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vendredi 28 juin 2013

Les années 430 (de 430 à 439) Histoire

Événements

430-440 : les Francs saliens avancent jusqu'à Tournai et Cambrai.
Les Saliens sont les membres d'un des peuples germaniques qui constituent la ligue des Francs. Ce peuple vivait à l'origine sur la rive droite du Rhin, comme tous les autres peuples francs, à proximité de son embouchure quant à eux. Ils étaient voisins des Chamaves et des Bataves, autres peuples francs, mais aussi de deux autres peuples non francs, les Frisons et les Chauques.
   
431 : les Vandales prennent Hippone. Les Vandales sont un peuple germanique oriental.
Ils conquirent successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (en Espagne), l'Afrique du Nord et les îles de la Méditerranée occidentale lors des Grandes invasions, au Ve siècle.
Ils fondèrent également le « royaume vandale d'Afrique » (439–534).   

432 : le roi des Huns Rugas (voir le années 420) unifie l'Empire hunnique. Il reçoit un tribut annuel considérable de la part de l'empire d'Orient.
   
434 : à la mort de Rugas l'empire des Huns est partagé entre ses deux neveux, les frères Attila et Bleda.

Attila Gyula Bela Source Illustration for "Il costume antico e moderno o storia del governo, della milizia, della religione, delle arti, scienze ed usanze di tutti i popoli antichi e moderni" by Giulio Ferrario, Vol. VII pt. 2, Europa, Firenze, Vincenzo Batelli, 1831 Auteur Luigi Giarrè (died in 18?) and Vincenzo Stanghi (died on 1860) Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Bleda, né v. 390 et mort poignardé par des partisans de son frère Attila fin 444 ou début 445, est le fils aîné du prince Moundzouk. Désigné pour être roi des Huns après la mort de son oncle Rugila, qu'il fit certainement empoisonner, il régna par la suite avec son frère de 434 à 445, car il pensait qu'il n'avait pas la mentalité pour gouverner un royaume, et encore moins le gigantesque empire hunnique. Dans la mythologie hongroise le frère d'Attila s’appelait Buda.
Dès qu'il monta sur le trône, il cassa l'accord des 20 000 cavaliers « prêtés » à Valentinien III et réunit une armée. Avec celle-ci, il combattit Théodose II au début de son règne, et fit augmenter le tribut que lui devait Byzance.
Il essaya de faire assassiner son frère cadet.
   
435 : traité de paix du comte Trigetius avec les Vandales. Fondation du royaume des Vandales en Afrique du Nord.
   
435-437 : révolte des Bagaudes en Gaule.
Les bagaudes (bagaudae en latin) étaient, sous l'empire romain du IIIe et IVe siècle, le nom donné aux bandes armées de brigands, de soldats déserteurs, d'esclaves et de paysans sans terre qui rançonnaient le nord-ouest de la Gaule. Le poids de la fiscalité romaine conjugué à la misère causée par le refroidissement du climat et les pillages des barbares venus du nord semble être, pour la plupart de ces hommes, le motif de vouloir vivre de rapines. Ce nom bagaude dérive du mot celtique qui a donné le breton bagad, qui signifie troupe, groupe, troupeau. Certaines bagaudes se doteront d'une organisation politico-militaire. Dans leur plus grande extension, elles couvriront les deux cinquièmes du territoire de la Gaule (Nord-ouest principalement).
   
436 : les Huns détruisent le royaume burgonde de Worms.
   
439 : les Vandales prennent Carthage. Fondation du Royaume vandale.
Le royaume vandale est un royaume ayant existé en Afrique du Nord de 429 à 534. Il disparaît après la reconquête byzantine de la région, et plus précisément lors de l'abdication du dernier roi vandale d'Afrique du Nord, Gélimer, en mars 534.
Il est créé dans le contexte de la sédentarisation, dans la région la plus éloignée atteinte par les colonnes de peuples des Grandes invasions, entreprise par les Vandales et les Alains qui leur sont soumis, l'aristocratie dominante devenant peu à peu celle des Vandales. De 429 à 439, les Vandales conquièrent une partie des territoires situés sur la côte nord-africaine et s'établissent durablement dans l'actuelle Algérie orientale, avec comme capitale l'actuelle Béjaïa, puis définitivement à Carthage dans l'actuelle Tunisie.

Rome paye tribut aux Huns et leur abandonnent la Pannonie.
La Pannonie (en latin Pannonia) est une ancienne région de l'Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l'emplacement de l'actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie, de la Serbie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Slovénie, de l'Autriche et de la Slovaquie.
   
Les Wisigoths s’emparent de Toulouse
   
Code de Théodose.
Le Code de Théodose ou Code théodosien (Codex Theodosianus en latin) est un recueil de décisions impériales romain promulgué par Théodose II. Le sénat de Rome prit officiellement connaissance de l’ouvrage le 25 décembre 438 et il entra en vigueur le 1er janvier 439.
Premier recueil officiel de ce genre, réalisé sur ordre de l'empereur d'Orient Théodose II qui prescrivit de rassembler dans un ouvrage les constitutions générales émises depuis le règne de Constantin Ier. Le Code fut promulgué à Constantinople le 15 février 438, ainsi qu’en témoigne la novelle De Theodosiani Codicis auctoritate adressée au préfet du prétoire d’Orient Florentius. Le chapitre 3 de cette novelle indique qu’à partir des calendes de janvier personne ne pourrait invoquer des textes ne figurant pas dans le Code ; le chapitre 6 dispose que les lois non référencées dans le Code à la date de sa publication seront rejetées comme fausses, à l'exception des dispositions relatives aux affaires militaires, fiscales et administratives.

Personnages significatifs

Aetius (voir les années 420 histoire)
   
Attila
Attila, roi des Huns, illustration pour les Chroniques de Nuremberg, Hartmann Schedel (1440-1514) This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Attila, né aux alentours de 395 dans les plaines danubiennes et mort en 453 dans la région de la Tisza dans l'Est de la Hongrie actuelle, est le roi des Huns de 434 jusqu'à sa mort en 453, selon l'historiographie romaine. Durant les cinquante années précédant son avènement, l'Empire hunnique s'étend de l'Asie centrale à l'Europe centrale et soumet de nombreux peuples germains. Son règne marque le début d'une grande confrontation avec l'Empire romain. Cette guerre tourne court avec la mort précoce d'Attila au retour d'une campagne victorieuse dans la péninsule italienne. Son empire n'a pas survécu à sa mort, mais il est parfois considéré comme l'évènement déclencheur des « invasions barbares » et indirectement de la chute de Rome et de la fin de l'Empire d'Occident.

Alpin évêque de Chalons arrête Attila avant qu'il ne dévaste la ville. Vitrail de l'église saint-Alpin de Châlons.Attribution: G.Garitan Wikimédia Commons

La culture des Huns et la personnalité d'Attila ont fasciné ses contemporains. L'historiographie chrétienne a créé une légende noire autour du personnage mais d'autres traditions scandinaves et germaniques l'ont érigé en figure positive. Les Hongrois le célèbrent comme un héros fondateur. Ces mythes divergents se retrouvent dans les nombreuses représentations artistiques d'Attila, de l'Antiquité à nos jours.


