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vendredi 20 septembre 2013

Saint Eustache

Eustache s'appelait d'abord Placide. C'était le commandant des soldats de l’empereur Trajan. Bien que adonné au culte des idoles, il pratiquait avec grande assiduité les œuvres de miséricorde. Il avait une épouse idolâtre et miséricordieuse comme lui; il en eut deux fils qu'il éleva selon son rang, avec une magnificence extraordinaire; comme il se faisait un devoir de s'adonner aux œuvres de miséricorde, il mérita d'être dirigé dans la voie de la vérité.
* Tiré des actes anciens dans lesquels le Bréviaire romain a pris la légende de l’office du saint.
Un jour en effet qu'il se livrait à la chasse, il rencontra un troupeau de cerfs, au milieu desquels il en remarqua un plus beau et plus grand que les autres, qui se détacha pour gagner une forêt plus vaste. Tandis que les autres militaires courent après les cerfs, Placide poursuit celui-ci de tous ses efforts et s'attache à le prendre. Comme il le suivait avec acharnement, le cerf parvient enfin à gravir la cime d'un rocher; Placide s'approche et songe aux moyens de ne pas le manquer; or, pendant qu'il considère, le cerf avec attention, il voit au milieu de ses bois la figure de la Sainte Croix plus resplendissante que les rayons du soleil, et l’image de J.-C., qui lui adresse ces paroles par la bouche du cerf, comme autrefois par la l’ânesse de Balaam : « Placide, pourquoi me persécutes-tu? C'est par bonté pour toi que je t'apparais sur cet animal. Je suis le Christ que tu honores sans le savoir : tes aumônes ont monté devant moi, et voilà pourquoi je suis venu; c'est pour te chasser moi-même par le moyen de ce cerf que tu courais. » 

 Miniatura a un manuscrit del s. XIII Venice, Marciana Library. Domaine public

D'autres auteurs disent pourtant que ce fut l’image qui lui apparut entre les bois du cerf qui proféra ces paroles. En entendant cela, Placide, grandement saisi, tomba de son cheval; revenu à lui après une heure, il se releva et dit : « Faites-moi comprendre ce que vous me dites et alors je croirai en vous. » J.-C. lui dit : « Placide, je suis le Christ qui ai créé le ciel et la terre, qui ai fait jaillir, la lumière et l’ai séparée des ténèbres; j'ai réglé le temps, les jours et les années; j'ai formé l’homme du limon de la terre; pour sauver le genre humain, je suis apparu ici-bas avec un corps, et après avoir été crucifié et enseveli, je suis ressuscité le troisième jour. » 
A ces mots, Placide tomba de nouveau sur terre et dit : « Je crois, Seigneur, que c'est vous qui avez tout fait, et que vous ramenez ceux qui s'égarent. » Alors le Seigneur lui dit : « Si tu crois, va, trouver l’évêque de la ville, et fais-toi baptiser. » « Voulez-vous, répondit Placide, que j'annonce ces vérités à ma femme et à mes fils, afin qu'eux aussi croient en vous? » Le Seigneur lui dit : « Informe-les, afin qu'ils soient purifiés comme toi : mais reviens ici demain, je t'apparaîtrai de nouveau pour te dévoiler plus amplement l’avenir. » Quand il fut rentré à sa maison et qu'il eut rapporté ces merveilles à son épouse, au lit, celle-ci s'écria en disant : « Mon Seigneur, et moi aussi, la nuit passée, je l’ai vu et il  m’a dit : « Demain ton mari, tes fils et toi, vous viendrez à moi : Je reconnais maintenant que c'est J.-C. » Ils allèrent donc, an milieu de la nuit, trouver l’évêque de Rome qui les baptisa en grande joie, et qui donna à Placide le nom d'Eustache, à sa femme celui de Théospita et à ses fils ceux d'Agapet et de Théospite. 
Le matin arrivé; Eustache se rendit à la chasse, comme la veille, et parvenu au même endroit, il fit aller de divers côtés ses soldats, sous prétexte de dépister le gibier, et restant à la place où il avait eu la première vision, il eu eut une seconde : alors tombant le visage contre terre, il dit : « Je vous supplie, Seigneur, de manifester à votre serviteur ce que vous lui avez promis. » Tu es bienheureux, lui répondit le Seigneur, d'avoir reçu le bain de ma grâce, parce que tu as alors vaincu le diable. Tu viens de fouler aux pieds celui qui t'avait déçu. Tu vas montrer maintenant ta foi : car pour l’avoir abandonné, le diable va te livrer de grands combats : il faut donc que tu supportes de rudes épreuves afin de recevoir la couronne de la victoire. Il faut que tu souffres beaucoup afin que déchu de vaines grandeurs du monde, tu sois humilié, pour être élevé plus tard aux honneurs spirituels. Ne faiblis donc pas : ne reporte pas la vue sur ta gloire passée, car il faut que, par la voie des tentations, tu te montres un autre Job. 

Fresc d'August von Wörndle (església de Maria Witterschnee (Schneekreuz), Löffingen) Attribution: Photo: Andreas Praefcke

Cependant quand tu auras été humilié, je viendrai à toi, et; te rendrai ta gloire première. Dis-moi donc, si tu veux accepter les tentations à présent ou à la fin de ta vie? » Eustache répondit: « Seigneur, s'il faut qu'il en soit ainsi, à l’instant commandez que les tentations nous éprouvent, mais donnez-nous la vertu de patience. » Ne perds pas courage, reprit le Seigneur ; ma grâce en effet gardera vos âmes. » Alors le Seigneur monta an ciel, et Eustache revint chez lui donner ces nouvelles à sa femme.
Quelques jours s'étant écoulés, la mort, sous la forme d'une peste, se déchaînant sur tous ses serviteurs et ses servantes, les moissonna tous : peu de temps après, tous ses chevaux et tous ses troupeaux moururent subitement. Alors des scélérats, voyant ces ravages, se ruèrent pendant la nuit sur sa maison, emportèrent tout ce qu'ils trouvèrent, et pillèrent l’or, l’argent et tous ses autres biens : lui-même, avec sa femme et ses fils, rendit grâces à Dieu et s'enfuit tout nu: pour échapper à la honte, ils allèrent en Egypte. Tout ce qu'il possédait fut anéanti par la rapine des méchants. 
L'empereur et le sénat entier regrettaient beaucoup la perte d'un général aussi distingué, sur lequel on ne pouvait obtenir aucun renseignement. Après avoir fait quelque chemin, les fugitifs arrivèrent à la mer Où ayant trouvé un vaisseau, ils s'embarquèrent. Alors le maître du navire, voyant que la femme d'Eustache était fort belle, conçut un grand désir de la posséder. Après la traversée, il exigea d'Eustache le prix du passage, et comme ils n'avaient pas d'argent, il ordonna que cette femme fût retenue pour payement, dans la conviction de l’avoir à soi. Eustache, informé de cela, refusa absolument d'y consentir, et comme il persistait, le maître fit signe à ses matelots de le précipiter dans la mer; afin de pouvoir ainsi posséder sa femme. Eustache, qui s'aperçut de cela, leur abandonna sa femme tout désolé, et prenant ses deux enfants, il s'en alla en versant des larmes : « Malheur à moi et à vous, dit-il, car votre mère est livrée à un mari étranger! » 
Parvenu sur les bords d'un fleuve, il n'osa le passer avec ses deux fils à la fois, parce qu'il y avait beaucoup d'eau; mais en en laissant un sur la rive, il se mit en devoir de transporter l’autre; quand il eut passé le fleuve à gué, il posa par terre l’enfant qu'il avait porté, et se hâta de venir prendre l’autre. Il était au milieu du fleuve, lorsqu'un loup accourut tout à coup, saisit l’enfant qu'il venait de mettre sur la rive, et s'enfuit dans la forêt. Eustache, qui n'espérait pas le sauver, courut à l’autre : mais en y allant survint un lion qui s'empara du petit enfant et s'en alla. Or, comme il ne pouvait l’atteindre, puisqu'il n'était encore qu'au milieu du fleuve, il se mit à gémir et à s'arracher les cheveux. Il se serait laissé noyer, si la divine providence ne l’eut retenu. Des bergers, qui virent le lion emporter un enfant vivant, le poursuivirent avec leurs chiens, et Dieu permit que l’animal lâchât sa proie sans lui avoir fait aucun mal. D'un autre côté, des laboureurs se mirent à crier après le loup et délivrèrent de sa gueule l’autre enfant aussi sain et sauf. Or, bergers et laboureurs, tous étaient du même village et ils nourrirent les enfants chez eux. 

