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dimanche 9 juin 2013

Les années 270 (de 270 à 279) Culture

Religion et philosophie

274 : réforme religieuse. Le culte solaire devient religion officielle à Rome. Aurélien impose le monothéisme solaire. Le Soleil est reconnu officiellement comme le dieu suprême de l’empire. Un temple lui est consacré à Rome, des fêtes périodiques sont instituées et un collège public de pontife du Soleil est créé.

Disque dédié à Sol Invictus. Argent, œuvre romaine, IIIe siècle ap. J.-C. Provenance : Pessinus (Bala-Hissar, Asie mineure). British Museum Attribution: Jastrow (2007)

Les monnaies frappées à cette occasion représentent l’effigie du Soleil avec pour légende : « Sol dominus imperii romani ». L’empereur, émanation du Soleil, fait figure de dieu de son vivant. Le monothéisme solaire restera la religion officielle jusqu’en 323.
Pièce de monnaie en or représentant Constantin et Sol Invictus Multiple d'or, Ticinum, 313 ap. J.-C. Poids : 39,79 g. Cabinet des Médailles Attribution: Jastrow (2006)

274-275 : persécution d’Aurélien contre les chrétiens opposés au syncrétisme solaire (non certaine, car les actes des martyrs de cette persécution sont suspects, Sulpice Sévère parle d'une paix de l'Église ininterrompue entre l'édit de tolérance de Gallien et la persécution de Dioclétien).

Vers 270 :

Antoine, âgé de 20 ans, distribue tous ses biens aux pauvres et mène un vie ascétique dans son village de Côme en Égypte. En 285, il part vivre en ermite à Pispir, en plein désert.

Statue polychrome de saint Antoine et son cochon, collégiale d'Uzeste en (33) Gironde Attribution: Cobra bubbles

Antoine le Grand, Antoine d'Égypte, Antoine l'Ermite ou saint Antoine est considéré comme le fondateur de l'érémitisme chrétien. Sa vie nous est connue par le récit qu'en a fait Athanase d'Alexandrie vers 360. Il serait né vers 251 et mort vers 356 à l'âge de 105 ans, entre les bras de ses deux disciples, Macaire l'Ancien ou Macaire d'Égypte et Amathas.
Ce saint est fêté le 17 janvier (Liste des saints)


« Contre les chrétiens », traité en quinze livres du philosophe Porphyre de Tyr.
Porphyre (234 – 305 ?) est un philosophe néoplatonicien, connu pour avoir été le disciple de Plotin, pour avoir édité les écrits de ce dernier (les Ennéades) et rédigé après la mort de son maître une Vie de Plotin (vers 301), que nous pouvons lire encore aujourd'hui. Il est aussi important à un autre titre : c'est par lui que le néoplatonisme va passer en milieu chrétien, via Marius Victorinus, jusque chez saint Augustin et Claudien Mamert. Il écrivit un traité Contre les chrétiens. Parmi ses disciples, il semble qu'il faille compter Jamblique. Porphyre pense que le christianisme implique une conception absurde et irrationnelle de la divinité qui le condamnerait, aussi bien du point de vue des religions particulières que du point de vue transcendant de la philosophie.

Porphyre Philosophe occidental Antiquité tardive Porphyre d'après une gravure française du XVIe siècle.Source: http://www.phil-fak.uni-duesseldorf.de/philo/galerie/antike/porphyr.html Domaine public

Dans le traité De regressu anima (Sur le retour de l'âme), il propose une tout autre théorie des rapports entre philosophie et religion : les religions ne s'adresseraient qu'à des dieux inférieurs ou à des démons ; la philosophie les transcenderait, parce qu'elle serait le culte du Dieu suprême, dont le philosophe est le prêtre.

Débat imaginaire entre Averroès et Porphyre (tiré du Liber de herbis de Monfredo de Monte Imperiali) 14th century. Reproduction in "Inventions et decouvertes au Moyen-Age", Samuel Sadaune Domaine public

Dans le traité Philosophia ex oraculis haurienda (La philosophie à retirer des oracles), il démontre la signification cachée des sacrifices aux dieux et aux daimonês, et enseigne l'enseignement théologique qu'il faut en retirer.
Dans le traité Peri Agalmatôn (Sur les Images des dieux), il donne une interprétation de la signification des différents dieux de la mythologie, dans le sens des puissances cachées de la nature.

En Perse, Kartir (années 270 Histoire), grand magupat du roi sassanide, dirige la répression de toutes les hérésies.

Art et culture

L'empereur Aurélien détruit une grande partie du Bruchium, le quartier d'Alexandrie où sont situés le Musée et la Bibliothèque.

Wikipédia

vendredi 7 juin 2013

Les années 250 (de 250 à 259) Culture

Inventions, découvertes, introductions

Vers 255 : l'ingénieur chinois Ma Jun met au point un chariot pointant le sud, un véhicule faisant office de boussole sans fonction magnétique, qui utilise un mécanisme de différentiel.

Modèle du Science Museum de Londres Model of a Chinese South Pointing Chariot, an early navigational device using a differential gear. Attribution: Andy Dingley

Ma Jun (fl. 220–265), prénom social Deheng, était un ingénieur mécanique et fonctionnaire du gouvernement chinois durant la période des Trois Royaumes de Chine. Son invention la plus notable est le chariot pointant le sud, un véhicule faisant office de boussole sans fonction magnétique, mais fonctionnant en utilisant un mécanisme de différentiel (qui permet d'appliquer un couple égal à des roues tournant à des vitesses différentes). C'est grâce à cet équipement révolutionnaire, entre autres, que Ma Jun est connu comme étant un des plus brillant ingénieur mécanique et inventeur jusqu'à nos jours (avec Zhang Heng de la dynastie des Han orientaux). L'équipement est réinventé par d'autres ingénieurs par la suite, dont l'astronome et mathématicien Zu Chongzhi (429-500). Au cours des périodes dynastiques moyenâgeuses suivantes, le chariot pointant le sud de Ma Jun est combiné à un odomètre qui permet la mesure des distances.

Alphabet copte
L'écriture hiéroglyphique antique a cédé la place, pour écrire la langue copte, à un alphabet dérivé du grec, dont les lettres ont été empruntées vers la fin du Ier siècle de l'ère chrétienne. La mère de cet alphabet est donc le grec oncial. La langue copte différant de la langue grecque en termes de phonèmes, il a fallu compléter l'alphabet de vingt-quatre lettres par sept signes supplémentaires, qui ont été empruntés au démotique, écriture d'origine hiéroglyphique qui a précédé l'alphabet copte et a cessé d'être utilisée pendant le Ve siècle. Inversement, certaines lettres grecques se sont avérées inutiles mais ont été conservées pour la notation de termes empruntés au grec biblique.

Lettres de l'alphabet copte Attribution: Afanous at the English language Wikipedia

L'alphabet copte est aujourd'hui réservé aux textes chrétiens. Cependant, il servait à ses débuts pour des écrits au contenu varié, comme des textes « magiques ». Pour W. V. Davies (cf. bibliographie), l'importation de lettres grecques dans cette langue - qui pouvait utiliser une écriture ancestrale mais phonétiquement imprécise - s'expliquerait par la nécessité de représenter le plus fidèlement possible les sons des formules magiques. L'alphabet dans ses versions les plus anciennes n'est pas normalisé et contient, selon les lieux et les dialectes, de nombreuses lettres issues du démotique qui n'ont pas été conservées dans la version définitive, laquelle est bien attestée à partir du IVe siècle. Au cours des siècles, les documents religieux ont pris le pas sur les écrits profanes, parmi lesquels on pouvait trouver lettres, correspondance commerciale et textes de lois.
Fait notable, l'alphabet nubien dérive de l'alphabet copte bien que les langues n'aient aucun lien entre elles.