Fine work of art representing Attila at Badisches Landes museum, Karlsruhe.1856 Source     http://www.dinosoria.com/tragedie/attila_01.jpg Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.    

Boniface (comte)
Boniface, né en Thrace, mort trois mois après sa victoire à Rimini (Italie) en 432, est un général de l'empire romain d'Occident de la première moitié du cinquième siècle, sous les règnes d'Honorius, puis de Valentinien III.

En 413, il s'illustre dans la défense de Marseille face aux assauts du roi wisigoth Athaulf.
Tribun militaire en Afrique et chrétien, il se laisse dissuader par Augustin de se faire moine. On a besoin de lui pour la protection de l'Afrique.
Après la mort de Constance III en 421, il est nommé comte d'Afrique, Il devient de ce fait responsable militaire de la quasi–totalité des provinces d'Afrique, la partie alors la plus riche et la plus fidèle de l'empire d'Occident.
Après la mort d'Honorius en 423, il soutient les intérêts de la dynastie légitime lors de l'usurpation de Jean (423-425). Il bloque l'approvisionnement de Rome en blé africain et contribue ainsi à l'avènement de Valentinien III.
Sous Valentinien III
Après avoir épousé Pélagie, une arienne, il est appelé par Galla Placidia à Ravenne en 427 sur le conseil du maître de la milice Félix, peut-être par l'effet des intrigues d'Aetius. Il refuse d'obéir et la cour de Ravenne le déclare rebelle et envoie des troupes contre lui, qu'il tient en échec. Il se serait vengé en appelant en Afrique Genséric et les Vandales (429). Il veut ensuite s'opposer à leur établissement mais sans succès. Rappelé à la cour, il est envoyé par l'impératrice contre l'ambitieux Aetius : il le bat mais est mortellement blessé, en 432, près de Rimini, dans un combat acharné, et meurt trois mois après.
   
Clodion le Chevelu
Clodion dit le Chevelu (vers 390 - vers 450) était le chef des Francs saliens et le plus ancien roi de la dynastie des Mérovingiens dont l’existence soit certaine.


Clodion« Clodion roy de France » par Jean Dassier (1676-1763) médailleur. Buste du roi à gauche coiffé d'un chapeau garni d'une couronne barbare. Bibliothèque nationale de France. NB : Cette représentation fantaisiste ne correspond à aucune réalité historique.Attribution: User Rinaldum on fr.wikipedia

Légende autour de Clodion : La naissance de Mérovée
Après vingt ans de règne, Clodion meurt vers l'an 450. On ne sait ni le nom de sa reine, ni le nombre de ses enfants. Il serait le père de Mérovée.
Il existe une légende sur Clodion ou plus exactement sur Mérovée. Grégoire de Tours n'a pas voulu la reprendre car elle était trop païenne. Mais la chronique de Frédégaire, au VIIe siècle, moins regardante, nous la donne.

Estampes par Nicolas de Larmessin.f011.Clodion le Chevelu, roi des Francs Nicolas de Larmessin (1632–1694) 1690 Source:Bibliothèque nationale de France Domaine public

La voici résumée par Godefroid Kurth : « Un jour que la reine, femme de Clodion, se baignait dans la mer, un dieu s'unit à elle, et de cette union naquit Mérovée, le héros éponyme de la dynastie franque. » Le dieu en question est une Bistea Neptuni, un Quinotaure, un dieu fluvial cornu. Cette fable semble très ancienne, elle nous dit ce que Grégoire de Tours ne nous dit pas : Mérovée avait pour mère la femme de Clodion.
   
Galla Placidia (voir les années 410 histoire)
   
Hilaire d'Arles
Figure énergique et originale, Hilaire d’Arles (Hilarius Arelatensis, 401 - 5 mai 449) fut de ces moines-évêques qui, à la suite de saint Martin, contribuèrent activement à l'enracinement du christianisme en Gaule. Il fut archevêque d’Arles de 430 à sa mort et saint de l'Église catholique romaine ; il est fêté localement le 5 mai.


Hilaire d'Arles. Manuscrit illuminé du XIVe siècle circa 1340 Source: www.pga.art.edu  This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Consumé par son zèle et ses austérités, Hilaire tombe malade à l'âge de 48 ans et, après avoir désigné son successeur, il remet son âme à Dieu, le 5 mai 449. On rapporte que, pendant ses funérailles, « on entendit chanter les Psaumes seulement en hébreu par les Juifs d'Arles, qui voulaient eux aussi honorer le Saint, car la voix des Chrétiens était étouffée par la douleur ».
Le corps d'Hilaire est enterré dans l’église de Saint-Genès, celle où fut inhumé Honorat, et son sarcophage est conservé
D’après une lettre de Léon du 26 (ou du 22) août 449, Ravennius fut son successeur.
   
Licinia Eudoxia
Licinia Eudoxia (422-462) est la fille de Théodose II et d'Aelia Eudocia.
En octobre 437 à Constantinople, elle épousa son cousin Valentinien III, empereur d'Occident, et le suivit à Ravenne en 438. Elle lui donna deux filles, Eudoxie et Placidie.

Solidus frappé à Thessalonique pour le mariage de Valentinien III avec Licinia Eudoxia, fille de Théodose II. Sur le revers, Théodose réunit les deux époux dans leurs habits de mariage.Attribution: Classical Numismatic Group, Inc. http://www.cngcoins.com

Après l'assassinat de son époux, elle fut forcée d'épouser son successeur Pétrone Maxime, qui en était le probable meurtrier. Il aurait voulu lui-même, selon la chronique plus tardive de Jean d'Antioche, se venger du viol de sa précédente épouse par Valentinien.
Pour se venger à son tour, Eudoxie appela en Italie Genséric, roi des Vandales, qui saccagea Rome (455), et qui l'emmena en captivité en Afrique romaine. Elle ne recouvra sa liberté que sept ans après et finit ses jours à Constantinople. Sa fille Eudoxie épousa le fils de Genséric, Hunéric.
   
Pétrone Maxime
Petronius Anicius Maximus dit Petrone Maxime est né vers 396 et est mort à Rome le 31 mai 455. C'est un empereur romain d'occident du Ve siècle. Il reste en place de mars à mai 455.
Sénateur, il complote contre l'empereur Valentinien III qui a violé sa femme. Il le fait assassiner par Optila et Thraustila qui sont des gardes du corps du général Aetius assassiné à Ravenne le 24 septembre 454. Petrone se fait proclamer empereur par ses partisans et il s'empare du Trésor.
Il épouse la femme de Valentinien, Eudoxie, et la princesse Galla épouse Palladius, fils de Petrone. Hypocritique, cruel, il est toutefois intelligent. Il veut restaurer Rome et emploie l'armée. En Gaule, pour apaiser la situation avec les Wisigoths, il décide de nommer un Gaulois à la tête de l'armée, Eparchus Avitus.