Pintura de Pisanello (1395–1455) , ca. 1436 65 × 53 cm (Londres, National Gallery) The Yorck Project: 10.000 Meisterwerke der Malerei. DVD-ROM, 2002. ISBN 3936122202. Distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH.

Eustache de son côté ignorait cela ; alors il s'en alla bien triste. « Quel malheur pour moi ! disait-il en pleurant; il y a peu de temps, j'étais beau comme un arbre,. couvert de fruits et de feuilles; aujourd'hui je suis tout dépouillé! Que je suis malheureux! j'étais entouré de soldats, et aujourd'hui je suis réduit à rester seul, n'ayant pas même la consolation de posséder mes enfants auprès de moi ! Je me souviens, Seigneur, que vous  m’avez dit que je serais tenté comme Job, mais je vois que je suis traité plus durement encore. Dépouillé de tous ses biens, il avait au moins un fumier sur lequel il pût s'asseoir ; mais moi, il ne me reste pas même rien qui ressemble à cela. Il eut des amis qui compatissaient à sa position, pour moi, je n'ai eu que des bêtes féroces, qui  m’ont enlevé mes enfants : sa femme lui fut laissée, la mienne m’a été ravie. Mettez fin, Seigneur, à mes tribulations; et placez une garde à ma bouche dans la crainte que mon cœur se laisse aller à des paroles de malice, et que je mérite d'être rejeté de devant votre face. » Étouffé par ses sanglots, il alla dans un hameau où s'étant mis à gage, il garda les champs des habitants, l’espace de quinze ans ; quant à ses fils, ils furent élevés dans un autre village, sans savoir qu'ils fussent frères. Le Seigneur conserva aussi la femme d'Eustache, et l’étranger ne la connut pas; au contraire il la renvoya intacte, après quoi il mourut.
Or, l’empereur et le peuple romain étaient fort inquiétés par les ennemis. L'empereur, qui se rappela Placide et les victoires que souvent il avait remportées par lui sur les ennemis, s'attristait singulièrement du changement survenu à la suite de sa disparition inattendue; il envoya donc des soldats dans les différentes parties du monde, en promettant de grandes richesses et des honneurs à ceux qui l’auraient trouvé. 
Or, deux soldats, qui avaient servi sous Placide, arrivèrent au village où il demeurait. Placide qui, du champ où il se trouvait, les aperçut venir, les reconnut aussitôt à leur démarche, et le souvenir de sa dignité lui revenant à la mémoire, il en fut troublé : « Seigneur, dit-il, de même que contre tout espoir, je viens de voir ceux qui ont vécu autrefois avec moi, faites aussi qu'un jour je puisse voir ainsi ma femme ; car pour mes enfants, je sais qu'ils ont été dévorés par les bêtes féroces. » Alors il entendit une voix lui dire : « Confiance, Eustache, dans peu tu seras rétabli dans tes honneurs, et tu retrouveras ta femme. » 
Il s'avança vers les soldats qui ne le reconnurent point; mais après l’avoir salué, ils lui demandèrent s'il connaissait un étranger nommé Placide, qui avait une femme et deux enfants. Il avoua n'en rien savoir ; cependant sur la prière qu'il leur en fit, ils vinrent au logis et Eustache les servit. En se rappelant son ancienne position, il ne pouvait contenir ses larmes : Il fut forcé de sortir pour se laver le visage et revint les servir. Mais les soldats, qui le considéraient, se disaient l’un à l’autre: « Quelle ressemblance frappante entre cet homme et celui que nous cherchons! » L'un d'eux dit : « Oui, il lui ressemble beaucoup; examinons donc;  s'il porte à la tète la cicatrice d'une blessure qu'il a reçue à la guerre, c'est lui. » Ils examinèrent et ayant distingué cette marque, ils furent convaincus dès l’instant que c'était celui-là même qu'ils cherchaient. 

Gravado de Dürer (1471–1528), ca. 1501 gravure 355 × 259 mm Saint Louis Art Museum Attribution: Jo

Ils se jetèrent à son cou pour l’embrasser, et s'informèrent de sa femme et de ses fils. Eustache leur dit que ses fils étaient morts et sa femme captive. Or, les voisins vinrent tous voir ce qui se passait, les soldats ne manquèrent pas de vanter son courage et de publier la gloire qu'il s'était acquise : alors ils lui mettent sous les jeux l’ordre de l’empereur, et le revêtent d'habits précieux. 
Après quinze jours de marche, ils arrivèrent auprès de l’empereur qui, à cette nouvelle, vint au-devant d'Eustache. Il ne l’eut pas plus tôt vu qu'il se jeta à son cou pour l’embrasser. Eustache raconta alors tout ce qui lui était arrivé aussitôt après, ou l’entraîna au ministère de la guerre et on le contraignit à reprendre ses anciennes fonctions. Quand il eut compté ses soldats, et qu'il eut vu qu'ils étaient en trop petit nombre relativement à la multitude des ennemis, il fit lever des recrues dans les jeunes gens de toutes les villes et des bourgades. Or, le pays où avaient été élevés ses enfants eut à fournir deux jeunes soldats. 
Tous les habitants de l’endroit désignèrent au commandant militaire les deux fils d'Eustache comme les plus aptes au service. Eustache, qui vit deux jeunes gens de bonne mine et d'un extérieur distingué, conçut pour eux une singulière affection, et leur donna les premières places à sa table. Il partit donc pour la guerre, enfonça les bataillons ennemis, et fit reposer son armée durant trois. jours, dans l’endroit où sa femme était une pauvre hôtelière. 
Or, par une permission de Dieu, les deux jeunes gens furent logés dans la maison de leur mère, sans qu'ils sussent qui elle était. Comme, ils se reposaient sur le midi, et qu'ils s'entretenaient ensemble, ils vinrent à parler de leur enfance, de leur mère assise près de là, elle écoutait avec attention ce qu'ils se racontaient l’un à l’autre. L'aîné disait au plus jeune « Moi, de ma jeunesse, je ne me rappelle rien autre chose, sinon que mon père était général d'armée, et que ma mère avait une rare beauté : ils eurent deux fils, moi et un plus jeune encore, qui lui aussi était remarquablement beau. Ils nous prirent et partirent une nuit de notre maison, puis ils s'embarquèrent, mais, j'ignore où ils allaient. Comme nous débarquions, je ne sais comme il se fit que notre mère resta sur le navire, et notre père s'en alla, nous portant tous les deux et pleurant. Arrivé sur le bord d'un fleuve, il le passa avec mon jeune frère et me laissa sur la rive : mais comme il revenait pour me prendre, un loup survint et enleva mon frère; mon père était encore loin de moi, quand un lion sorti de la forêt me saisit et m'emporte dans le bois, mais des bergers m’arrachèrent de la gueule du lion, et je fus élevé dans la maison que tu connais; je n'ai pu savoir depuis ce qu'était devenu mon père ainsi que le petit enfant. » A ce récit, le cadet se prit à pleurer et à dire : « Par Dieu ! d'après ce que j'entends, je suis ton frère, puisque ceux qui  m’ont élevé me disaient aussi : « Tous t'avons arraché à un loup. » Ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre, et s'embrassèrent en pleurant.