Religion et philosophie

L’ex-avocat Cyprien, élu évêque de Carthage en 249, résiste à la persécution ordonnée par Dèce en 250. Pour être épargnés, de nombreux chrétiens abandonnent leur religion. Cyprien, partisan d’une Église démocratique, fait à contrecœur appel au pape Étienne pour essayer de sauver l’Église d’Afrique.

Date traditionnelle de l'évangélisation de l'Auvergne par Stremonius (Austremoine de Clermont) et ses compagnons, Nectaire (en), Mary, Sirénat, selon Grégoire de Tour.

Statue de saint Austremoine, apôtre de l'Auvergne et premier évêque de Clermont-Ferrand. Bois, XVIIe siècle, H. 90 cm. Crypte de l'église Saint-Austremoine d'Issoire, Auvergne, France. Classé monument historique en 1962. Attribution: Jastrow

Austremoine ou saint Austremoine ou Austremonius ou Stremonius est le premier évêque de Clermont et l'évangélisateur de l'Auvergne (France) au IIIe ou au début du IVe siècle. Il serait mort en 286 ou au IVe siècle. Il est fêté le 8 novembre dans le diocèse de Clermont.
Austremoine devient le premier évêque de Clermont, évêché qui, sous le nom d'Arverne, est l'un des plus anciens de la Gaule.

Art et culture

Époque probable de la réalisation en marbre du Grand sarcophage Ludovisi.
Le sarcophage Ludovisi appartient à la catégorie des sarcophages romains de bataille et plus précisément au groupe des « combats de masse », qui se caractérise par la représentation d'une foule de combattants qui rend la scène confuse. Ils ont été en vogue sous le règne de Marc Aurèle.

Grand sarcophage Ludovisi. Roma, Museo Nazionale Romano a Palazzo Altemps: il sarcofago detto "Grande Ludovisi". Alla parete, testa di Marte dalla collezione Cesi, poi Ludovisi Category:Museo Altaemps

En marbre du Proconnèse, le panneau frontal du sarcophage Ludovisi représente une mêlée entre soldats romains et Barbares. Les premiers portent casque, cuirasse ou tunique de mailles, épée courte et manteau militaire. Les seconds sont reconnaissables à leurs cheveux longs, leur barbe et leur pantalon ; certains portent une tunique alors que d'autres sont torse nu. Le placement des différentes figures suggère que les Romains, qui semblent sortir du fond du relief, ont mené un mouvement d'encerclement des Barbares : après avoir enfoncé le centre de la ligne ennemie, les ailes se referment sur les Barbares. Le visage de ces derniers, désormais certains d'être vaincus, est empreint de souffrance et d'angoisse, alors que les Romains restent impassibles.

Destruction sous le règne de Valérien (253-260) de la Stoa d’Eumène, à Athènes, pour construire la nouvelle enceinte de la ville (253-260).
Stoa (en grec ancien ? st??) est le terme grec désignant un portique, c'est-à-dire un bâtiment, ou la partie d'un bâtiment couvert, fermé à l'arrière par un mur plein, et ouvert en façade par une colonnade. C'est un lieu de rencontre, destiné à protéger diverses activités des intempéries. Elle peut avoir une spécialisation fonctionnelle comme la stoa basileios à Athènes où siège l'archonte. Les grands évergètes, et notamment les rois de l'époque hellénistique en font souvent offrande aux cités auprès desquelles ils désirent se distinguer :

Stoa d'Attale à Athènes Attribution: Adam Carr at the English Wikipedia project.

c'est le cas par exemple d'une des plus célèbres d'entre elles, la stoa d'Attale sur l'agora d'Athènes, reconstruite par les Américains dans les années cinquante pour abriter le musée de l'agora. À l'époque classique, les stoas ne comportaient qu'une seule nef; puis, à partir de l'époque hellénistique, on construisit des portiques plus grands et plus vastes, à deux nefs et souvent avec un étage.
Les premiers philosophes stoïciens grecs se réunissaient dans une stoa, d'où l'étymologie de stoïcisme.
Eumène II Sôter, mort en 159 av. J.-C., roi de Pergame en 197 av. J.-C. et membre de la dynastie des Attalides.
Fils d'Attale Ier et d'une certaine Apollônis originaire de Cyzique à qui Polybe rend hommage. Il s'allie avec les Romains pour contrer l'expansion séleucide vers la mer Égée. Il reçoit à la paix d'Apamée (188 av. J.-C.) la Chersonèse de Thrace en Europe (aujourd'hui Péninsule de Gallipoli) et une partie de l'Asie mineure : Phrygie, Lydie, Lycie et Pamphylie.


Wikipédia

lundi 17 septembre 2012

Saint Lambert

Lambert était noble de naissance, mais plus noble encore par la pureté de sa vie. Dès ses premières années, il fut instruit dans les lettres ; sa sainteté le fit tellement aimer de tous qu'après la mort de Théodard, son maître, il mérita d'être promu à l’évêché de l’église de Maestricht. Le roi Childéric l’aimait beaucoup et le préféra toujours aux autres évêques. Mais la malice des envieux prenant le dessus, ces impies, après l’avoir chassé, le privèrent de l’honneur qui lui était dû et mirent Féramond sur son siège. Alors Lambert se retira dans un monastère où il passa sept ans dans l’exercice des bonnes œuvres. Une nuit qu'il s'était levé pour prier, il fit involontairement du bruit sur le pavé.
* Etienne, évêque de Liège, a écrit la Vie de saint Lambert; ses Actes.

Musée National du Moyen Âge (Hôtel de Cluny) in Paris; Herkunft: Mittelrhein, um 1470; Darstellung: hl. Lambertus von Lüttich Attribution: GFreihalter

L'abbé dit en l’entendant: « Que celui qui a fait ce bruit aille à l’instant à la croix. » Tout aussitôt Lambert courut à la croix, nu-pieds et en cilice ; il y resta debout malgré la neige, la gelée et la glace, jusqu'à ce que l’abbé s'aperçut que le saint ne se trouvait pas avec les frères qui se chauffaient après matines. Un frère lui dit que c'était Lambert qui était allé à la croix; alors il le fit venir et lui demanda pardon avec les moines. Lambert ne se contenta pas d'avoir de l’indulgence, mais il leur parla d'une manière sublime sur le mérite de la patience *.
Après sept ans, Féramond fut expulsé et saint Lambert, par l’ordre de Pépin, fut réintégré dans son propre siège. Or, comme il était puissant en paroles et en exemples, de même que par le passé, deux méchants s'élevant contre lui, se mirent à le tourmenter gravement: mais ils furent tués, ainsi qu'ils l’avaient mérité, par les amis du pontife.

Lambert de Maastricht Statue en bois polychrome de saint Lambert exposée musée Grand Curtius à Liège (Belgique) Attribution: Michel wal

Dans ce temps-là, Lambert adressa de vifs reproches à Pépin au sujet d'une femme de mauvaise vie qu'il gardait. Dodon, parent de ceux qui avaient été tués, et frère de cette femme, officier employé à la cour du roi, rassembla des soldats et entoura de toutes parts la maison de l’évêque, dans l’intention de se venger sur le saint de la mort de ceux qui avaient été tués. Un valet en ayant informé Lambert, qui était en oraison, celui-ci, plein de confiance dans le Seigneur, saisit une épée pour se défendre ; mais rentré en lui-même, il jeta le glaive, jugeant qu'il valait mieux vaincre en restant tranquille et en mourant que souiller ses mains sacrées dans le sang de ces impies.
* Eteienne, c. II.