Pétrone Maxime Empereur romain d'Occident Pièce à l'effigie de Pétrone Maxime. Attribution: Classical Numismatic Group, Inc. http://www.cngcoins.com

Pour l'historien, il laisse une bonne impression générale. En effet, avec Petrone, Avitus et Majorien, c'est une suite de trois empereurs entreprenants et courageux mais victime de la jalousie des uns ou de la sécession d'une armée affaiblie, corrompue et prête à suivre le plus offrant.
Pétrone Maxime est massacré par la foule, le 31 mai 455, lorsqu'il tente de s'échapper de Rome envahie par les Vandales de Genséric. Cette seconde invasion de Rome est la conséquence d'une machination de l'impératrice Eudoxie qui sera très vite prise au dépourvue par les événements, trahie par Genséric. L'empire d'Occident se retrouve sans Auguste.

  
Philippe de Sidè
Philippe de Sidè est un homme d'Église et un historien grec de la première moitié du Ve siècle.
D'après Socrate le Scolastique, il a entrepris une réfutation des traités de l'empereur Julien contre les chrétiens (un ouvrage dont on ne connaît rien) et surtout une vaste Histoire chrétienne en 36 livres qui allait de la création du monde jusqu'à son époque.
Socrate lui reproche des digressions fastidieuses « pour montrer qu'il était versé en toutes sortes de disciplines philosophiques », son style ornementé et ses confusions historiques. Photius, qui ne connaissait plus que 24 livres sur 36, est encore plus dur : « Il est verbeux et il manque de distinction et de grâce, il est même ennuyeux […] Il est plus pédant qu'instructif. Il insère à qui mieux dans son récit des détails qui n'ont aucun rapport avec lui, si bien que son ouvrage est moins un récit qu'un amalgame de données hétéroclites[…], sa profusion est un défi au bon goût ». Il y a même trouvé la place pour régler ses comptes avec son rival Sisinnius. Socrate trouve que ce qu'il en dit n'est pas répétable.
Ces jugements qui paraissent avoir été partagés, joints aux proportions hors normes de l'ouvrage, expliquent peut-être sa disparition quasi-complète.

   
Sixte III
Sixte III est le 44e pape (432–440).
Il est un membre influent de l'entourage des papes Zosime puis Boniface Ier et Célestin Ier et, après avoir semblé pencher pour le pélagianisme dans sa jeunesse, il s'est rallié à une stricte orthodoxie suite à un échange de lettres avec Augustin d'Hippone. Son élection le 31 juillet 432 n'est donc pas une véritable surprise.

Sixte III 440° pape Pape de l’Église catholique Attribution: Infofiltrage

Son action s'illustre surtout dans la politique de construction d'édifices religieux avec la construction de la basilique Sainte-Marie-Majeure sur l'emplacement de la basilique construite par le pape Libère (352–366), une seconde basilique, celle de Saint-Laurent-la-Grande, à côté de celle construite par l'empereur Constantin Ier pour le même saint, et enfin le baptistère du Latran.
Dans ses rapports avec les Églises d’Orient il cherche l'apaisement surtout après la crise du nestorianisme mais défend avec vigueur ses prérogatives sur l'Illyrie face aux revendications du patriarche de Constantinople.
Il meurt le 19 août 440. Léon Ier lui succède. Sa fête pour l'Église catholique romaine est le 19 août.   

Saint Patrick (voir liste des saints)
   
Théodose II (voir les années 400 histoire)
   
Valentinien III (voir les années 420 histoire)

Wikipédia

dimanche 16 juin 2013

Les années 340 (de 340 à 349) Culture

Inventions, découvertes, introductions

Construction du palais royal d’Aksoum et la première cathédrale du royaume.
Le Royaume d'Aksoum ou Empire aksoumite était un royaume commercial important dans le nord-est de l'Afrique, qui s'est développé à partir du IVe siècle av. J.-C. pour atteindre son apogée au Ier siècle. Son ancienne capitale, Aksoum, se situait dans le nord de l'actuelle Éthiopie. Le royaume utilisa le nom "Éthiopie" dès le IVe siècle. Il est également le lieu présumé où repose l'Arche d'alliance et la maison de la reine de Saba. Aksoum a été également le premier grand empire à se convertir au christianisme.

Religion et philosophie

340-3442 : ambassade de Théophile l'Indien, envoyé par Constance II auprès du roi d'Himyar (Yémen), qui provoque la fondation de deux églises chrétiennes, à Aden et à Zafar.
Théophile l'Indien est un évêque et missionnaire chrétien du IVe siècle, appartenant à la tendance de l'arianisme, dont la carrière est retracée dans l'Histoire ecclésiastique de Philostorge (résumée par le patriarche Photius).

Après avoir consacré les deux églises chrétiennes, à Aden et à Zafar, Théophile poursuivit son périple vers son île natale de Dibos, puis vers « d'autres régions de l'Inde ». Il y trouva des communautés chrétiennes dont il dut corriger les rites, non conformes à ce qui se pratiquait dans l'Empire romain, mais dont, selon Philostorge, la doctrine était en parfait accord avec l'arianisme. Ensuite il se rendit à Aksoum, où on sait que vivait à l'époque le chrétien Frumence, qui n'était pas arien et fut ordonné prêtre par Athanase d'Alexandrie à une date incertaine (sans doute peu après le rétablissement de l'archevêque sur son siège en 346). Philostorge ne donne aucune précision sur l'action de Théophile dans le royaume d'Aksoum, et on ne sait s'il y eut alors un heurt quelconque entre les deux tendances du christianisme. De retour dans l'Empire romain, Théophile fut couvert d'honneurs par Constance II, mais en revanche ne se vit confier aucun siège épiscopal.

341 : début de la persécution des chrétiens en Perse qui culmine en 344-345.

Après 341 : les Wisigoths sont convertis à l'arianisme par Ulfila (Wulfila voir les années 330).

343-347 : De errore profanarum religionum (L'erreur des religions païennes) de Julius Firmicus Maternus, adressé aux empereurs Constance II et Constant pour leur rappeler leur devoir de détruire le paganisme.
Julius Firmicus Maternus est un écrivain latin du IVe siècle après J.-C. né et ayant vécu à Syracuse (Sicile).
Il a compilé vers 330 après J.-C. un ouvrage sur l'astrologie : le Mathesis (ou Matheseos), un volume divisé en 8 livres (8 parties). Imprimé en 1501 par Alde Manuce, cet ouvrage a été réédité récemment en trois volumes par les Belles Lettres.
Bien qu'étant assez confus - on peut même dire que les contradictions y pullulent - en raison de la multiplication des sources compilées (notamment Marcus Manilius, Claude Ptolémée, Dorothée de Sidon, d'anciens traités gréco-égyptiens faisant référence à Hermès Trismégiste ainsi que des sources chaldéennes), le Matheseos servit longtemps de base aux astrologues occidentaux.
Firmicus Maternus a, dans le livre VIII du Matheseos, donné une signification à chaque monomère (indiquant un sens pour chaque degré de l'écliptique).
Converti au christianisme, Julius Firmicus Maternus a rédigé vers 348 après J.-C. un Traité de la fausseté des religions profanes. Ce dernier ouvrage a également été réédité par Les Belles Lettres sous le titre L'erreur des religions païennes.
En 1935, l'union astronomique internationale a donné le nom de Firmicus à un cratère lunaire.