Greek Orthodox icon of St. Eustathios Anonyme 17°siècle http://days.pravoslavie.ru/Images/im527.htm Domaine public

La mère qui entendait cela et qui reconnaissait dans ce récit toutes les circonstances de ce qui lui était arrivé, pensa longtemps à part soi que ce pourrait bien être ses enfants. Le lendemain donc, elle alla trouver le général d'armée et lui adressa la parole en ces termes . « Je vous prie, seigneur, de me faire reconduire dans ma patrie; car je suis du pays des Romains et étrangère ici. » En parlant, elle vit sur lui les cicatrices que portait son mari; alors elle le reconnut et sans pouvoir se contenir, elle se jeta à ses pieds en disant : « Je vous- en prie, seigneur, racontez-moi ce que vous faisiez autrefois ; car je pense que vous êtes Placide, général d'armée ; vous avez aussi un autre nom qui est Eustache ; ce Placide, le Sauveur l’a converti; il a subi telle et telle épreuve; c'est moi qui suis sa femme, j'ai été enlevée sur mer; j'ai été préservée de toute souillure ; c'est moi qui ai eu deux fils, Agapet et Théopiste. » 
En entendant ce récit, Eustache la considère attentivement et reconnaît en elle son épouse : alors versant des larmes de joie, il l’embrassa en glorifiant Dieu le consolateur des affligés. Son épouse lui dit alors : « Seigneur, où sont nos enfants ? » « Ils ont été pris par des bêtes farouches, répondit-il. » Il lui raconta donc comment il les avait perdus. Sa femme lui dit : « Rendons grâces à Dieu, car je pense que comme il nous a donné, le bonheur de nous retrouver, il nous accordera encore celui de reconnaître nos enfants. » « Je vous ai dit, reprit Eustache, qu'ils ont été pris par des bêtes farouches. » Elle répondit : « Hier, comme j'étais assise dans le jardin, j'ai entendu deux jeunes gens raconter l’histoire de leur enfance de telle et telle façon, et je crois que ce sont nos enfants ; interrogez-les donc, et ils vous la diront eux-mêmes. » 

 Saints Georges et Eustache. Triptyque d'Harbaville : vue du panneau du haut du feuillet droit, recto.ca. 950 ivory , traces of polychromy Høyde: 24,2 cm. Bredde: 28,2 cm. Dybde: 1,2 cm.Louvre Attribution: Marie-Lan Nguyen (2006)

Alors Eustache les manda et après avoir appris ce qui se rapportait à leur enfance, il reconnut que c'étaient ses fils. Lui et sa femme les embrassent en versant un torrent de larmes et les tinrent longtemps sur leur cœur. L'armée entière était au comble de la joie de ce que ces enfants étaient retrouvés et de ce que les barbares avaient été vaincus. 
A son retour, Eustache trouva Trajan mort, et ayant pour successeur Adrien, homme plus scélérat encore. En raison de la victoire qu'Eustache avait remportée, comme aussi à l’occasion de la rencontre que ce général avait faite de sa femme et de ses fils, l’empereur les reçut avec magnificence et fit préparer un grand festin. 
Le lendemain, il alla au temple des idoles afin d'offrir un sacrifice pour la victoire remportée sur les barbares. Or, l’empereur voyant qu'Eustache ne voulait pas sacrifier ni pour la victoire qu'il avait remportée, ni à l’occasion de la découverte de sa famille, l’exhortait cependant à le faire. Mais Eustache lui dit: « Le Dieu que j'adore, c'est J.-C., et je n'offre de sacrifices qu'à lui seul. » Alors l’empereur, en colère, ordonna de les exposer dans le cirque avec sa femme et ses enfants, et fit lâcher contre eux un lion féroce. Le lion accourut, et baissant la tête comme s'il eût adoré ces saints personnages il s'éloigna d'eux humblement. L'empereur ordonna aussitôt de faire rougir au feu un taureau d'airain, et commanda de les y jeter tout vifs. Les saints se mirent donc en prières et se recommandant à Dieu, ils entrèrent dans le taureau où ils rendirent leur âme au Seigneur. Trois jours après, on les en tira en présence de l’empereur; et on les retrouva intacts au point que pas même leurs cheveux, ni aucune partie de leurs membres n'avait été atteinte par l’action du feu. Les chrétiens prirent leurs corps et les ensevelirent en un endroit fort célèbre où ils construisirent un oratoire. Ils pâtirent sous Adrien qui commença à régner vers l’an du Seigneur 120, aux calendes de, novembre, ou, d'après quelques auteurs, le douze des calendes d'octobre (20 septembre).


La Légende Dorée

lundi 5 août 2013

Les années 520 (de 520 à 529) Histoire

Événements

523 : début de la guerre de Burgondie.


524 : bataille de Vézeronce.
La bataille de Vézeronce opposa les Francs de Clodomir aux Burgondes sous le règne du roi Godomar III. Elle eut lieu le 25 juin 524 près de Vézeronce dans l'Isère.

526 : crise religieuse en Italie entre catholiques et ariens.

528 : les Huns Hephtalites sont chassés de l’Inde.

Les Bretons continentaux écrivent leurs lois, les Excerpta de Libris Romanorum et Francorum (520-560).
Les Bretons sont une part et une composante distincte de la population française, originaire de Bretagne, une région située à l'Ouest de la France, où ils sont principalement implantés. Ils doivent leur nom à des groupes brittophones qui émigrèrent du sud-ouest de la Grande-Bretagne en vagues successives à partir du IIIe siècle jusqu’au VIe siècle dans l'Ouest de la péninsule Armoricaine, renommée par la suite Bretagne d’après leur nom.

Keïtai-Tennô réalise l’unité japonaise.
L'empereur Keitai était le vingt-sixième empereur du Japon, selon l'ordre traditionnel de succession. On situe son règne de 510 à 534, bien qu'on n'en connaisse pas les dates avec certitude.
Selon les chroniques, il est à l'origine le roi de Koshi, une petite tribu vivant apparemment dans les parties septentrionales du Japon central, peut-être sur la côte de la mer du Japon.
Le Japon n'existant pas à l'époque, et l'entité connue sous le nom de Yamato ne comprenant qu'une partie du pays actuel, le terme d'empereur est anachronique pour le désigner et certains travaux d'histoire actuels appellent Keitai sous le nom de Roi Ohoto de Koshi.