Martyre de saint Lambert représenté sur un panneau peint du XVème siècle.Domaine public

Alors l’homme de Dieu recommanda à ses gens de confesser leurs péchés et de souffrir la mort avec patience. Aussitôt les impies se ruèrent sur saint Lambert qui était prosterné en prière et le tuèrent vers l’an du Seigneur 620. Quand les assassins furent retirés, quelques-uns des serviteurs du saint s'échappèrent et conduisirent secrètement, dans une nacelle, le corps de Lambert à l’église cathédrale où ils l’ensevelirent, accompagnés de tous les citoyens plongés dans la tristesse.

La Légende Dorée

mercredi 25 juillet 2012

Saint Jacques le Majeur

Peinture de Saint Jacques, par Rembrandt(1606–1669) en 1661.92 × 80 cm Spiegel Online Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Cet apôtre fut appelé Jacques, fils de Zébédée, Jacques, frère de Jean, Boanergès, c'est-à-dire fils du tonnerre, et Jacques le Majeur. On appelle Jacques, fils de Zébédée; non pas seulement parce qu'il fut son fils selon la chair, mais pour faire comprendre son nom. Zébédée signifie donnant ou donné, et saint Jacques se donna lui-même à J. C. par sa mort qui fut un martyre; et il a été donné de Dieu pour être notre patron ** spirituel. On l’appelle Jacques, frère de Jean, parce qu'il fut son frère et, selon la chair et selon la ressemblance de la conduite. Tous les deux en effet eurent le même zèle, le même désir de savoir, et firent les mêmes souhaits. Ils eurent le même zèle pour venger le Seigneur ; en effet comme les Samaritains ne voulaient pas recevoir J -C., Jacques et Jean dirent: « Voulez-vous que nous commandions que le feu du ciel descende et qu'il consume ces gens-là ? » Ils eurent le même goût pour apprendre : ce furent eux principalement qui interrogèrent J.-C. au sujet du jour du jugement et des autres choses à venir. Ils firent les mêmes souhaits, car tous les deux voulurent avoir leur place pour s'asseoir l’un à la droite et l’autre à la gauche de J.-C. On l’appelle fils du tonnerre, en raison du bruit que faisaient ses prédications, parée qu'il effrayait les méchants, il excitait les paresseux, et il s'attirait l’admiration générale par la profondeur de ses paroles. II en fut de lui comme de saint Jean; dont Bède dit: « Il a retenti si haut que s'il eût retenti un peu plus, le monde entier n'aurait pu le contenir. »
* Pour la légende de saint Jacques, on peut consulter les notes de Bivar sur la Chronique de Dexter. Les traditions des églises d'Espagne s'y trouvent exposées fort au long.
** Le lecteur se rappelle que l’auteur s'appelle Jacques.


Jacques de Zébédée (Saint Jacques de Majeur), Musée d'art sacré de Dijon, Dijon, Côte-d'Or, Bourgogne, FRANCEphotography taken by Christophe.Finot/Wikimédia Commons

On l’appelle Jacques le Majeur comme l’autre est appelé le Mineur : 1° en raison de vocation; car il fut appelé le premier par J.-C. 2° en raison de familiarité; car J.-C. parait avoir été plus familier avec lui qu'avec l’autre ; on en a la certitude, puisque le Sauveur l’admettait dans ses secrets ainsi il l’admit à la résurrection de la jeune fille, et à sa glorieuse transfiguration; 3° en raison de sa passion; car ce fut le premier des apôtres qui souffrit le martyre. De même qu'on l’appelle majeur pour avoir été le premier à l’honneur de l’apostolat, de même on peut l’appeler majeur pour avoir été appelé le premier à la gloire de l’éternité.

Saint Jacques, apôtre, fils de Zébédée, après l’ascension du Seigneur, prêcha en Judée et dans le pays de Samarie ; il vint enfin en Espagne, pour y semer la parole de Dieu; mais comme il voyait que ses paroles ne profitaient pas, et qu'il n'y avait gagné que neuf disciples, il en laissa deux seulement pour prêcher, dans le pays, et il revint avec les autres en Judée. Cependant maître Jean Beleth dit qu'il ne convertit qu'un seul homme en Espagne. Pendant qu'il prêchait en Judée ,la parole de Dieu, un magicien nommé Hermogène,d'accord avec les Pharisiens, envoya à saint Jacques un de ses disciples, nommé Philétus, pour prouver à l’apôtre que ce qu'il annonçait était faux. Mais l’apôtre l’ayant convaincu devant une foule de personnes par des preuves évidentes, et opéré en sa présence de nombreux, miracles, Philétus revint trouver Hermogène, en justifiant la doctrine de saint Jacques : il raconta en outre les miracles opérés par le saint, déclara vouloir devenir son disciple; et l’exhorta lui-même à l’imiter.

Mais Hermogène en colère, le rendit tellement immobile par sa magie qu'il ne pouvait remuer un seul membre : « Nous verrons, dit-il, si ton Jacques te déliera. » Philétus informa Jacques de cela par son valet, l’apôtre lui envoya son suaire et dit : «Qu'il prenne ce suaire et qu'il dise : « Le Seigneur relève, ceux qui sont abattus ; il délie ceux qui sont enchaînés (Ps. CXLV). » Et aussitôt qu'on eut touché Philétus avec le suaire, il fut délié de ses chaînes, se moqua des sortilèges d'Hermogène et se hâta d'aller trouver saint Jacques. Hermogène irrité convoqua les démons, et leur ordonna de lui amener Jacques garrotté avec Philétus, afin de se venger d'eux et qu'à l’avenir les disciples de l’apôtre n'eussent plus l’audace de l’insulter.

Codex Calixtinus (Liber Sancti Jacobi) showing St. Jacob Codex Calixtinus, Folio 4r (excerpt) about 1130/40, Santiago de Compostela Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Or, les démons qui vinrent vers Jacques se mirent à hurler dans l’air en disant : « Jacques, apôtre, ayez pitié de nous; car nous brûlons dès avant que notre temps soit venu. » Saint. Jacques leur dit : « Pourquoi êtes-vous venus vers moi? » Ils répondirent : « C'est Hermogène qui nous a envoyés pour vous amener à lui, avec Philétus ; mais à peine nous dirigions-nous vers vous que l’ange de Dieu nous a liés avec des chaînes de feu et nous a beaucoup tourmentés. » « Que l’ange du Seigneur vous délie, reprit l’apôtre; retournez à Hermogène et amenez-le moi garrotté, mais sans lui faire de mal. »

Ils s'en allèrent donc prendre Hermogène, lui lièrent les mains derrière le dos et l’amenèrent ainsi garrotté à saint Jacques, en disant : « Où tu nous as envoyés, nous avons été brûlés et horriblement tourmentés. » Et les démons dirent à saint Jacques : « Mettez-le sous notre puissance, afin que nous nous vengions des injures que vous avez reçues et du feu qui nous a brûlés. Saint Jacques leur dit : « Voici Philétus devant vous, pourquoi ne le tenez-vous pas? » Les démons répondirent : « Nous ne pouvons même pas toucher de la main une fourmi qui est dans votre chambre. » Saint Jacques alors dit à Philétus . « Afin de rendre le bien, polir le mal, selon que J.-C. nous l’a enseigné, Hermogéne vous a liés; vous, déliez-le. »