343-344 : concile de Sardique.
Le concile de Sardique est convoqué par les empereurs Constant et Constance, sur l’instance du pape Jules Ier. Le concile de Sardique a lieu à Sardica ou Serdica, actuelle Sofia, en Bulgarie.
Le motif de ce synode était l'examen du conflit entre les évêques occidentaux orientaux catholiques, d'une part, et des orientaux arianisants. Le concile est présidé par Ossius de Cordoue et réunit 170 évêques. Il répondit au concile de Philippopolis, conciliabule où les évêques favorables à l'arianisme avaient osé excommunier Ossius, le pape Jules Ier et Protogène de Sardique après avoir confirmé les mesures irrégulières prises au cours du conciliabule d'Antioche de 341 contre S. Athanase.
Le concile de Sardique affirme la primauté du Pontife romain, suprême recours et suprême juridiction de l’Église, et combat les Ariens.

Le christianisme pénètre dans l'actuelle Belgique avec Servais, évêque de Tongres, présent à Sardique.

Detail of the so-called pectoral cross of Saint Servatius in the church treasury of the Basilica of Saint Servatius, Maastricht, Netherlands. Gold on wood with cloisonné enamel plaques, a Roman gem (bottom) and precious stones around an ivory corpus (feet missing). Trier, ±1039, probably a gift from emperor Henry III. Attribution: Kleon3

Saint Servais ou Servatius (né en 300 – mort à Tongres en 384) fut évêque du diocèse de Tongres. Il est le premier évêque attesté de la Civitas Tungrorum, district romain qui allait de la Toxandrie jusqu’à l’Ardenne et qui deviendra plus tard le diocèse de Liège. À la cité romaine de Tongres, il préféra la ville mosane de Maastricht, établie à l’intersection des deux principaux axes de communication de la région, l’antique route Bavais-Cologne et la Meuse.

Colapse of Meuse bridge at Maastricht in 1275, as depicted in Hartmann Schedel's Weltchronik (1493) Hartmann Schedel (1440-1515) C. Cillekens/W. Dijkman, 20 eeuwen Maastricht. Nijmegen, 2006, p. 63 Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré. 

Saint Servais a été un évêque très populaire : dix-neuf églises et une ville portent aujourd'hui son nom. Il est le dernier des Saints de glace ; on le fête le 13 mai. Ses reliques furent transportées de Tongres à Maastricht, où se trouve encore son sarcophage dans une crypte visitée par les papes.

Portrait bust allegedly containing the skull of Saint Servatius, in the treasury of the Basilica of Saint Servatius, Maastricht, Netherlands. Gilded silver bust donated by Alessandro Farnese, Duke of Parma, as a replacement of an older bust that was destroyed by the Spanish troops in the sack of Maastricht, 1579Attribution: Kleon3.

Le trésor de saint Servais (reliquaire datant de 1359 que les Maastrichtois appellent la Noodkist, buste d’argent du XVIe siècle contenant son crâne) est dans un musée, où on peut remarquer une lourde châsse romane et des clefs de saint Pierre.


Scene from the life of Saint Servatius according to legend. Here: Servatius preaches to the people of Tongeren and although he speaks in Greek they understand him. Drawing with text in French in a manuscript of ±1460 of the so-called Blokboek van Sint Servaas (Brussels, Royal Library) J.D. Janssens, In de schaduw van de keizer (2007), p.86  Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

345/348 : le concile de Carthage se rallie à la position romaine vis-à-vis des hérétiques repentants et interdit aux clercs de faire des prêts avec intérêt.

Le chrétien syrien Frumence d'Aksoum (voir les années 330), ayant converti le roi Ezana d'Aksoum est sacré premier évêque d’Éthiopie par Athanase, évêque d’Alexandrie.
L’empereur romain Constance II, partisan de l’arianisme auquel s’oppose Athanase, adresse en 356 une lettre au roi Ezana et à son frère Sezana pour leur demander de renvoyer Frumentius qui n’a pas été sacré par le patriarche arien Georges d’Alexandrie. Le roi ne cède pas et Frumentius conserve son poste jusqu’à sa mort vers 360.
Frumence est fêté le 27 octobre par l'Église catholique romaine, le 30 novembre par l'Église orthodoxe et le 18 décembre par les Églises orthodoxes orientales.

Traduction par Wulfila de la bible en langue goth.

Wikipédia

vendredi 24 août 2012

Saint Barthélemy, apôtre

Barthélemy signifie fils de celui qui suspend les eaux, ou fils de celui qui se suspend. Ce mot vient de Bar, qui veut dire fils, de thelos, sommité, et de moys, eau. De là Barthélemy, c'est-à-dire, le fils de celui qui suspend les eaux de Dieu ; donc, qui élève l’esprit des docteurs en haut, afin. qu'ils versent en bas les eaux de la doctrine. C'est un nom Syrien et non pas Hébreu, il v a trois manières d'être suspendu, que notre saint posséda. En effet il fut suspendu, c'est-à-dire élevé au-dessus de l’amour du monde, porté à l’amour des choses du ciel, entièrement appuyé sur la grâce et le secours de Dieu, de sorte que toute sa vie dépendit non de ses mérites mais de l’aide de Dieu. Par la seconde étymologie est indiquée la profondeur de sa sagesse dont saint Denys dit ce qui suit dans sa Théologie mystique *: « Le divin Barthélemy avance que la Théologie est tout ensemble développée et brève, l’évangile ample, abondant et néanmoins concis. » Saint Barthélemy veut insinuer par là, , d'après l’opinion de Denys, que la nature suprême de Dieu s'élève au-dessus de tout, au-dessus de toute négation, comme de toute affirmation.

* Chapitre I, 3
** Bréviaire romain.