Révoltes intestines dans l’empire Avar (Hephtalites, Ting-ling, Tölech etc.).

Personnages significatifs


Amalasonte, née v. 495-500 à Ravenne et morte assassinée en 535 à Bolsena est une reine ostrogothique, fille de Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths, et de la princesse franque païenne, Audoflède, sœur de Clovis, roi des Francs.

Amalasonte Woodcut from the Nuremberg Chronicle Amalasuntha, queen of the Ostrogoths in Italy in the 6th-century 1493 Michael Wohlgemuth illustrateur This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Amalasonte, jeune veuve depuis 522/523, gouvernait le royaume pour son fils Athalaric, alors âgé de 10 ans, après la mort de son père Théodoric en 526. Elle avait hérité du talent diplomatique de son père et se rendait compte que le moyen le plus économique de prévenir une invasion de l'Italie par l'armée byzantine était d'entretenir avec l'empereur des relations cordiales. Pour la conseiller, elle avait pris pour ministre le savant Cassiodore, s'entourait surtout de Romains, et parlait, en plus du gotique, le latin et le grec.
Mais le jeune roi Athalaric meurt en 534, et elle doit partager le trône avec Théodat, son cousin devenu son époux. L'année suivante, Théodat la fait étrangler dans son bain sur l'île Martana du lac de Bolsena. Cet assassinat sert de prétexte au général byzantin Bélisaire, au service de l'empereur Justinien, pour intervenir en Italie et se mêler des affaires ostrogothiques, provoquant ainsi les guerres gothiques qui dévastèrent la péninsule durant plus de vingt ans.
L'astéroid 650 Amalasuntha porte son nom.

Boèce (voir les années 510 Culture)

Childebert Ier (né vers 497 à Reims - mort le 13 décembre 558 à Paris), fut Roi de Paris de 511 à 558 et roi d'Orléans de 524 à 558.
En 523-524, à l'instigation de Clotilde, Childebert et ses deux frères se joignent dans une expédition contre les Burgondes. Thierry Ier, ayant épousé la fille de Sigismond et n'étant pas fils de Clotilde, n'eut pas à y participer.
Sigismond, roi des Burgondes est battu par les fils de Clovis, Childebert, Clodomir et Clotaire. Il se réfugie au monastère d'Agaune, mais Clodomir, roi d’Orléans le fait jeter dans un puits avec toute sa famille.
Après la mort de son frère Clodomir, Childebert Ier invita à Paris son frère Clotaire Ier, roi de Soissons, qui avait épousé Gondioque, la veuve de Clodomir. Voulant récupérer le territoire de Clodomir, ils décidèrent, avec l'accord de Clotilde, de tuer Thibaut, Gunthar et Clodoald qui auraient pu revendiquer le trône un jour ou l'autre.

Assassinat de Thibaut et Gunthar. Manuscrit du XVe siècle. Chroniques de France, bibliothèque nationale, Paris. This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Les deux oncles massacrèrent les enfants de Clodomir : Clotaire assassina Thibaut d'un coup de couteau dans l'aisselle. Gunthar se jeta aux pieds de Childebert qui se mettait à pleurer et faillit céder aux suppliques de son neveu. Mais Clotaire lui fit remarquer qu'il était à l'initiative de l'entreprise. Childebert rejeta alors Gunthar contre son frère qui l'égorgea. Thibaut et Gonthaire avaient respectivement dix et sept ans. Le dernier, Clodoald resta en vie parce qu'il parvint à s'enfuir. Mieux connu sous le nom de saint Cloud, ce dernier fonda un monastère à Nogent-sur-Seine (aujourd'hui Saint-Cloud) et en devint le premier abbé.
Thierry Ier, quant à lui s'empare d'une partie de l'héritage constitué de l'Auxerrois, du Berry et du Sénonais. En accord avec ses frères, il continue la guerre contre le nouveau roi de Burgondie, Godomar III, roi des Burgondes. (A suivre...)


Clodomir
Clodomir est roi des Francs du royaume d'Orléans de 511 à 524. Il est né vers 495 et mort le 25 juin 524 à Vézeronce. Il eut un fils nommé Sigéric, de son premier mariage avec Aréagni, fille de Théodoric le Grand. Veuf, il épousa Gondioque qui lui donna trois fils : Thibaut (Théodebald), Gonthier (Gunthar) et Clodoald (le futur saint Cloud). S'il passa son règne à guerroyer, il s'occupa aussi des affaires du royaume.
Guerre contre les Burgondes

Lorsque trois des fils de Clovis envahissent la Burgondie, sur les encouragements de leur mère Clotilde, Sigismond (voir les années 510) est battu et se réfugie au monastère d'Agaune. Il est livré à Clodomir par l'aristocratie burgonde, qui place son frère Godomar III sur le trône. Le 1er mai 524, Clodomir le fait décapiter avec sa femme et ses deux fils, Gistald et Gondebald, puis leurs corps sont jetés dans un puits dans un lieu nommé Columna (Coulmier) près d'Orléans, aujourd'hui Saint-Sigismond-du-Loiret.


Clodomir supervise l'exécution de Sigismond, roi de Burgondie. Grandes Chroniques de France. Valenciennes, bibliothèque municipale, Manuscrit 637, fol. 14v.


Clodomir se lança ensuite dans une seconde expédition contre les Burgondes en compagnie de Thierry. Il fut tué lors de la bataille de Vézeronce le 21 juin 524 après avoir été trompé par des adversaires qu'il poursuivait. Conformément à la loi salique, sa tête fut tranchée et plantée au bout d'une lance, en signe d'accomplissement d'une faide. Clotaire et Childebert purent alors se partager librement le territoire de leur frère. Thierry capta lui aussi une partie de l'héritage et récupéra l'Auxerrois, le Berry et le Sénonais. (A suivre...)

Clotaire Ier
L'échec de la guerre contre les Burgondes (523-524)
En 516, la mort de Gondebaud amène sur le trône burgonde son fils Sigismond, converti au catholicisme. Sa politique anti-arienne, en particulier l'exécution de son fils Sigéric (petit-fils de l'Ostrogoth Théodoric), le met en position de faiblesse, ce qui incite les rois francs à lancer une offensive, sauf Thierry, marié à une fille de Sigismond.
En 523, à l'instigation de Clotilde, Clotaire, Clodomir et Childebert joignent leurs forces dans une expédition contre les Burgondes. L'armée burgonde est mise en déroute et Sigismond est pris et exécuté. Mais son frère Godomar le remplace sur le trône avec le soutien de l'aristocratie et les Francs sont obligés de repartir.
Une nouvelle campagne a lieu en 524, incluant cette fois Thierry. Les Francs s'avancent jusqu'à la vallée de l'Isère, mais, le 25 juin 524, subissent une défaite grave lors de la bataille de Vézeronce, au cours de laquelle Clodomir meurt. Les Francs quittent le royaume burgonde et Godomar reprend le pouvoir, qu'il conservera jusqu'en 534.
Clotaire épouse alors Gondioque, la veuve de Clodomir, ce qui lui assure la possession du trésor de Clodomir et lui assure les droits que détient Gondioque en tant que seule héritière du roi Godégisile ; la loi gombette permet à une fille d'hériter des terres en l'absence de fils. Mais cela ne suffit pas pour obtenir le territoire de son défunt frère : la loi salique impose normalement le partage du royaume entre les fils de Clodomir. (A suivre...)