Jacques le Majeur sketch for Leonardo da Vinci's Last supper Léonard de Vinci (1452–1519) Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Hermogène libre resta confus et saint Jacques lui dit : « Va librement où tu voudras ; car nous n'avons pas pour principe de convertir quelqu'un malgré soi. » Hermogène répondit : « Je connais trop la rage des démons : Si vous ne me donnez un objet que je porte avec moi, ils me tueront. » Saint Jacques lui donna son bâton : alors Hermogène alla chercher tous ses livres de magie et les apporta à l’apôtre pour que celui-ci les brûlât. Mais saint Jacques, de peur que l’odeur de ce feu n'incommodât ceux qui n'étaient point sur leur garde, lui ordonna de jeter les livres dans la mer. Hermogène, à son retour, se prosterna aux pieds de l’apôtre et lui dit : « Libérateur des âmes, accueillez un pénitent que vous avez épargné jusqu'ici, quoique envieux et calomniateur.» Dès, lors il vécut dans la crainte de Dieu, au point qu'il opéra une foule de prodiges. Alors les Juifs, transportés de colère en voyant Hermogène converti, vinrent trouver saint Jacques et lui reprochèrent de prêcher Jésus crucifié. Mais il leur prouva avec évidence par les Écritures la venue du Christ et sa passion, et plusieurs crurent*.
* On peut voir, dans le transept sud de la cathédrale d'Amiens, des hauts reliefs reproduisant ce récit.

Or, Abiathar, qui était grand-prêtre cette année-là, excita une sédition parmi le peuple; il fit conduire à Hérode Agrippa l’apôtre, une corde au cou. Le prince ordonna de décapiter saint Jacques et un paralytique couché sur le chemin lui cria de le guérir: Saint Jacques lui dit: « Au nom de J.-C. pour la foi duquel on va me couper la tête, lève-toi guéri, et bénis ton créateur. » A l’instant il se leva guéri et bénit le Seigneur. Or, un scribe appelé Josias, qui avait mis la corde au cou de l’apôtre et qui le tirait, à la vue de ce miracle, se jeta à ses pieds, lui adressa des excuses et demanda à se faire chrétien.
Saint Jacques dépeint comme tueur des maures. Il porte les habits de son ordre, alors que son chapeau, un panama, est un symbole de pèlerinage.École de Cuzco presumably XVIIe siècle huile sur toileAuteur inconnu Lieu actuel inconnu Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Abiathar à cette vue le fit empoigner et lui dit: « Si tu ne maudis le nom du Christ, tu seras décapité en même temps que Jacques. » Josias reprit : « Maudit sois-tu toi-même, maudites soient tes années, mais que le nom du Seigneur J.-C. soit béni dans les siècles.» Alors Abiathar lui fit frapper la bouche à coups de poing et envoya demander à Hérode l’autorisation de le décapiter avec Jacques*. Tous les deux allaient être décapités quand saint Jacques demanda au bourreau un vase plein d'eau, et baptisa Josias, immédiatement. L'un et l’autre consommèrent leur martyre,un instant après, en ayant la tête tranchée.
Saint Jacques fut décollé le 8 des calendes d'avril **, le jour de l’Annonciation du Seigneur; son corps fut transporté à Compostelle, le 8 des calendes d'août ***et enseveli le 3 des calendes de janvier *, parce que la construction de son tombeau dura de août à janvier.
* Ou bien, selon une autre version, le fit décapiter sans en demander l’autorisation à Hérode.
** 25 mars.
*** 25 juillet.

L'Église établit qu'on célébrerait universellement sa fête au 8 des calendes d'août, qui est un temps plus convenable. Or, après que saint Jacques eut été décollé, ainsi que le rapporte Jean Beleth, qui a écrit avec soin l’histoire de cette translation , ses disciples enlevèrent son corps pendant 1a nuit par crainte des Juifs, le mirent sur un vaisseau; et abandonnant à la divine Providence le soin de sa sépulture, ils montèrent sur ce navire dépourvu de gouvernail ; sous la conduite de l’ange de Dieu, ils abordèrent en Galice, au royaume de Louve.

Il y avait alors en Espagne une reine qui portait réellement ce nom et qui le méritait. Les disciples déchargèrent le corps, et le posèrent sur une pierre énorme, qui, en se fondant comme de la cire sous le corps, se façonna merveilleusement en sarcophage. Les disciples vinrent dire à Louve : « Le Seigneur J.-C. t’envoie le corps de son disciple, afin que tu reçoives mort celui que tu n'as pas voulu recevoir vivant. » Ils lui racontèrent alors le miracle par lequel il avait abordé en son pays sans gouvernail; et lui demandèrent un lieu convenable pour sa sépulture. La reine entendant cela; toujours selon Jean Beleth, les adressa, par supercherie, à un homme très cruel, ou bien, d'après d'autres auteurs, au roi d'Espagne, afin d'obtenir là-dessus son consentement; mais ce roi les lit mettre en prison. Or, pendant qu'il était à table,l’ange du Seigneur ouvrit la prison et les laissa s'en aller en liberté.
* 30 décembre.
** Chap. CXL.


This is a part of a scan of an historical document: Title: Schedelsche Weltchronik or Nuremberg Chronicle 1493 Hartmann Schedel Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Quand le roi l’eut appris, il envoya à la hâte des soldats pour les ressaisir. Un pont sur lequel passaient les soldats vint à s'écrouler, et tous furent noyés dans le fleuve. A cette nouvelle, le roi, qui regrettait ce qu'il avait fait et qui craignait pour soi et pour les siens, envoya prier, les disciples de revenir chez lui et leur permit de lui demander tout ce qu'ils voudraient. Ils revinrent donc et convertirent à la foi tout le peuple de la cité. Louve fut très chagrinée en apprenant ces faits; et quand les disciples la vinrent trouver pour lui présenter l’autorisation du roi, elle répondit : « Prenez mes boeufs qui sont en tel endroit ou sur la montagne ; attelez-les à un char, portez le corps de votre maître, puis dans le lieu qu'il vous plaira, bâtissez à votre goût. » Or, elle parlait en louve, car elle savait que ces boeufs étaient des taureaux indomptés et sauvages ; c'est pour cela qu'elle pensa qu'on ne pourrait ni les réunir, ni les atteler, ou bien que si on pouvait en accoupler; ils courraient çà et là, briseraient le char, renverseraient le corps et tueraient les conducteurs eux-mêmes. Mais il n'y a point de sagesse contre Dieu (Prov., XXI).

Ceux-ci, ne soupçonnant pas malice, gravissent la montagne, où ils rencontrent un dragon qui respirait du feu ; il allait arriver sur eux, quand ils firent le signé de la croix pour se défendre et coupèrent ce dragon par le milieu du ventre. Ils firent aussi le signe de la croix sur les taureaux qui, instantanément, deviennent doux comme des agneaux ; on les attelle ; et on met sur le char le corps de saint Jacques avec la pierre sur laquelle il avait été déposé. Les boeufs alors, sans que personne les dirigeât, amenèrent le corps au milieu du palais de Louve qui, à cette vue, resta stupéfaite. Elle crut et se fit chrétienne. Tout ce que les disciples demandèrent, elle le leur accorda; elle dédia en l’honneur de saint Jacques son palais pour en faire une église qu'elle dota magnifiquement; puis elle finit sa vie dans la pratique des bonnes oeuvres.

