, un dieu s'unit à elle, et de cette union naquit Mérovée, le héros éponyme de la dynastie franque. » Le dieu en question est une Bistea Neptuni, un Quinotaure, un dieu fluvial cornu. Cette fable semble très ancienne, elle nous dit ce que Grégoire de Tours ne nous dit pas : Mérovée avait pour mère la femme de Clodion.
   
Galla Placidia (voir les années 410 histoire)
   
Hilaire d'Arles
Figure énergique et originale, Hilaire d’Arles (Hilarius Arelatensis, 401 - 5 mai 449) fut de ces moines-évêques qui, à la suite de saint Martin, contribuèrent activement à l'enracinement du christianisme en Gaule. Il fut archevêque d’Arles de 430 à sa mort et saint de l'Église catholique romaine ; il est fêté localement le 5 mai.


Hilaire d'Arles. Manuscrit illuminé du XIVe siècle circa 1340 Source: www.pga.art.edu  This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Consumé par son zèle et ses austérités, Hilaire tombe malade à l'âge de 48 ans et, après avoir désigné son successeur, il remet son âme à Dieu, le 5 mai 449. On rapporte que, pendant ses funérailles, « on entendit chanter les Psaumes seulement en hébreu par les Juifs d'Arles, qui voulaient eux aussi honorer le Saint, car la voix des Chrétiens était étouffée par la douleur ».
Le corps d'Hilaire est enterré dans l’église de Saint-Genès, celle où fut inhumé Honorat, et son sarcophage est conservé
D’après une lettre de Léon du 26 (ou du 22) août 449, Ravennius fut son successeur.
   
Licinia Eudoxia
Licinia Eudoxia (422-462) est la fille de Théodose II et d'Aelia Eudocia.
En octobre 437 à Constantinople, elle épousa son cousin Valentinien III, empereur d'Occident, et le suivit à Ravenne en 438. Elle lui donna deux filles, Eudoxie et Placidie.

Solidus frappé à Thessalonique pour le mariage de Valentinien III avec Licinia Eudoxia, fille de Théodose II. Sur le revers, Théodose réunit les deux époux dans leurs habits de mariage.Attribution: Classical Numismatic Group, Inc. http://www.cngcoins.com

Après l'assassinat de son époux, elle fut forcée d'épouser son successeur Pétrone Maxime, qui en était le probable meurtrier. Il aurait voulu lui-même, selon la chronique plus tardive de Jean d'Antioche, se venger du viol de sa précédente épouse par Valentinien.
Pour se venger à son tour, Eudoxie appela en Italie Genséric, roi des Vandales, qui saccagea Rome (455), et qui l'emmena en captivité en Afrique romaine. Elle ne recouvra sa liberté que sept ans après et finit ses jours à Constantinople. Sa fille Eudoxie épousa le fils de Genséric, Hunéric.
   
Pétrone Maxime
Petronius Anicius Maximus dit Petrone Maxime est né vers 396 et est mort à Rome le 31 mai 455. C'est un empereur romain d'occident du Ve siècle. Il reste en place de mars à mai 455.
Sénateur, il complote contre l'empereur Valentinien III qui a violé sa femme. Il le fait assassiner par Optila et Thraustila qui sont des gardes du corps du général Aetius assassiné à Ravenne le 24 septembre 454. Petrone se fait proclamer empereur par ses partisans et il s'empare du Trésor.
Il épouse la femme de Valentinien, Eudoxie, et la princesse Galla épouse Palladius, fils de Petrone. Hypocritique, cruel, il est toutefois intelligent. Il veut restaurer Rome et emploie l'armée. En Gaule, pour apaiser la situation avec les Wisigoths, il décide de nommer un Gaulois à la tête de l'armée, Eparchus Avitus.

Pétrone Maxime Empereur romain d'Occident Pièce à l'effigie de Pétrone Maxime. Attribution: Classical Numismatic Group, Inc. http://www.cngcoins.com

Pour l'historien, il laisse une bonne impression générale. En effet, avec Petrone, Avitus et Majorien, c'est une suite de trois empereurs entreprenants et courageux mais victime de la jalousie des uns ou de la sécession d'une armée affaiblie, corrompue et prête à suivre le plus offrant.
Pétrone Maxime est massacré par la foule, le 31 mai 455, lorsqu'il tente de s'échapper de Rome envahie par les Vandales de Genséric. Cette seconde invasion de Rome est la conséquence d'une machination de l'impératrice Eudoxie qui sera très vite prise au dépourvue par les événements, trahie par Genséric. L'empire d'Occident se retrouve sans Auguste.

  
Philippe de Sidè
Philippe de Sidè est un homme d'Église et un historien grec de la première moitié du Ve siècle.
D'après Socrate le Scolastique, il a entrepris une réfutation des traités de l'empereur Julien contre les chrétiens (un ouvrage dont on ne connaît rien) et surtout une vaste Histoire chrétienne en 36 livres qui allait de la création du monde jusqu'à son époque.
Socrate lui reproche des digressions fastidieuses « pour montrer qu'il était versé en toutes sortes de disciplines philosophiques », son style ornementé et ses confusions historiques. Photius, qui ne connaissait plus que 24 livres sur 36, est encore plus dur : « Il est verbeux et il manque de distinction et de grâce, il est même ennuyeux […] Il est plus pédant qu'instructif. Il insère à qui mieux dans son récit des détails qui n'ont aucun rapport avec lui, si bien que son ouvrage est moins un récit qu'un amalgame de données hétéroclites[…], sa profusion est un défi au bon goût ». Il y a même trouvé la place pour régler ses comptes avec son rival Sisinnius. Socrate trouve que ce qu'il en dit n'est pas répétable.
Ces jugements qui paraissent avoir été partagés, joints aux proportions hors normes de l'ouvrage, expliquent peut-être sa disparition quasi-complète.

   
Sixte III
Sixte III est le 44e pape (432–440).
Il est un membre influent de l'entourage des papes Zosime puis Boniface Ier et Célestin Ier et, après avoir semblé pencher pour le pélagianisme dans sa jeunesse, il s'est rallié à une stricte orthodoxie suite à un échange de lettres avec Augustin d'Hippone. Son élection le 31 juillet 432 n'est donc pas une véritable surprise.

Sixte III 440° pape Pape de l’Église catholique Attribution: Infofiltrage

Son action s'illustre surtout dans la politique de construction d'édifices religieux avec la construction de la basilique Sainte-Marie-Majeure sur l'emplacement de la basilique construite par le pape Libère (352–366), une seconde basilique, celle de Saint-Laurent-la-Grande, à côté de celle construite par l'empereur Constantin Ier pour le même saint, et enfin le baptistère du Latran.
Dans ses rapports avec les Églises d’Orient il cherche l'apaisement surtout après la crise du nestorianisme mais défend avec vigueur ses prérogatives sur l'Illyrie face aux revendications du patriarche de Constantinople.
Il meurt le 19 août 440. Léon Ier lui succède. Sa fête pour l'Église catholique romaine est le 19 août.   

Saint Patrick (voir liste des saints)
   
Théodose II (voir les années 400 histoire)
   
Valentinien III (voir les années 420 histoire)

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