Félix IV († 530), ou Félix III (Félix II ayant été déclaré antipape), 54e pape de 526 à sa mort en 530.
Le pontificat de Félix IV est marqué par trois faits importants :
L’un est symbolique : il s’agit de la fermeture de l’école philosophique d’Athènes, la prestigieuse Académie fondée par Platon. Désormais la culture grecque ne sera plus transmise principalement que par les moines, jusqu'à la Renaissance.

Félix IV Le 54e pape Félix IV Pape de l’Église catholique between Mosaic 527 and 530. Basilica of Santi Cosma e Damiano (Saints Cosmas and Damian). This work is in the public domain in the United States, and those countries with a copyright term of life of the author plus 100 years or less.

Le second ouvre des perspectives considérables à la christianisation en profondeur de l’Europe occidentale. Benoît de Nursie (480-547) fonde le monastère du Mont-Cassin en Italie. La règle bénédictine (du nom latin de Benoît, benedictus) repose sur la prière, la lecture d’ouvrages pieux et le travail manuel. « Ora et labora » : prie et travaille. La communauté des laïcs qui se font moines vit de son propre travail. Le monachisme, apparu en Orient, se répand en Occident. La fondation du monastère de Lérins en 410 en était un signe avant-coureur.
Le troisième est son soutien à saint Théodose le Cénobiarque dans son opposition au monophysisme, préconisé par l'empereur Anastase Ier dans les Églises d'orient.
Félix IV est fêté le 12 octobre selon le martyrologe romain.


Hildéric, né vers 460, exécuté en 533, est roi des Vandales et des Alains d'Afrique de 523 à 530. Son nom signifie en Gotique « Puissant dans la bataille ».
Prince vandale de la dynastie hasding, il est le fils du roi Hunéric et de la princesse romaine et catholique Eudocia fille de Valentinien III (voir les années 370), qui avait été enlevée lors du sac de Rome et donné en mariage à Hunéric.  Hildéric naît de cette union forcée, entre 456 et 462.
À la mort de son père en 484, Hildéric est écarté du trône selon la coutume vandale : le trône va à l'homme plus âgé de la famille royale, pour éviter le règne d’un enfant.

50-Deniers d'argent de Hilderic. Avers: D N HILDI - RIX REX. Revers: FELIX - KARTG. 15 mm, 1.24 g CoinArchives.com Ancient Coins database: [1]

En 523, devenu un vieillard, il peut enfin succéder à Thrasamund, étant devenu le patriarche de la famille royale. De caractère doux et d'abord facile, Hildéric laisse les affaires militaires à son cousin Hoamer et entretient des rapports apaisés avec les catholiques, quoiqu'il soit lui même chrétien arien. Le royaume, très affaibli, est alors en état de décomposition et de division avec une noblesse de plus en plus prompte à se rebeller contre l'autorité royale. La domination vandale ne s’exerce que sur une partie de l’ancienne Afrique romaine, et se rétrécit face aux attaques des principautés berbères. Des montagnards berbères conduits par leur chef Antalas battent sévèrement l'armée vandale.
En 530, un coup d'État a lieu, dirigé par son cousin Gélimer et ses partisans, hostile aux catholiques et aux byzantins. Le vieux roi est déposé, destitué et emprisonné avec ses proches. Cet évènement entraînera l'intervention byzantine trois ans plus tard. En 533, tandis que l’armée de Bélisaire approche, Hildéric est finalement exécuté sur l’ordre de Gélimer.


Saint Jean Ier est né vers 470 (peut-être à Sienne) et mort à Ravenne (Italie) le 18 mai 526. Il est le 53e évêque de Rome et pape de l'Église catholique. Premier pape à s'être rendu à Constantinople durant son pontificat, il fut arrêté à son retour, et emprisonné par le roi arien Théodoric qui le laissa mourir de faim. Il est considéré comme martyr par l'Église catholique. Liturgiquement il est commémoré le 18 mai.

Jean 1er, 53ème pape Pape de l’Église catholique Source: http://www.archive.org/details/livesofpopes01artauoft Author: Artaud de Montor, Alexis François This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Le Liber Pontificalis crédite Jean 1er de la réparation des cimetières des martyrs, celui de Nérée et Achillée sur la via Ardeatina, des saints Félix et Adauctus et le cimetière de Sainte Prisca. Il fait relever la basilique Sainte-Pétronille à Ravenne et orner richement la confession de la basilique Saint-Paul.
Il a travaillé à l'élaboration du chant romain, préparant ainsi un terrain favorable à la grande œuvre de saint Grégoire le Grand. C'est sous son règne que l'Église romaine fixe la date de Pâques. Il abandonne l’ère de Dioclétien : les années sont alors comptées à partir de la naissance du Christ.


Justinien Ier, né le 30 mai 483 en Illyrie - mort le 25 novembre 565 ou Justinien le Grand, fut empereur byzantin de 527 jusqu'à sa mort en 565. Il fut l’une des principales figures de l’Antiquité tardive. Que ce soit sur le plan du régime législatif, de l’expansion des frontières de l’Empire ou de la politique religieuse, il a laissé une œuvre considérable.

Justinien Ier Empereur byzantin Justinien, mosaïque de la Basilique San Vitale de Ravenne, avant 547 The work of art depicted in this image and the reproduction thereof are in the public domain worldwide.

Le règne de Justinien fut marqué par l'ambitieux projet de « restauration de l'empire », partiellement accompli. Son héritage eut encore plus de résonance sous l'aspect de l'uniformisation du droit romain, le Corpus iuris civilis, qui est encore la base du droit civil dans de nombreux États modernes. De ce fait, il est généralement considéré que le règne de Justinien coïncide avec l'apogée de l'Empire.

Ivoire Barberini représentant l’empereur Justinien triomphant, probablement vers 540-550, Musée du Louvre Attribution: Marie-Lan Nguyen (2011)

Son règne fut aussi l'occasion d'un épanouissement de l'art byzantin, et son programme de construction nous a laissé plusieurs chefs-d'œuvre architecturaux, en particulier la basilique Sainte-Sophie, qui fut le centre du Christianisme oriental pendant plusieurs siècles.


La mosaïque de l'impératrice Théodora, Basilique San Vitale de Ravenne. This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Justinien meurt dans la nuit du 14 novembre 565, sans doute dans son sommeil, sans avoir désigné de successeur, mais son neveu, le curopalate (soin du palais) Justin, fut immédiatement investi par le Sénat comme successeur (Justin II). Son cercueil fut déposé à la Nécropole impériale de l'Église des Saints-Apôtres (Constantinople), dans un tombeau de marbre revêtu au-dedans de lames d'or : il avait veillé lui-même à son exécution. Un de ses derniers actes législatifs concerna la date de Noël : il la fixa au 25 décembre alors qu'à Jérusalem et dans les pays voisins on célébrait la naissance du Christ le 6 janvier.


Section du mur de Théodose Source: Photograph taken in June 2006 in Istanbul by en:User:Bigdaddy1204. All credits go to him. Attribution:en:User:Bigdaddy1204

C'est sans doute à la dernière année de son règne que Corippe (poète épique romain) fait allusion en constatant que « le vieillard ne se souciait plus de rien ; déjà tout glacé, il ne brûlait plus que de l'amour de l'autre vie ; c'était vers le ciel que tout son esprit était tourné ; déjà oublieux de ce corps, il pensait que la figure de ce monde était passée ». Le même auteur soutient qu'« il avait épuisé les avantage du fisc jusqu'à le vider ».