Le pape Calixte dit qu'un, homme du diocèse de Modène, nommé Bernard, était captif et enchaîné au fond d'une tour ; constamment il invoquait saint Jacques. Le saint lui apparut : « Viens, lui dit-il, suis-moi en Galice » ; puis il brisa ses chaînes et disparut; alors le prisonnier suspendit ses chaînes à son cou, monta au haut de la tour d'où il ne fit qu'un saut sans se blesser, bien que la tour eût soixante coudées de hauteur.
Un homme, dit Bède, avait commis à plusieurs reprises un péché énorme; or, l’évêque, peu rassuré en l’absolvant en confession, envoya cet homme à Saint-Jacques en lui donnant une cédule sur laquelle ce péché avait été écrit. Le pèlerin posa, le jour de la fête du saint, la cédule sur l’autel et pria saint Jacques de lui remettre le péché par ses mérites; après quoi il ouvrit la cédule et trouva tout effacé ; il rendit grâces à Dieu et à saint Jacques et raconta publiquement le fait à tout le monde.
Trente hommes de la Lorraine, au rapport de Hubert de Besançon, allèrent vers l’an 1080 à Saint-Jacques, et se donnèrent l’un à l’autre, un seul excepté, la promesse de s'entr'aider. Or, l’un d'eux étant tombé malade, ses compagnons l’attendirent pendant 15 jours; mais enfin tous l’abandonnent à l’exception de celui-là seul qui ne s'était pas engagé. Il le garda au pied du mont Saint-Michel ; mais sur le soir le malade mourut: Or, le survivant eut une grande peur occasionnée par la solitude de l’endroit, par la présence du cadavre, par la nuit qui menaçait d'être noire, enfin par la férocité des barbares du pays; à l’instant saint Jacques lui apparut, sous la figure d'un chevalier et le consola en disant : « Donne-moi ce mort, et toi monte derrière moi sur le cheval. » Ce fut ainsi que, cette nuit-là avant le lever du soleil, ils firent quinze journées de chemin et arrivèrent à Montjoie qui n'est qu'à une demi-lieue de Saint-Jacques. Là le saint les mit à terre et commanda de convoquer les chanoines de Saint-Jacques pour ensevelir le pèlerin qui était mort, et de dire à ses compagnons, que, pour avoir manqué à leur promesse, leur pèlerinage ne vaudrait rien. Le pèlerin accomplit ces ordres, et ses compagnons furent très saisis et pour le chemin qu'il avait fait, et des paroles qu'il leur rapporta avoir été dites par saint Jacques.
D'après le pape Calixte , un Allemand, allant avec son fils à Saint-Jacques, vers l’an du Seigneur 1090, s'arrêta pour loger à Toulouse chez un hôte qui l’enivra et cacha une coupe d'argent dans sa malle. Quand, ils furent partis le lendemain, l’hôte les poursuivit comme des voleurs et leur reprocha d'avoir volé sa coupe d'argent. Comme ils lui disaient qu'il les fît punir s'il pouvait trouver la coupe sur eux, on ouvrit leur malle et on trouva l’objet : on les traîna de suite chez le. juge. Il y eut un jugement qui prononçait que tout leur avoir fût adjugé à l’hôte, et que l’un des deux serait pendu. Mais comme le 'père voulait mourir à la place du fils et le fils à la place du père, le fils fut pendu et le père continua, tout chagrin, sa route vers Saint-Jacques. Or, vingt-six jours après, il revint, s'arrêta auprès du corps de son fils et il poussait des cris lamentables; quand voici que le fils attaché à la potence se mit à le consoler en disant : « Très doux père, ne pleure pas; car je n'ai jamais été si bien; jusqu'à ce jour saint Jacques m’a sustenté, et il me restaure d'une douceur céleste. » En entendant cela, le père courut à la ville, le peuple vint, détacha le fils du pèlerin qui 'était sain et sauf, et pendit l’hôte.
* On parait douter si l’opuscule sur les miracles de saint Jacques appartient au pape Calixte. Il est tiré tout entier de Vincent de Beauvais : Spécula Hist., liv. XXVII. — Césaire d'Hesterhach récite le fait qui suit, liv. III, ch. LVIII.