 Saint Barthélemy, apôtre, basilique saint Jean de Latran, Rome, Italie. Attribution: Zavatter/Wikimédia Commons

Saint Barthélemy, apôtre, en venant dans l’Inde **, qui est située aux extrémités du monde, entra dans un temple où se trouvait une idole nommée Astaroth, et il s'y arrêta comme ferait un voyageur. Dans cette idole habitait un démon qui prétendait faire du bien aux malades; or, il ne les guérissait pas, mais il suspendait seulement leurs souffrances. Cependant comme le temple était rempli de malades et que, malgré les sacrifices offerts tous les jours pour les infirmes des pays les plus éloignés, on ne pouvait avoir aucune réponse d'Astaroth, les malades allèrent à une autre ville où l’on adorait une idole nommé Bérith. Ils demandèrent à Bérith pourquoi Astaroth ne donnait pas de réponse, et il dit: « Notre Dieu est lié dans des chaînes de feu ; il n'ose ni respirer, ni parler, à dater du moment où est: entré l’apôtre de Dieu Barthélemy.» Ils lui disent: « Et quel est ce Barthélemy ? » Le démon répondit : « C'est l’ami du Dieu tout-puissant; il est venu en cette province pour chasser tous les dieux de l’Inde. » Et ils dirent : « Dis-nous à quels signes nous pourrions le trouver. » Le démon reprit: « Il a les cheveux crépus et noirs, le teint pâle, les yeux grands, le nez régulier et droit, la barbe longue et mêlée de quelques poils blancs, la taille bien prise; il est revêtu d'une robe sans manches avec des nœuds couleur de pourpre, son manteau est blanc, garni de pierres précieuses couleur de pourpre à chaque coin. Depuis vingt ans qu'il les porte, ses habits et ses sandales ne s'usent ni ne se salissent. Chaque jour il fléchit les genoux cent fois pour prier, et autant pendant la nuit. Les anges voyagent avec lui, et ils ne le laissent pas se fatiguer, ni avoir faim. Son visage est toujours le même, toujours il est joyeux et gai. Il prévoit tout, il sait tout. Il connaît et comprend les langues de tous les pays, et ce que je vous dis en ce moment, il le sait, déjà; quand vous le cherchez, s'il le veut, il se montrera à vous, mais, s'il ne le veut pas, vous ne pourrez le trouver. Or, je vous prie, quand vous l’aurez rencontré, conjurez-le de ne pas venir ici de peur que ses anges ne me fassent ce qu'ils ont déjà fait à mon compagnon. » Après donc qu'on l’eut cherché avec soin pendant deux jours sans le trouver, un démoniaque s'écria un jour: « Apôtre de, Dieu, Barthélemy, tes prières me brûlent. » L'apôtre lui dit: « Tais-toi, et sors de cet homme. » A l’instant le possédé fut délivré.

 This is a part of a scan of an historical document: Title: Schedelsche Weltchronik or Nuremberg Chronicle 1493 Hartmann Schedel Domaine public

En apprenant cela, le roi de ce pays, nommé Polimius, qui avait une fille lunatique, envoya prier l’apôtre de venir chez lui et de guérir sa fille. L'apôtre étant venu chez le roi, et voyant sa fille enchaînée, parce qu'elle déchirait par ses morsures ceux qui l’approchaient, ordonna de la délier; et comme les serviteurs n'osaient l’approcher, il dit: « Déjà je tiens enchaîné le démon qui était en elle, et vous craignez ? » On la délia et elle fut délivrée. Alors le roi fit charger des chameaux d'or, d'argent et de pierres précieuses, et fit chercher l’apôtre qu'on ne put rencontrer nulle part. Le lendemain matin, cependant, le roi étant seul dans sa chambre, l’apôtre lui apparut et lui dit: «Pourquoi  m’as-tu cherché toute la journée avec de l’or, de l’argent et des pierres précieuses? Ces présents sont utiles à ceux qui sont avides des biens de la terre; quant à moi, je ne désire rien de terrestre, rien de charnel. » Alors saint Barthélemy se mit à lui apprendre beaucoup de choses sur la manière dont nous avons été rachetés ; il lui montra, entre autres, que J.-C. avait vaincu le diable par convenance prodigieuse, par puissance, par justice et par sagesse. 1° Il fut convenable en effet que celui qui avait vaincu le fils d'une vierge, c'est-à-dire, Adam créé de la terre, alors qu'elle était encore vierge, fût vaincu par le fils de la Vierge. 2° Il le vainquit par puissance : comme le diable, en faisant tomber l’homme, avait usurpé l’empire de Dieu, J.-C. l’en chassa avec sa toute-puissance. Et comme le vainqueur d'un tyran envoie ses compagnons de victoire pour arborer ses drapeaux partout et pour abattre ceux du tyran, de même J.-C. vainqueur envoie partout ses messagers afin de renverser le culte du diable et établir à la place le culte de J.-C. 3° Il le vainquit avec justice. Il était juste en effet que celui qui avait vaincu l’homme par le manger, et qui le tenait encore sous sa puissance, fût vaincu par le jeûne d'un homme, et dépouillé de son usurpation. 4° Il le vainquit par sagesse, puisque les artifices du diable furent déjoués par l’habileté de J.-C. Tel fut l’artifice du diable: comme un épervier qui saisit un oiseau, il devait saisir J.-C. dans le désert; si en jeûnant J.-C. n'avait pas faim, il n'y aurait plus de doute qu'il fût Dieu; mais s'il avait faim, il l’aurait vaincu lui-même parla gourmandise comme il avait fait du premier homme; mais Dieu ne se fit pas connaître, parce qu'il eut faim; il ne put pas être vaincu, car il résista à sa tentation.
Quand donc il eut enseigné au roi les mystères de la foi, il ajouta que s'il voulait recevoir le baptême, il lui montrerait son Dieu, chargé de chaînes.

Detail of Michelangelo's "The Last Judgement" (Sistine Chapel) Michel-Ange (1475–1564) Michel-Ange entre 1535 et 1541. Domaine public