Illustration pour les Institutiones Imperiales. Justinien trône au centre de la gravure XVIe siècle Author: G. Leroy This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Il est considéré comme saint par l'Église orthodoxe et fêté le 2 août ou les 14 et 15 novembre avec son épouse Théodora (sainte).



Théodoric le Grand ou Théodoric l'Amale né en 453 et mort le 30 août 526 à Ravenne, est un roi ostrogoth.

Statue de Théodoric à Brescia (légende populaire) Attribution: Stefano Bolognini, Wikimedia Commons

Il devient magister militum en 483, et une année après consul. Quand il a une trentaine d’années, Zénon envoie Théodoric en Italie pour destituer Odoacre, roi des Hérules, qui a renversé l’Empire romain d'Occident en 476 et qui est un vassal de plus en plus remuant. La campagne de Théodoric commence en 488. En 493, il prend Ravenne et tue lui-même Odoacre. Il y fonde un royaume autonome, accordant néanmoins aux Romains la possibilité d’être soumis aux lois romaines et aux juridictions romaines, tandis que les Goths conservent leurs propres coutumes. Il conquiert ensuite la Rhétie, le Norique, la Pannonie et la Dalmatie. Nouant des alliances matrimoniales avec tout le monde barbare, il contient les ambitions franques, défendant les Wisigoths contre eux, notamment lors du siège d’Arles en 507-508. En 524, il participe au premier partage du royaume des Burgondes.


Mausolée de Théodoric le Grand, Ravenne, Italie Attribution: Immanuel Giel/Wikimédia Commons

Théodoric est de foi arienne. Il mena tout au long de son règne une politique de tolérance, assortie d'une stricte séparation des peuples Goths ariens et des Italiens (ou Romains) catholique. Ce n'est qu'à la fin de son règne, qu'en réaction aux persécutions de l’empereur byzantin Justin Ier contre les ariens, que Théodoric rompt avec le pape Jean Ier qu'il jette en prison et laisse mourir de faim et persécute, de son côté, les catholiques.
Théodoric meurt en 526 de la dysenterie. Il laisse derrière lui le souvenir de trente ans de paix pour l'Italie, événement heureux qui ne se répétera pas avant des siècles. Il est enterré à Ravenne, où son tombeau constitue l’un des plus intéressants monuments de la ville (il est couvert d’une énorme coupole monolithe). Après lui, sa fille Amalasonte devient régente pour son petit-fils Athalaric.

Thierry Ier
Thierry Ier, né entre 485 et 490 et mort en 534, est le fils aîné du roi des Francs Clovis. Lors du partage du royaume des Francs qui suit la mort de son père, en 511, il hérite du nord-est et de l'Auvergne, avec Reims pour capitale.
En 523-524, à l'instigation de Clotilde, Childebert et ses deux frères se joignent dans une expédition contre les Burgondes. Thierry Ier, ayant épousé la fille de Sigismond et n'étant pas fils de Clotilde, n'eut pas à y participer.

Monnaie de bronze de Thierry Ier. BNF, monnaies, médailles et antiques. This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Une nouvelle campagne a lieu en 524, incluant cette fois Thierry. Les Francs s'avancent jusqu'à la vallée de l'Isère, mais, le 25 juin 524, subissent une défaite grave lors de la bataille de Vézeronce, au cours de laquelle Clodomir meurt. Les Francs quittent le royaume burgonde et Godomar reprend le pouvoir, qu'il conservera jusqu'en 534
À la mort de Clodomir (524), que Thierry accompagne dans une guerre contre le roi burgonde Godomar III, le partage secondaire entre les frères survivants lui laissent en plus les cités d'Auxerre et de Troyes et la moitié de celle de Sens. (A suivre...)
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samedi 21 juillet 2012

Les années 30 (de 30 à 39) Culture

Religion et philosophie
7 avril 30 ou 4 avril 33 : Passion du Christ.

Scènes de la Passion du Christ, de l’Ascension et de la Pentecôte, panneau d’ivoire provenant de Paris, second quart du XIVe siècle.Musée du Louvre Department of Decorative Arts, Richelieu, first floor, room 3 a Auteur de la photo Jastrow (2006)/wikimédia Commons

La flagellation et le début du chemin de Croix par Théophane le Crétois, icône byzantine du Mont Athos Monastère de Stavroniketa Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

"The Sermon on the Mount", a Bible illustration by Gustave Doré. Scanned by uploader.Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Début de la chrétienté, après l'exécution de Jésus de Nazareth à Jérusalem sur ordre de Ponce Pilate, gouverneur romain de Judée, autour des douze apôtres et des sept diacres.

31-36 :
Étienne, diacre de la première communauté chrétienne de Jérusalem, un converti qui n’est pas d’origine juive et a prédit la destruction du Temple, est lapidé par les Juifs.

Lapidation de saint Étienne (Saint Stephen).Fronton de retable, église de Saleilles (66).Cliché Jean Tosti. Licence GFDL.

Le personnage de saint Étienne, premier martyr de la chrétienté — ou protomartyr, apparaît comme étant à l’origine du culte des saints.
Son nom provient du grec Στέφανος (Stephanos), « couronné » ou encore, selon Jacques de Voragine dans La Légende dorée, du mot hébreu pour « norme ». Ce nom est d’ailleurs repris de manière plus fidèle en russe (Stéphane Стефан — en russe moderne: Stepan), en anglais (Stephen) ou en néerlandais (Stefaan).
Fête : le 26 décembre en Occident, le 27 décembre en Orient et encore le 2 août (translation de ses reliques) en Orient et en Occident.

Saül, le futur saint Paul, un pharisien fabricant de tentes, approuve la lapidation d’Étienne et participe à la répression des disciples du Christ par les Juifs qui voient dans la nouvelle foi une menace contre l’Alliance avec Dieu et la fin du judaïsme.
De nombreux chrétiens s’exilent et continuent à prêcher la parole de leur maître. L'enseignement de Jésus pénètre en Syrie (Antioche, Damas). Dispersion des « hellénistes », qui annoncent l'Évangile aux non-juifs.

Époque probable de la conversion du Pharisien Paul de Tarse à la doctrine de Jésus, à Damas, lors d'une révélation. L'Église catholique fête cet événement le 25 janvier.

The Conversion of Saul Michel-Ange (1475–1564) entre 1542 et 1545 fresque Hauteur : 625 cm. Largeur : 661 cm. Cappella Paolina, Palazzi Pontifici, Vatican Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

32: Début probable du pontificat de saint Pierre (fin vers 69).

Le Christ confie l'église à Pierre, Raphaël, Victoria and Albert Museum de Londres Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

vers 35: mort de Jean le Baptiste à la suite d'un conflit ayant pour objet les territoires de l'ancienne tétrarchie d'Hérode Philippe qui conduira d'ailleurs à une guerre entre Hérode Antipas et Arétas IV. Selon les Evangiles, Jean aurait reproché à Hérode Antipas d'avoir épousé la femme de son frère Philippe, Hérodiade. Par jalousie, celle-ci veut la mort de Jean, et obtient d'Hérode, par sa fille Salomé, que Jean soit décapité et que sa tête lui soit présentée sur un plateau. Une partie des disciples de Jean semblent s’être ralliée à Jésus de Nazareth, prédicateur apparu en Galilée, juste après que Jean a commencé sa prédication. Jésus, baptisé dans le Jourdain par Jean le Baptiste, auteur de prodiges, rallie de nombreux disciples. Hérode se montre soupçonneux. Le bruit court qu’il cherche à le faire mourir.

Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste (1607), par Le Caravage (1573-1610) from Web Gallery of Art - http://www.wga.hu/index1.html. Web Gallery of Art have given permission for use of images on Wikipedia.Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Memling, polittico di san giovanni Hans Memling (vers 1433–1494) entre 1474 et 1479 huile sur panneau de chêneHauteur : 173,6 cm. Largeur : 173,7 cm. (central) Hans Memlingmuseum Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Interprétation symbolique de la Bible par Philon (Allégorie).
(...)Les Puissances divines sont les attributs de Dieu, le Logos est sa Sagesse même, son pouvoir créateur. Les Anges sont des émanations de Dieu, des hypostases dénommées « Fils de Dieu », « Ancien des Anges », etc. Il y a ensuite des archétypes de la Création, sortes de Verbes-idées, lieux et images de tout ordre créé. Enfin, l’esprit humain, l’âme et l’intelligence, sont eux-mêmes logos et susceptibles de s’ouvrir aux autres puissances dont l’enchevêtrement, la hiérarchie, l’harmonie forment la structure du monde.
Cette théorie est une sorte de synthèse autour des termes employés par la Bible grecque pour parler de Dieu, de la création et de la prophétie. Alliant la terminologie de la Bible à la mystique de Platon et au mystérisme de l’Orient, elle inspira (étant bien déformée au passage) la gnose, la philosophie de Plotin.(...)

Inventions, découvertes, introductions
Aulus Celse compose De Artibus, un dictionnaire sur les arts et la science. Seule son encyclopédie médicale en huit livres, De Arte medica, nous est parvenue.

Aulus Cornelius Celsus; aus:http://ar.utmb.edu/areas/informresources/collections/blocker/portraits/bios/celsus.asp Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Le sixième livre de l'ouvrage De Medicina (Celse)"De Medicina libri octo ", est la seule partie de son œuvre qui nous soit parvenue. Il représente le premier ouvrage complet sur la profession médicale. Il fut le premier auteur médical dont l'œuvre fut imprimée en caractères mobiles par Nicolao en 1478, à Florence, grâce à l'invention de Gutenberg, avant même les œuvres d'Hippocrate et de Galien. Il eut ensuite d'innombrables éditions à l'époque de la Renaissance.
Celse a le constant souci de ne retenir que les faits vérifiables et bien établis: Celse"Puisque les choses incertaines ne sont pas compréhensibles, mieux vaut n'utiliser que celles qui sont assurées et démontrées, comme on le fait dans tous les autres arts: l'agriculteur comme le pilote ne se forment pas dans les discussions spéculatives, mais dans la pratique… Si l'art de raisonner faisait les bons médecins, il n'y en aurait pas de meilleurs que les philosophes; mais ceux-ci excellent dans la science des mots et ne possèdent point celle qui guérit… Un homme privé du don de s'exprimer mais versé dans la pratique serait certes un plus grand médecin que s'il avait cultivé l'art de bien dire sans s'appuyer sur l'expérience… La médecine est liée à la théorie, mais doit se fonder sur les phénomènes visibles; les causes obscures doivent être écartées, non pas de l'esprit du médecin, mais de l'art proprement dit."

Art et culture
30-50 : Style ornemental dans la peinture romaine. Les éléments architecturaux encadrent le motif central.

Fresco from the villa of P. Fannio Sinistore in Boscoreale, currently located in the Metropolitan Museum of Art, New York. This extraordinarily well preserved image makes remarkable use of perspective and color to create an immersive,. It is unknown what the function of the orb on the table is, perhaps it is a glass bowl with a butterfly pattern on it. Roman fresco from Boscoreale, 43-30 BCE, Metropolitan Museum of Art.jpg Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

(...)La (...) phase, dite ornementale, présente une architecture beaucoup plus fastueuse. Selon Gilles Sauron, cette nouvelle décoration est fortement influencée par l'architecture palatiale et théâtrale. Le passage d'un décor architectonique à un décor scénographique va également de pair avec une ouverture de la paroi : arrières plans composés de villes, de ciel, de tholos... La paroi montre souvent un haut podium au premier plan sur lequel sont érigées deux ou quatre colonnes qui la divisent. Sur ces colonnes reposent des architraves, des arcs et des plafond à caissons. Les effets d'espace sont suggérés par des ouvertures du décor, dans la partie centrale et les parties supérieures de la fresque, qui donnent sur un paysage extérieur ou d'autres éléments architecturaux comme vus depuis une fenêtre.

The photo was taken at the excavated Villa in Oplontis, the modern Torre Annunziata near Naples in Campania, Italy. It shows a detail of one wall in room 15.Domaine publique

(...)Vitruve qualifia de dépérissement de l'art cette évolution, qu'il jugeait fantaisiste et irrationnelle : « Cette belle nature, dans laquelle les anciens allaient prendre leurs modèles, nos goûts dépravés la repoussent aujourd'hui. On ne voit plus sur les murs que des monstres, au lieu de ces représentations vraies, naturelles ; en place de colonnes, on met des roseaux ; les frontons sont remplacés par des espèces de harpons et des coquilles striées, avec des feuilles frisées et de légères volutes. On fait des candélabres soutenant de petits édifices, du haut desquels s'élèvent, comme y ayant pris racine, quantité de jeunes tiges ornées de volutes, et portant sans raison de petites figures assises; on voit encore des tiges terminées par des fleurs d'où sortent des demi-figures, les unes avec des visages d'hommes, les autres avec des têtes d'animaux ».

Littérature
Phèdre traduit les fables d’Ésope et en compose d’originales.

Ésope représenté dans une édition allemande des Fables de 1479 Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

L'aigle et l'escarbot Ésope
Une aigle poursuivait un lièvre. Ce lièvre, se voyant dénué de tout secours, recourut au seul être que le hasard offrit à ses yeux ; c’était un escarbot ; il le supplia de le sauver. L’escarbot le rassura, et, voyant approcher l’aigle, il la conjura de ne pas lui ravir son suppliant. Mais l’aigle, dédaignant sa petitesse, dévora le lièvre sous les yeux de l’escarbot. Dès lors l’escarbot, plein de rancune, ne cessa d’observer les endroits où l’aigle faisait son nid, et, quand elle couvait, il s’élevait en l’air, faisait rouler les œufs et les cassait, tant qu’enfin pourchassée de partout, elle eut recours à Zeus (car c’est à Zeus que cet oiseau est consacré), et elle le pria de lui procurer un asile sûr pour y faire ses petits. Zeus lui permit de pondre dans son giron, mais l’escarbot avait vu la ruse : il fit une boulette de crotte, prit son essor, et, quand il fut au-dessus du giron de Zeus, il l’y laissa tomber. Zeus se leva pour secouer la crotte, et jeta les œufs à terre sans y penser. Depuis ce temps-là, dit-on, pendant la saison où paraissent les escarbots, les aigles ne nichent plus.
Cette fable apprend à ne mépriser personne ; il faut se dire qu’il n’y a pas d’être si faible qui ne soit capable un jour de venger un affront.