Hugues de Saint-Victor raconte qu'un pèlerin allait à Saint-Jacques, quand le démon lui apparut sous la figure de ce saint et lui rappelant toutes les misères de la vie présente, il ajouta qu'il serait heureux s'il se tuait en son honneur. Le pèlerin saisit une épée et se tua tout aussitôt. Et comme celui chez lequel il avait reçu l’hospitalité passait pour suspect et craignait beaucoup de mourir, voilà que, à l’instant, le mort ressuscite, et dit qu'au moment où le démon, à la persuasion duquel il s'était donné la mort, le conduisait au supplice, le bienheureux Jacques était venu, l’avait arraché des mains du démon et l’avait mené au trône du souverain juge; et là, malgré les accusations du démon, il avait obtenu d'être rendu à la vie.
Un jeune homme du territoire de Lyon, selon le récit de Hugues, abbé de Cluny, avait coutume d'aller souvent à Saint-Jacques et avec dévotion. Une fois, qu'il y voulait aller, il tomba, cette nuit-là même, dans le péché de fornication. Il partit donc; et une nuit, le diable lui apparut sous la figure de saint Jacques et lui dit : « Sais-tu qui je suis? » Le jeune homme lui demanda qui il était, et le diable lui dit : « Je suis l’apôtre Jacques que tu as coutume de visiter chaque année. Tu sauras que je me réjouissais beaucoup de ta dévotion, mais dernièrement, en sortant de ta maison, tu as commis une fornication et sans t'être confessé, tu as eu la présomption de t'approcher de moi, comme si ton pèlerinage pût plaire à Dieu et à moi. Cela n'est pas convenable : car quiconque désire venir à moi en pèlerinage doit d'abord s'accuser de ses péchés, en confession et ensuite faire le pèlerinage pour expier ses péchés. » Après avoir dit ces mots; le démon disparut. Alors le jeune homme tourmenté se disposait à revenir, chez lui, à se confesser, et ensuite à recommencer son voyage. Et voici que le diable lui apparaissant de nouveau, sous la figure de l’apôtre, le dissuada complètement de son projet, en l’assurant que jamais son péché ne lui serait remis, s'il ne se coupait radicalement les membres qui servent à la génération, qu'au reste il serait plus heureux, s'il voulait se tuer et être martyr en son honneur et nom. Pendant la nuit, et quand ses compagnons dormaient, le jeune homme prit une épée, se coupa les membres de la génération, ensuite il se perça le ventre avec le même instrument. Ses compagnons à leur réveil, voyant cela, eurent grande peur, et prirent aussitôt la fuite de crainte de passer pour coupables de cet homicide. Néanmoins pendant qu'on préparait sa fosse, celui qui était mort revint à la vie. Tout le monde s'enfuit épouvanté, et le pèlerin raconta ainsi ce qui lui était arrivé : « Quand je me fus tué a la suggestion du malin esprit, les démons me prirent ; et ils me conduisaient vers Rome, quand voici saint Jacques qui accourut après nous, en reprochant vivement ces tromperies aux démons. Et après s'être disputés longtemps, saint Jacques les y forçant, nous vînmes dans un pilé où la sainte Vierge s'entretenait avec un grand nombre de saints. Jacques t'ayant implorée pour moi, la sainte Vierge adressa des reproches sévères aux démons et ordonna que je revinsse à la vie. Alors saint Jacques me prit et me ressuscita, comme vous voyez. Et trois jours, après il ne lui restait de ses blessures que des cicatrices ; après quoi il se remit en route, et quand il eut rejoint ses compagnons, il leur raconta tout ce qui s'était passé.
Un Français, ainsi que le raconte le pape Calixte, allait, en l’an 1100, avec sa femme et ses fils, a Saint Jacques, tant pour éviter la mortalité sévissant en France, que pour accomplir le désir de visiter saint Jacques. Arrivé à Pampelune, sa femme mourut, et son hôte s'empara, de tout son argent et du cheval qui servait de monture à ses enfants. Il s'en alla désolé portant plusieurs de ses enfants sur ses épaules,. et menant les autres par la main: Un homme avec un âne le rencontra et touché de compassion, il lui prêta son âne, afin que les enfants montassent dessus. Quand le pèlerin fut arrivé à Saint-Jacques, pendant qu'il veillait et priait, le saint apôtre lui apparut et lui demanda s'il le connaissait: et il répondit que non : alors le saint lui dit : « Je suis l’apôtre Jacques qui t'ai prêté mon âne et je te le prête encore pour ton retour : mais tu sauras d'avance que ton hôte mourra en tombant de l’étage de sa maison ; tu recouvreras alors tout ce qu'il t'avait volé. » Les choses étant arrivées ainsi, cet homme revint joyeux à sa maison; et quand il eut descendu ses enfants de dessus l’âne, cet animal disparut.
Un marchand, injustement dépouillé par un tyran, était détenu en prison, et invoquait saint Jacques à son secours. Saint Jacques lui apparut. en présence de ses gardes et le conduisit jusqu'au haut de la tour qui s'abaissa aussitôt de telle sorte que le sommet était au niveau de la terre : il en descendit sans faire un saut et s'en alla délivré. Les gardes qui le poursuivaient passèrent auprès de lui, sans le voir.
Hubert de Besançon raconte que trois militaires, du diocèse de Lyon, allaient à Saint-Jacques. L'un d'eux, à la prière d'une pauvre femme qui le lui avait demandé pour l’amour de saint Jacques, portait sur son cheval un petit sac qu'elle avait plus loin, il rencontra un homme malade et qui n'avait plus la force de continuer sa route, il le mit encore sur son cheval ; quant à lui, il portait le bourdon du malade avec le sac de la femme en suivant l’animal : mais la chaleur du soleil et la fatigue du chemin l’ayant accablé, à son arrivée en Galice, il tomba très gravement malade : et comme ses compagnons l’intéressaient au salut de son âme, il resta muet pendant trois jours; mais au quatrième, alors que ses compagnons attendaient le moment de son trépas, il poussa un long soupir et dit: « Grâces soient rendues à Dieu et à saint Jacques, aux mérites duquel je dois d'être délivré. Je voulais bien faire ce que vous me recommandiez, mais les démons sont venus m’étrangler si violemment que je ne pouvais rien prononcer qui eût rapport au salut de mon âme. Je vous entendais bien, mais je ne pouvais nullement répondre. Cependant saint Jacques vient d'entrer ici portant à la main gauche le sac de la femme, et à sa droite le bâton du pauvre auxquels j'avais prêté aide en chemin, de sorte qu'il avait le bourdon en guise de lame et le sac pour bouclier, il assaillit les diables comme s'il eût été en colère, et en levant le bâton, il les effraya et les mit en fuite. Maintenant c'est grâce à saint Jacques que je suis délivré et que la parole m’a été rendue. Appelez-moi. un prêtre, car je ne puis plus être longtemps en vie. » Et se tournant vers l’un deux; il lui dit : « Mon ami, ne reste plus davantage au service de ton maître, car il est vraiment damné et dans peu il mourra de malemort. » Quand cet homme eut été enseveli, le soldat rapporta à son maître ce qui avait été dit : celui-ci n'en tint compte, et refusa de s'amender : mais peu de temps après il mourut percé d'un coup de lance dans une bataille *.
Le pape Calixte rapporte qu'un homme de Vézelai, dans un pèlerinage qu'il fit à Saint-Jacques, se trouvant à court d'argent, avait honte de mendier. En se reposant sous un arbre, il songeait que saint Jacques le nourrissait. Et à son réveil, il trouva près de sa tête un pain cuit sous la cendre, avec lequel il vécut quinze jours, tant qu'il arriva citez lui. Chaque jour il en mangeait deux fois suffisamment, et le jour suivant, il le retrouvait entier dans son sac.
* Saint Anselme, t. II, p. 335.
Le pape Calixte raconte que vers l’an du Seigneur 1100, un citoyen de Barcelone, venu à Saint-Jacques, se contenta de demander de ne plus tomber à l’avenir dans les mains des ennemis. En revenant par la Sicile, il fut pris en mer par les Sarrasins et vendu plusieurs fois dans les marchés, mais toujours les chaînes qui le liaient se brisaient. Ayant été vendu pour la treizième fois, il fut garrotté avec des chaînes doubles. Alors il invoqua saint Jacques qui lui apparut et lui dit : « Quand tu étais dans mon église, tu as demandé la délivrance du corps au préjudice du salut de ton âme ; c'est pour cela que tu es tombé dans ces périls; mais parce que le Seigneur est miséricordieux, il m’a envoyé pour te racheter. » A l’instant ses chaînes se rompirent, et passant à travers le pays et les châteaux des Sarrasins, emportant avec lui une partie de sa chaîne pour témoigner du miracle,. il arriva dans son pays, au vu et à l’admiration de tous. Lorsque quelqu'un le voulait prendre; il n'avait qu'à montrer sa chaîne et l’ennemi s'enfuyait : et quand les lions et autres bêtes féroces voulaient se jeter sur lui, en passant dans les déserts, seulement en voyant sa chaîne, ils étaient saisis d'une grande terreur et s'éloignaient.
L'an du Seigneur 1238, la veille de saint Jacques, en un château appelé Prato situé entre Florence et Pistoie, un jeune homme, déçu, par une simplicité grossière, mit le feu aux blés de son tuteur qui voulait usurper son bien. Pris et convaincu, il fut condamné à être brûlé, après avoir été traîné à la queue d'un cheval. Il confessa son péché et se dévoua à saint Jacques. Après avoir été traîné en chemise sur un terrain pierreux, il ne ressentit aucune blessure sur le corps et sa chemise ne fut pas même déchirée. Enfin on le lie au poteau, on amasse du bois autour; le feu est mis, le bois et les liens brûlent ; mais comme il ne cessait d'invoquer saint Jacques, aucune tache de feu ne fut trouvée ni à sa chemise, ni à son corps. On voulait le jeter une seconde fois dans le feu, le peuple l’en arracha, et Dieu fut loué magnifiquement dans la personne de son saint apôtre.

La Légende Dorée

vendredi 20 juillet 2012

Les années 620 (de 620 à 629) Histoire

Événements

Hégire (622) ; constitution de Médine (v.623)
Le texte connu sous le nom de constitution de Médine, appelée également charte de Médine est tiré du livre d'Ibn Ishaq, dans lequel il figure sous le titre : « Le pacte entre les Émigrés et les Ansars et la réconciliation avec les juifs ». Pour de nombreux historiens, ce texte est composite, constitué de différents pactes entre tribus contractés à différentes dates, il n'a rien d'une constitution.
Ce pacte de paix définit les droits et les devoirs des musulmans, des juifs et des autres communautés arabes tribales de Médine, pendant la guerre qui les opposaient aux Koraïchites.