Le lendemain, les pontifes offraient, vis-à-vis du palais du roi, un sacrifice à l’idole, quand le démon se mit à crier en disant : « Cessez, misérables, de m'offrir des sacrifices, de peur que vous ne souffriez pire encore que moi qui suis lié de chaînes de feu par l’ange, de J.-C., que les Juifs ont crucifié, avec la pensée qu'il serait retenu par la mort : au lieu qu'il a enchaîné la mort elle-même, notre reine, et qu'il retient captif, dans des chaînes de feu, notre prince, l’auteur de la mort. » Aussitôt tous se mirent en œuvre d'attacher des cordes pour renverser l’idole, mais ils ne le purent. Alors l’apôtre commanda au démon de sortir de l’idole en la brisant : et à l’instant le démon sortit et brisa lui-même toutes les idoles du temple. Puis l’apôtre fit une prière et tous les infirmes furent guéris. Alors saint Barthélemy consacra le temple à Dieu et ordonna au démon de s'en aller dans le désert. L'ange du Seigneur apparut en cet endroit, et en volant autour, du temple, il gava le signe de la crois avec le doigt aux quatre angles en disant: « Voici ce que dit le Seigneur : Comme je vous ai purifiés de votre infirmité, de même aussi ce temple sera purifié de toute souillure, et de la présence de celui qui l’habitait, puisque l’apôtre l'a fait s'en aller au désert. Mais auparavant, je vous le ferai voir. Ne craignez pas en le regardant, mais faites sur votre front un signe pareil à celui que j'ai sculpté sur ces pierres. » Et il leur montra un Éthiopien plus noir que la suie, à la figure anguleuse, avec une longue barbe, et des cheveux qui lui tombaient aux pieds, des yeux enflammés et jetant des étincelles comme le fer rouge; des flammes couleur de soufre lui sortaient de la bouche et des yeux, et il avait les mains liées derrière le dos avec des chaînes de feu. Et l’ange lui dit : « Puisque tu as entendu l’ordre de l’apôtre, et que tu as brisé toutes lés idoles en sortant du temple, je te délierai afin que tu puisses aller en tel endroit où aucun homme n'habite, et que tu y restes jusqu'au jour du jugement. » Quand il fut délié il disparut en hurlant et faisant un grand bruit : mais l’ange du Seigneur s'envola vers le ciel à la vue de tous les assistants.
Alors le roi avec son épouse, ses enfants et tout le peuple reçut le baptême après quoi il quitta son royaume pour se faire le disciple de l’apôtre. Tous les pontifes des temples s'assemblèrent et allèrent trouver le roi Astyage, son frère. Ils portèrent contre l’apôtre des plaintes concernant la perte de leurs dieux, la profanation du temple et la séduction magique qu'on avait exercée contre le roi *. Alors le roi Astyage indigné fit partir mille hommes armés pour prendre l’apôtre. Quand il eut été amené au roi, celui-ci lui dit : « Es-tu celui qui a perverti mon frère ? » L'apôtre répondit : « Je ne l’ai pas perverti, mais je l’ai converti. » Le roi lui dit : « De même que tu as fait que mon frère abandonnât son Dieu pour croire au tien, de même aussi je te ferai abandonner ton Dieu pour sacrifier au mien. » L'apôtre repartit: « Le Dieu qu'adorait ton frère, je l’ai lié, et je l’ai fait voir lié; après quoi je l’ai forcé à briser la statue de l’idole : si tu parviens à en faire autant à mon Dieu, alors tu pourras  m’inviter à adorer la statue, sinon, de mon côté, je briserai tes dieux et tu croiras au mien. »
* Bréviaire romain. 


The Apostle Bartholomew, chiaroscuro drawing. Pen and ink and brush, grey wash, white heightening, on brown prepared paper, 20.2 × 10 cm,  "The Apostles of 1527" Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam.Christian Müller; Stephan Kemperdick; Maryan Ainsworth; et al, Hans Holbein the Younger: The Basel Years, 1515–1532, Munich: Prestel, 2006, ISBN 9783791335803. Domaine public

Comme l’apôtre parlait encore, on annonce au roi que son dieu Baldach s'était renversé et brisé en morceaux. A cette nouvelle, le roi déchira la robe, de pourpre dont il était revêtu ; ensuite il fit fouetter l’apôtre avec des verges, et commanda qu'on l’écorchât vif. Mais les chrétiens enlevèrent son corps, et l’ensevelirent avec honneur. Quant au roi Astyage, et aux pontifes des temples, ils furent saisis par les démons et ils moururent : mais le roi Polimius fut ordonné évêque et après avoir rempli avec honneur pendant vingt ans, le ministère épiscopal, il mourut en paix et plein de vertus.
— Il y a différentes opinions sur le genre de la passion de saint Barthélemy car le bienheureux Dorothée dit qu'il fut crucifié. Voici ses paroles : « Barthélemy prêcha aux Indiens et il traduisit dans leur langue l’Évangile selon saint Mathieu. Il s'endormit à Albane,ville de la grande Arménie, et fut crucifié la tête en. bas.» Mais saint Théodore dit qu'il fut écorché. Cependant, dans beaucoup de livres, on lit qu'il fut seulement décapité. On peut concilier ces opinions différentes, en disant qu'il fut d'abord crucifié, ensuite qu'il fut descendu de la croix avant de mourir, et que pour ajouter à ses tortures, il fut écorché et, qu'en dernier lieu, il eut la tête tranchée.
L'an du Seigneur 831, les Sarrasins, qui envahirent la Sicile, ravagèrent l’île de Lipard,  où reposait le corps de saint Barthélemy, et brisant son tombeau, ils dispersèrent ses ossements. Or, voici comme on rapporte que son corps fut transporté, de l’Inde dans cette île. Ces païens voyant que son corps était en grande vénération à cause de la quantité de miracles qu'il opérait, en furent remplis d'indignation et ils le renfermèrent dans un coffre de plomb qu'ils jetèrent dans la mer. Dieu permit qu'il abordât dans l’île susdite* ; et comme les Sarrasins avaient dispersé ses os, quand ils se furent retirés, le saint apparut à un moine et lui dit : « Lève-toi, rassemblé mes os qui ont été dispersés. » Le moine lui répondit : « Pour quelle raison devons-nous ramasser vos os ou vous rendre quelque honneur, quand vous nous avez laissé exterminer sans nous secourir? » L'apôtre reprit : « Pendant un long espace de temps, le Seigneur a épargné ce peuple en vue de mes mérites; mais ses péchés s'augmentant de plus en plus et criant jusqu'au ciel, je n'ai plus pu obtenir pardon pour lui. » Comme le moine lui demandait comment il pourrait jamais trouver ses os qui étaient confondus avec beaucoup d'autres, l’apôtre lui dit : « La nuit, tu iras pour les rassembler, et ceux que tu verras briller comme du feu, tu les enlèveras. »

St Bartholomew Albrecht Dürer (1471–1528) 1523 hauteur : 122 mm. largeur : 76 mm. gravure au burin Metropolitan Museum of Art domaine public

Le moine trouva tout ainsi que l’apôtre lui avait dit :  il enleva les os, et, s'embarquant sur un vaisseau, il les transporta à Bénévent, métropole de la Pouilles Maintenant on dit qu'ils sont à Rome, quoique les Bénéventins assurent les posséder encore.
* Grég. de Tours, De Glor. Martyr., l. I, c. XXXVIII.
— Une femme avait apporté un vase plein d'huile qu'elle voulait verser dans la lampe de saint Barthélemy. Mais de quelque façon que l’on penchât le vase sur la lampe, il ne pouvait rien en sortir, quoique en touchant l’huile avec les doigts on la trouvât liquide. Alors quelqu'un s'écria : « Je pense qu'il n'est pas agréable à l’apôtre qu'on verse de cette huile dans sa lampe.» C'est pourquoi on versa dans une autre lampe cette huile qui coula aussitôt.
Quand l’empereur Frédéric détruisit Bénévent, il donna l’ordre de raser toutes les églises ; car son intention était de transporter la ville entière dans un autre endroit. Alors un homme rencontra quelques personnages revêtus d'aubes blanches, et resplendissants, qui, paraissaient parler ensemble et discuter entre eux une question. Cet homme, rempli d'étonnement, demanda qui ils étaient, et l’un d'eux répondit : « Voici l’apôtre Barthélemy avec les autres saints dont il se trouvait des églises. dans la ville : ils se sont réunis pour chercher et discuter quelle peine devra subir celui qui les a chassés de leurs demeures : déjà ils ont décidé entre eux et leur sentence est inviolable, que le coupable sera traduit sans retard au tribunal de Dieu, devant lequel il aura à répondre de tout cela. ». Et de vrai, peu après, ledit empereur mourut misérablement.