Book cover of s:Three Hundred Aesop's Fables 1867 Author:George Fyler Townsend Author died more than 70 years ago - public domain

D'un loup et d'un agneau Ésope
Un Loup buvant à la source d'une fontaine, aperçut un Agneau qui buvait au bas du ruisseau ; il l'aborda tout en colère, et lui fit des reproches de ce qu'il avait troublé son eau. L'Agneau, pour s'excuser, lui représenta qu'il buvait au-dessous de lui, et que l'eau ne pouvait remonter vers sa source. Le Loup redoublant sa rage, dit à l'Agneau qu'il y avait plus de six mois qu'il tenait de lui de mauvais discours. "Je n'étais pas encore né, répliqua l'Agneau. Il faut donc, repartit le Loup, que ce soit ton père ou ta mère." Et sans apporter d'autres raisons, il se jeta sur l'Agneau et le dévora, pour le punir (disait-il) de la mauvaise volonté et de la haine de ses parents.

Title page of s:Three Hundred Aesop's Fables 1867 Author:George Fyler Townsend Author died more than 70 years ago - public domain

Le loup et l'agneau Phèdre
Un Loup et un Agneau, pressés par la soif, étaient venus au même ruisseau. Le Loup se désaltérait dans le haut du courant, l’agneau se trouvait plus bas ; mais, excité par son appétit glouton, le brigand lui chercha querelle. « Pourquoi, lui dit-il, viens-tu troubler mon breuvage ? » L’Agneau répondit tout tremblant : « Comment, je vous prie, puis-je faire ce dont vous vous plaignez ? cette eau descend de vous à moi. » Battu par la force de la vérité, le Loup reprit : « Tu médis de nous, il y a six mois. — Mais je n’étais pas né, » répliqua l’Agneau. « Par Hercule ! ce fut donc ton père, » ajouta le Loup. Et, dans sa rage, il le saisit et le met en pièces injustement.
Cette fable est pour ceux qui, sous de faux prétextes, oppriment les innocents.

30 : Velleius Paterculus écrit l'histoire générale des pays connus dans l'Antiquité.
Histoire romaine Livre second
(...)
Xl. - Vint alors la guerre de Jugurtha que dirigea Quintus Metellus, le premier général de son siècle. Son lieutenant fut Caius Marius, dont nous avons déjà parlé. Chevalier de naissance, il était grossier et rude mais d'une vertu irréprochable ; aussi remarquable à la guerre que détestable pendant la paix, il était affamé de gloire, insatiable, emporté, toujours agité. Par l'intermédiaire des publicains et des autres négociants d'Afrique, il accusa Métellus de traîner, de prolonger la guerre depuis trois années déjà, de montrer la morgue naturelle à la noblesse et de vouloir s'éterniser dans le commandement. Il fit si bien qu'ayant obtenu la permission d'aller à Rome, il fut nommé consul ; on lui confia même la direction d'une guerre que Métellus avait presque terminée en mettant par deux fois Jugurtha en déroute. Metellus obtint cependant le triomphe le plus éclatant et reçut le surnom de Numidicus qu'il avait mérité par sa loyauté et son courage.
Nous avons signalé un peu plus haut l'éclat de la famille des Domitius ; il faut noter aussi celle des Cécilius. A cette époque, en effet, en moins de douze ans, plus de douze Métellus obtinrent soit le consulat, soit la censure, soit le triomphe. On voit bien là que, tout comme les villes et les empires, les familles voient leur fortune fleurir, vieillir et disparaître.(...)"

Architecture
32 : Le Temple de Bel à Palmyre est inauguré.

Temple de Bel : cella, colonnes et merlons (est) Auteur de la photo Jerzy Strzelecki/Wikimédia Commons

Vers 37-41 : Construction des navires (temples flottants ?) du Lac de Nemi, près de Rome, pour Caligula.

Reconstitution hypothétique du premier navire, avec les appartements de CaligulaTransferred from it.wikipedia; transferred to Commons by User:Xander89 using CommonsHelper.Attribution: Gelo4 at the Italian language Wikipedia

Les navires romains du lac de Nemi sont deux grands navires antiques que Caligula (37-41 ap. J.-C.) fit construire en l'honneur de la déesse Diane. Ils ont été retirés du fond du lac volcanique de Nemi, à 27 km au sud-est de Rome, en 1929-1930 et détruits par un incendie, lors des opérations militaires de libération de l'Italie, en 1944.

Vers 39 : Construction du phare de Boulogne-sur-Mer ().
La revue ancienne le Magasin pittoresque, édition de 1847, rapporte les propos de l'abbé de Montfaucon (Antiquité expliquée, suppl. IV, p. 133) au sujet du phare de Boulogne-sur-Mer, écroulé le 29 juillet 1644 :
Le phare de Boulogne-sur-Mer qui était un des plus beaux monuments de la magnificence romaine, fut entièrement détruit il y a vingt ans; mais il s'est trouvé par bonheur un dessin fait lorsque le phare subsistait encore, qui m'a été communiqué par le savant P. Lequien, religieux dominicain.
C'était un bâtiment octogone, sa hauteur sans y comprendre les 6 pieds de fondation était de 124 pieds en douze étages qui allaient tous en diminuant vers le haut. Le premier étage avait 224 pieds de circuit et chacun des côtés 28 pieds de longueur. La circonférence du dernier étage était de 40 pieds et le côté de 5. Il y avait une porte à chaque angle et par conséquent 96 portes, non compris celle de la lanterne. L'escalier par lequel on montait au sommet était pratiqué dans le mur extérieur.
Toutes les nuits on y allumait un feu pour guider les vaisseaux qui se trouvaient dans les parages.

Construction de l'aqueduc romain d'Uzès à Nîmes (50 km) qui franchit le Gardon (sous le nom Pont du Gard) sur 269 m avec 3 étages d'arcades.
Le pont du Gard est un pont-aqueduc romain à trois niveaux, situé sur la commune de Vers-Pont-du-Gard, près de Remoulins, dans le département du Gard (France). Il enjambe le Gardon, ou Gard. Probablement bâti dans la première moitié du Ier siècle, il assurait la continuité de l'aqueduc romain qui conduisait l’eau d’Uzès à Nîmes. Les dernières recherches montreraient que son fonctionnement cessa au début du VIe siècle.


Pont du Gard Auteur de la photo Birkett/Wikimédia Commons

Le pont du Gard est la partie monumentale d'un aqueduc de près de 50 km de longueur (52 702 m), qui apportait l'eau de la Fontaine d'Eure, située au pied d'Uzès, jusqu'à la ville romaine de Nemausus, aujourd'hui Nîmes. Les eaux de la source proviennent en partie de la rivière d'Alzon, qui passe par les environs d'Uzès, et des eaux récoltées du mont Bouquet, situé plus près d'Alès. L'aqueduc proprement dit est un chef-d'œuvre d'ingénierie, témoignage de l'extraordinaire maîtrise des constructeurs anciens : le dénivelé entre les points de départ et d'arrivée n'est que de 12,6 m, la pente moyenne générale étant de 24,8 cm par km. À cause du relief, l'aqueduc serpente à travers les petites montagnes et vallées des garrigues d'Uzès et de Nîmes.

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