Bataille de Badr (624)

Bataille de Badr, musée impérial de Topkapi d'Istanbul Muhammad sending waves of horsemen into combat at the en:Battle of Badr in an illustration from the en:Siyer-i Nebi (The Life of the Prophet), written around 1388. Source: en:The Quarterly Journal of Military History Original uploader was Palm dogg at en.wikipedia Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

La bataille de Badr est la première bataille victorieuse des Arabes musulmans. C'est la bataille de Mahomet contre le clan quraychite qui l'avait contraint à l'exil vers Médine, et eut lieu le 17 mars 624. En automne 623, la caravane quraychite annuelle vers la Syrie quitta La Mecque. Cette caravane et celle à destination de l'Irak représentent une grande partie des revenus mecquois. Les Koraïchites avaient confisqué la propriété de tous les Musulmans ayant émigré vers Médine, et Mahomet décida alors de saisir la propriété des Mecquois en compensation.

Bataille de Uhud (625).
La bataille de Uhud est une défaite. Certains Médinois dirent alors que s'ils étaient restés retranchés au lieu d'aller à la bataille le combat aurait été victorieux. Mahomet leur répond que les desseins de Dieu ne peuvent être contrariés et que s'ils devaient mourir c'était la destinée que Dieu leur avait fixée.

Pour assurer leurs besoins matériels, conformément à la coutume bédouine, les partisans de Mahomet mènent une série de razzias (le cinquième du butin, la Ghanîma, va au Prophète) qui renforcent l’hostilité des Mecquois atteint dans leur intérêts. Des affrontements de plus en plus sérieux à Badr, mont Uhud, obligent les tribus du Hidjâz à prendre parti.

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622/629 - Guerre entre empires perse et byzantin : Reconquête byzantine de l'Asie Mineure, de la Syrie, de la Mésopotamie et de l'Égypte.
La guerre de 602 à 628 entre les empires byzantin et perse sous la dynastie sassanide marque la dernière et la plus sanglante phase du long conflit qui opposa les deux empires. La phase précédente s’était terminée en 591 lorsque l’empereur Maurice avait aidé le roi Khosro II (ou Khosrau II) à regagner son trône. En 602, Maurice fut assassiné par son rival, Phocas. Khosro saisit ce prétexte pour déclarer la guerre à l’empire byzantin. Cette guerre devait s’étendre sur plus de vingt ans et s’avérer la plus longue, enflammant l’Égypte, le Levant, la Mésopotamie, le Caucase et l’Anatolie et venant aux portes mêmes de Byzance.

Bataille entre l'armée byzantine et l'armée perse. Fresque de Piero della Francesca (1420-1492).1452-1466 San Francesco.Arezzo.L'œuvre d'art représentée dans cette image et sa reproduction sont dans le domaine public mondialement.

Si les Perses eurent le dessus pendant la première étape de la guerre, soit de 602 à 622, conquérant la majeure partie du Levant, l’Égypte et une partie de l’Anatolie, l’arrivée au pouvoir d’Héraclius en 610 devait conduire malgré quelques revers initiaux à leur défaite. De 622 à 626, les incursions d’Héraclius en territoire perse renversa les positions et, en mettant les Perses sur la défensive, permirent aux Byzantins de gagner du terrain. Après s’être alliés aux Avars, les Perses tenteront un assaut final sur Constantinople en 626, mais seront défaits. Héraclius put alors s’enfoncer jusqu’au cœur de l’empire perse en 627 ne laissant à ses adversaires d’autre alternative que de demander la paix.

626 - Échec des Avars devant Constantinople. Révolte des Slaves contre les Avars. Deuxième migration des Serbes et des Croates dans les Balkans selon Constantin VII Porphyrogénète (De Administrando Imperio) quand l'empereur byzantin Héraclius demande l'aide des Slaves du Nord des Carpates contre les Avars. Dans l’empire byzantin, les envahisseurs slaves forment des « sklavinies », petites principautés indépendantes les unes des autres, qui échappent plus ou moins complètement au pouvoir de l’empereur.

Christ couronnant Constantin VII (945).Dated back to 945, the piece passed from the treasury at Etchmiadzin to the collection of Count Sergey Uvarov in the mid-19th century.Source: English Wikipedia, original upload 13 July 2005 by Ghirlandajo Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

626/629 - Les Slaves alpins se heurtent aux Bavarois sur le cours supérieur de la Drave.

627 - Bataille du fossé.
En 627, la bataille de la tranchée est un des épisodes de la guerre entre le prophète de l'islam, Mahomet, exilé à Médine, et les habitants de La Mecque qui l'avaient contraint à l'exil en 622. Elle est aussi appelée bataille du fossé, ou bataille des coalisés, ce dernier nom se réfère à la sourate XXXIII intitulée Les Coalisés qui prophétise le déroulement et l'issue de la bataille.

Bataille de Ninive.
La bataille de Ninive a été la bataille décisive de la guerre ayant opposé l'empire byzantin à l'empire sassanide entre 602 et 628. La victoire des byzantins fut le signe du déclin de la dynastie sassanide et restaura pour un temps les anciennes frontières de leur empire. Cette résurgence de prestige ne dura toutefois que quelques décennies puisque les premiers califats musulmans émergaient dans le même temps dans le désert d'Arabie et allaient amener l'empire byzantin au bord de la destruction.

Réorganisation de l'Empire byzantin : création de circonscriptions militaires pour éviter l'emploi de Barbares mercenaires, à l'origine des thèmes.
Les thèmes (ou en grec themata, singulier thema, « corps d'armée », puis par extension « région militaire ») furent des divisions administratives de l'Empire byzantin.

Personnages significatifs

Clotaire II dit le Jeune, né en mai 584, mort le 18 octobre 629, est roi de Neustrie de 584 à 613 et roi des Francs de 613 à 629, après la conquête du royaume d'Austrasie et du royaume de Bourgogne.
Sa victoire de 613 sur la reine Brunehilde (Brunehaut) met fin à la longue période de guerres entre rois francs, commencée en 570, et dont deux protagonistes ont été les parents de Clotaire, Chilpéric Ier et Frédégonde.

Clotaire II traite avec les Lombards.Attilio in en-Wiki, Claus Ableiter tranferred in Commons Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

L'édit de Clotaire II, Chlotarii II Edictum en latin, ou édit de Paris est promulgué par le roi des Francs Clotaire II, le 18 octobre 614 à Paris. Il est l’un des plus important instrument royaux de la période mérovingienne et une marque du développement de la monarchie franque. C’est l’un des derniers capitulaires mérovingiens, une série d'ordonnances juridiques régissant l'église et le royaume.

Souscription de Clotaire II au bas d'un diplôme datant de 625. Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Dagobert Ier, né vers 602/605, mort le 19 janvier 638 ou 639, est un roi des Francs de la dynastie mérovingienne. Fils de Clotaire II (584-629), un arrière-petit-fils de Clovis, il règne sur l'Austrasie de 622 à 632 et est roi des Francs de 629 à 639. Durant cette période, il a sa résidence le plus souvent autour de Paris, notamment à Clichy (actuel département des Hauts-de-Seine).

Dagobert Ier chassant le cerf. Vie de saint Denis, XIIIe siècle, Paris. Bibliothèque Nationale de France. Vie de saint denis http://mandragore.bnf.fr/ Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Edwin de Northumbrie
Edwin ou Eadwine (vers 585 – 12 octobre 632 ou 633) est roi de Deira et de Bernicie de 616 à sa mort. Il est le deuxième monarque à régner en même temps sur les deux royaumes, qui fusionnent par la suite pour donner la Northumbrie.