Carlo Crivelli, San Bartolomeo, 1472. Pinacoteca del Castello Sforzesco, Milano. domaine public

— On lit dans un livre des Miracles des Saints, qu'un Docteur célébrait solennellement chaque année la fête de saint Barthélemy. Un jour qu'il prêchait, le diable lui apparut sous l’apparence d'une jeune fille remarquablement belle : Le prédicateur jeta les yeux sur elle et l’invita à dîner. Pendant le repas, elle faisait tous ses efforts pour lui inspirer de l’amour. Saint Barthélemy vint à la porte sous la figure d'un pèlerin qui demanda avec instance qu'on le fit entrer pour l’amour de saint Barthélemy. La jeune fille s'y opposa et on envoya au pèlerin un pain que celui-ci refusa d'accepter. Alors, par le messager il envoya prier le maître de lui dire ce qui était plus particulièrement propre à l’homme. Le maître prétendait que c'était le rire, mais la jeune fille répondit : « Dites plutôt le péché, avec lequel l’homme est conçu, naît et vit.» Barthélemy répondit que le maître avait bien parlé, mais quels femme avait donné une réponse renfermant un sens plus profond. En second lieu, le pèlerin envoya demander au maître de lui indiquer un endroit n'ayant qu'un pied d'étendue où Dieu avait manifesté les plus grandes merveilles. Comme le maître disait que  c'était l’endroit de la croix dans lequel Dieu a opéré des miracles, la femme dit : « C'est plutôt la tête de l’homme, dans laquelle existe comme un petit monde. » L'apôtre approuva la sentence de l’un et de l’autre. Troisièmement il demanda quelle distance il y avait depuis le haut du ciel, jusqu'au bas de l’enfer. Comme le maître avouait qu'il ne le savait pas, la femme dit : « Je vois maintenant que je suis surpassée : mais je le sais, moi, qui suis tombée de l’un dans l’autre; et il faut que je te montre cela. » Alors le diable en poussant un grand hurlement se précipita dans l’abîme. Or, quand on chercha le pèlerin, on ne le trouva pas. On lit quelque chose d'à peu près semblable de saint André.

Fourth stained glass window in the ambulatory (beginning from the left on the western side), depicting Saint Bartholomew. Manufactured by Wailes of Newcastle Attribution: Andreas F. Borchert

Saint Ambroise dans la préface qu'il a composée pour cet apôtre raconte ainsi sa légende en abrégé. « O Jésus, vous avez daigné manifester d'une manière admirable votre majesté à ceux que vous avez chargés de prêcher votre Trinité qui forme une seule divinité.. Parmi eux, c'est sur saint Barthélemy que vous avez daigné jeter les yeux pour l’envoyer prêcher un peuple éloigné. Aussi l’avez-vous orné de toutes sortes de vertus. Ce peuple, bien que séparé du reste du monde, vous a été acquis, et a été rapproché de vous par les mérites de la prédication de votre apôtre. De quelles louanges n'est pas digne cet homme merveilleux! Ce n'est pas assez pour lui de gagner à la foi les cœurs de ceux qui l’environnent; il vole plutôt qu'il ne marche vers les extrémités du monde habitées par les Indiens: Une multitude innombrable de malades le suit dans le temple du démon et, à l’instant ce père du mensonge ne donne plus de réponses. Oh! combien furent merveilleux les prodiges de sa vertu! Un sophiste veut argumenter contre lui; l’apôtre ordonne et le sophiste reste, muet et épuisé. La fille du roi que le démon tourmentait, il la délivre et la rend guérie à son père. Oh ! prodige de sainteté! il force le démon à réduire en poudre les idoles sous lesquelles l’antique ennemi du genre humain se faisait adorer. Il peut bien être compté dans l’armée du ciel celui auquel apparut un ange envoyé de la cour céleste afin de rendre un témoignage certain à la vérité! Cet ange montre, le démon enchaîné, et grave sur la pierre le signe de la croix qui a sauvé les hommes. Le roi et la reine sont baptisés avec leur peuple, et les habitants de douze villes vous confessent de corps et de cour. Enfin, sur la dénonciation des pontifes païens, un tyran, le frère de Polémius encore néophyte, fait battre de verges l’apôtre, et le fait écorcher et périr de la mort la plus atroce. »
* Cf. Anastase le Biblioth., t. III, p. 732.

Hôpital Lariboisière in Paris, Glasfenster in der Kapelle mit Darstellung des Apostels Bartholomäus Attribution:GFreihalter

Le bienheureux Théodore *, abbé et docteur, dit entre autres ces paroles, au sujet de saint Barthélemy : « L'apôtre Barthélemy prêcha premièrement en Lycaonie, ensuite dans l’Inde, enfin dans Albane, ville de la grande Arménie où il fut d'abord écorché et enfin décapité; il y fut aussi enseveli. Quand il reçut du Seigneur la mission de prêcher, je pense qu'il entendit qu'on lui adressait ces mots : « Mon disciple, va prêcher, va au combat : affronte les périls; j'ai achevé l’oeuvre de mon père; j'ai été témoin le premier; accomplis la tâche qui t'est imposée;  marche sur les pas de ton maître; donne sang pour sang, chair pour chair; endure ce que j'ai enduré pour toi dans ma passion. Que tes armes soient la bénignité au milieu de tes fatigues, et la douceur vis-à-vis des méchants, et la patience dans cette vie qui passe. » L'apôtre accepta, et comme un serviteur fidèle, il acquiesça à l’ordre de son Seigneur; il s'avance plein de joie comme la lumière du monde, afin d'éclairer ceux qui vivaient dans les ténèbres : c'est le sel de la terre qui conserve les peuples énervés; c'est le laboureur qui met la dernière main à la culture des cœurs. L'apôtre saint Pierre enseigne aussi les nations, saint Barthélemy en fait autant : Pierre opère de grands prodiges ; Barthélemy fait des miracles éclatants ; Pierre est crucifié la tête en bas ; Barthélemy, après avoir été écorché vif, est décapité. Autant Pierre conçoit de mystères, autant en pénètre Barthélemy. Il féconde l’Eglise comme le prince des apôtres; les grâces qu'ils ont reçues tous les deux se balancent. De même que la harpe produit des accords harmonieux, de même Barthélemy, qui tient le milieu dans le mystérieux nombre douze, s'accorde avec ceux qui le précèdent comme avec ceux qui le suivent pour produire des sons mélodieux au moyen de la parole divine. Tous les apôtres, en se partageant l’univers, ont été établis les pasteurs du Roi des rois. L'Arménie qui s'étend de Ejulath jusqu'à Gabaoth est la partie qui lui échoit; aussi voyez-le se servir de sa langue comme d'un soc pour labourer le champ de l’esprit des hommes, dans les cœurs desquels il enfouit la parole de sa foi; il plante les jardins et les vignes du Seigneur; il greffe les remèdes qui guériront les passions de chacun; il extirpe les épines nuisibles, il coupe le bois de l’impiété; il entoure le dogme de défenses. Mais qu'ont-ils gagné pour l’offrir au Créateur ! Au lieu des honneurs, ils n'ont que déshonneur, au lieu de bénédiction, malédiction, au lieu des récompenses, des tourments, au lieu d'une vie de repos, la mort la plus amère car après avoir subi des supplices intolérables, Barthélemy fut écorché par les impies comme s'ils avaient prétendu en faire un sac et après sa sortie de ce monde, il ne méprisa pas ceux qui l’avaient tué ; mais ceux qui se perdaient, il les attirait par des miracles, ceux qui étaient des adversaires, il les gagnait par des prodiges. Cependant il n'y avait rien qu'il n'employât pour calmer leur fureur aveugle, et pour les éloigner du mal. Or, comment se comportent-ils ensuite? Ils s'acharnent contre le corps du saint. Les malades méprisent celui qui les voulait guérir; les orphelins, celui qui les menait parla, main, les aveugles, leur conducteur, les naufragés, leur pilote, les morts, celui qui leur rendait la vie. Et comment cela? En jetant ce corps saint dans la mer. »

Martirio de San Bartolomé, Museo del Prado 1651 Francisco Camilo (1615–1673) domaine public 

« Le flot poussa des rivages de l’Arménie le coffre où étaient les ossements du saint avec quatre autres coffres d'os de martyrs qui avaient été jetés aussi dans la mer. Pendant tout le trajet, les quatre coffres précédaient celui de l’apôtre auquel ils semblaient faire cortège. Ils abordèrent ainsi, auprès de la Sicile, dans une île appelée Lipari. Le prodige fut révélé à l’évêque d'Ostie qui se trouvait présent. Ce trésor inestimable vint dans un lieu très pauvre. Cette pierre des plus précieuses vint aborder sur un rocher ; cette lumière resplendissante se répandit dans un lieu obscur. Les quatre autres coffres allèrent dans différents pays et laissèrent le saint apôtre dans l’île citée plus-haut. En effet l’apôtre laissa les quatre martyrs par derrière et envoya l’un, savoir: Papinus, dans une ville de Sicile nommée Milas, un autre qui s'appelait Lucien, à Messine; les deux autres, il les fit aller dans la Calabre, savoir: Grégoire dans la cité de Colonne, et Achatius dans la cité de Chale où jusque aujourd'hui ils brillent par les faveurs qu'ils accordent. Le corps de saint Barthélemy fut reçu au chant des hymnes, au milieu des louanges ; on alla au-devant de lui avec des flambeaux, et on éleva en son honneur un temple magnifique.
— Le mont Volcano, voisin de l’île, causait: des dommages aux habitants parce qu'il jetait du feu : il s'éloigna de sept stades sans qu'on le vît, et s'arrêta au milieu de la mer, en sorte qu'aujourd'hui encore on n'en aperçoit plus que comme l’apparence d'un feu qui s'échappe. Maintenant donc, salut, ô bienheureux des bienheureux! Trois fois heureux Barthélemy, qui êtes la splendeur de la lumière divine, le pêcheur de la sainte Église, l’homme habile à prendre les poissons doués de raison, le doux fruit du palmier vivace, l’exterminateur du diable occupé à blesser le monde par ses violences ! Gloire à vous, soleil qui éclairez tout ce qu'il y a sur la terre, bouche de Dieu, langue de feu qui répand la sagesse, fontaine intarissable de santé, qui avez sanctifié la mer dans votre course, qui avez, rougi la terre de la pourpre de votre sang, qui êtes monté aux cieux, où vous brillez dans l’armée divine, qui êtes environné d'un éclat, d'une gloire incorruptible; et qui nagez dans des transports d'un bonheur sans fin ! * »


La Légende Dorée

jeudi 31 mai 2012

Sainte Pétronille, vierge

Pétronille, dont saint Marcel a écrit la vie, était la fille de l’apôtre saint Pierre. Elle était d'une beauté extraordinaire et elle souffrait de la fièvre par la volonté de son père; or, un jour que les disciples logeaient chez saint Pierre, Tite lui dit : « Puisque vous guérissez tous les infirmes, pourquoi laissez-vous Pétronille souffrante? »

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« C'est, répondit saint Pierre, que cela lui vaut mieux : néanmoins, pour que l’on ne puisse pas conclure de mes paroles qu'il est impossible de la guérir, il lui dit: « Lève-toi promptement, Pétronille, et sers-nous. » Elle fut guérie aussitôt, se leva et les servit.

 {{PD-old}} Source: http://www.catholicculture.org/lit/calendar/day.cfm?date=2006-05-31 Description: Saint Petronilla Author: Sano di Pietro Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Quand elle eut fini de les servir saint Pierre lui dit : « Pétronille, retourne à ton lit. » Elle y revint aussitôt et la fièvre la reprit comme auparavant : mais dès qu'elle eut eu acquis la perfection dans l’amour de Dieu, il la guérit complètement. Le comte Flaccus vint la trouver afin de la prendre pour femme à cause de sa beauté. Pétronille lui dit donc : « Si tu désires m’avoir pour épouse, fais-moi venir des vierges qui me conduisent jusqu'à ta maison. »


 Seppellimento e gloria di Santa Petronilla (The Burial and apotheosis of Saint Petronilla), 1621-22. Roma, Musei Capitolini. Le Guerchin (1591–1666) Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Comme il s'en occupait, Pétronille se livra au jeûne et. à la prière, reçut le corps du Seigneur, se coucha et trois jours après elle rendit son âme à Dieu. Flaccus, se voyant déçu, s'adressa à Félicula, compagne de Pétronille, et lui intima ou de l’épouser ou de sacrifier aux idoles.

 Petronella This is a part of a scan of an historical document: Title: Schedelsche Weltchronik or Nuremberg Chronicle 1493 Hartmann Schedel Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Comme elle refusait de consentir à aucune de ces deux propositions, le préfet la fit mettre en prison oie elle n'eut ni à manger ni à boire pendant sept jours ; après quoi il la fit tourmenter sur le chevalet, la tua et jeta son corps dans un cloaque. Cependant saint Nicodème l’en retira et lui donna la sépulture.
En conséquence, le comte Flaccus fit appeler Nicodème et comme celui-ci refusait de sacrifier, il le battit avec des cordes chargées de plomb. Son corps fut jeté dans le Tibre; mais son clerc Juste l’en ôta et l’ensevelit avec honneur.
* Martyrologe d'Adon.

La Légende Dorée