Edwin vu par le cartographe John Speed (1611).John Speed's Saxon Heptarchy map, from his Theatre. Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Héraclius Ier (en latin Flavius Heraclius) ou Hérakleios (en grec ancien Ηράκλειος) (né vers 575, mort le 11 février 641), est empereur byzantin de 610 à 641, fondateur de la dynastie des Héraclides.

Multscher-Tafel (Flügel eines Altars (zersägt), um 1440, Innenseite), Sammlung Waldburg-Wolfegg, Leihgabe im Ulmer Museum.untere Tafel: Kreuztragung des Kaisers Heraklius; Tannenholz, 83 x 98 cm;Werkstatt des Hans Multscher Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Honorius Ier, né en Campanie à une date inconnue et mort à Rome le 12 octobre 638, fut pape de 625 à 638. Fils d'un consul honoraire, il est élu en succession de Boniface V et consacré le 27 octobre 625. L'empereur Héraclius étant en campagne, il ne peut confirmer l'élection. Pour éviter tout délai, c'est donc l'exarque de Ravenne qui procède à cette formalité.Honorius poursuit les travaux d'urbanisation de Rome menés par la papauté. À cet effet, il fait enlever les tuiles en bronze doré du temple de Rome (en fait la basilique de Maxence) pour réparer le toit de la basilique Saint-Pierre. Il fait également bâtir de nombreuses églises et transformer la Curie Julia en église.Son corps repose à la basilique Saint-Pierre.

Mosaic depicting Pope Honorius I, from the basilica of Sant'Agnese fuori le mura, Rome. http://www.santagnese.org/galleria_foto.htm Wikimédia Commons

Khosro II ou Khosrow II (Chosroès en grec), parfois appelé Parviz (« le Victorieux »), est un empereur sassanide ayant régné de 590 à 628.Fils de Hormizd IV († 590) et petit-fils de Khosro Ier († 579), Khosro II est mis sur le trône par les grands qui se sont rebellés contre son père jusqu'en 590, lequel est peu après aveuglé et tué. Mais dans le même temps, le général Bahram Chûbin se fait proclamer roi sous le nom de Vahram VI (590–591), et Khosro II est incapable de se maintenir.

Chérubin et l'empereur byzantin Héraclius soumettant le roi sassanide Khosro II, plaque provenant d'une croix. Émail champlevé sur cuivre doré, 1160-1170, vallée de la Meuse.Louvre Museum Department of Decorative Arts, Richelieu, first floor, room 2 Jastrow (2006)/Wikimédia Commons

Khosro II fuit en Syrie et persuade l'empereur Maurice Ier (582–602) de lui envoyer de l'aide contre la promesse d'avantages territoriaux. Ainsi Khosro II pénètre-t-il en territoire perse appuyé par une armée byzantine, renforcée de contingents arméniens et de loyalistes sassanides. Après de durs combats, Bahram Chûbin est vaincu près de Ganzak (Azerbaïdjan actuel). Khosro II, et avec lui la dynastie sassanide, retrouve son trône, l’intermède de Bahram Chûbin n’ayant duré qu’une année. Le Roi des rois fraîchement rétabli honore ses promesses, et l’Empire byzantin retrouve ses frontières orientales de 502.

Mahomet
Le Coran affirme que la venue de Mahomet comme messager venant pour toute l'humanité est annoncée dans la Tawrat (la Torah) et dans l'Injil (l'Évangile) sous le nom de Ahmed : « Et quand Jésus fils de Marie dit : ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager de Dieu [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Torah, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera Ahmad. Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent : C’est là une magie manifeste. »

Close-up of a medieval-era drawing showing Mohammed preaching, along with a Christian-style halo. http://www.zombietime.com/mohammed_image_archive/ This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Samo de Bohême
Sámo, un Franc, fut roi de Bohême des environs de 623 à 658.
Le règne de Sámo est un moment identifié comme fondateur dans l'Histoire de la Bohème et dans l'Histoire de la Slovaquie. Il reste toutefois difficile de séparer le réel de la légende.

Shōtoku (prince)
Le prince Shōtoku est surtout connu pour avoir développé le bouddhisme au Japon. C'est lui qui ordonna la construction du temple Shitennō-ji dans la province de Naniwa (de nos jours Ōsaka). Pour accomplir cette construction, il fit venir des membres de la famille Kongō depuis la Corée, et de cette façon, il eut un rôle central dans la formation du Kongō Gumi, la plus vieille entreprise en activité continue du monde.
Il soutint le temple Hōryū-ji dans le Yamato. Les documents conservés au Hōryū-ji affirment que le temple fut fondé par l'impératrice Suiko et par le prince Shōtoku en 607 mais aucune preuve archéologique ne corrobore cette affirmation.

Shotoku killing Moriya no Omuraji 1879 http://www.yoshitoshi.net/series/generals.html Tsukioka Yoshitoshi Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Songtsen Gampo
Songtsen Gampo (wylie : Srong-btsan sgam-po, né vers 609-613 - mort en 650), 33e souverain de la dynastie Yarlung, fut avec Trisong Detsen et Tri Ralpachen l'un des « trois rois religieux » du Tibet.

Emperor Songtsän Gampo with Princesses Wen Cheng and Bhrikuti Devi Image:SongstanGampo.jpg en:User:Dr. Blofeld This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Il unifia le Tibet, fonda Lhassa où il installa sa résidence principale et son administration, et fit construire le premier bâtiment du Palais du Potala. Yumbulagang était son palais d'été où la princesse Wencheng de la Dynastie Tang le rejoint avant que Songtsen Gampo ne déplace son siège principal à Lhassa. Il donna au royaume du Tibet les frontières qui seront encore les siennes au début du XXe siècle. Il fit construire les temples de Jokhang et de Ramoché. Sous son règne sera créée l'écriture tibétaine.

Statue de Songtsen Gampo à cheval, Dehradun, devant le bibliothèque de Songtsen Flickr: The King Songtsen Gampo Bhavna Sayana/Wikimédia Commons

Swinthila est un roi wisigoth d'Espagne qui règne de 621 à 631/633. Né vers 580, il est le fils du roi Récarède et de la princesse franque Chlodoswinthe d'Austrasie, fille de la reine Brunehilde, elle-même princesse wisigothe. Il sert le roi Sisebuth dans sa lutte contre les Byzantins puis prend le pouvoir après avoir renversé son successeur, le roi Récarède II, au pouvoir depuis peu, grâce au soutien de la noblesse wisigothique. Plus tard, il associera son fils Ricimer au trône.

Votive crown of Suithila, Madrid (stolen in 1921). Images of Spanish architecture from a unique set of pre-World War I lantern slides. These are all public domain.http://flickr.com/photos/ndalls/sets/72157600313357829/

La couronne de Swinthila se trouve actuellement au Musée national du Moyen Âge, à Paris.

Tang Taizong
L'empereur Tang Taizong (chinois : 唐太宗 ; pinyin : Táng Tàizōng; 23 janvier 599 - 10 juillet 649), né Li Shimin (李世民, Lĭ Shìmín) fut le deuxième empereur de la dynastie Tang de Chine. Il régna de 626 à 649. Second fils de Li Yuan, il est considéré comme le cofondateur de la dynastie par l'appui militaire essentiel qu'il apporta à son père dans la conquête du trône avant de provoquer son abdication et de le remplacer à 27 ans en prenant le nom de Tang Taizong.

Dans les premiers temps, Lĭ Shìmín 李世民 (Futur Táng Tàizōng 唐太宗) agit sous couvert de son père, le gouverneur insurgé Lĭ Yuan 李渊 (Empereur Táng GāoZǔ 唐高祖 après 618). http://www.chinapage.com/emperor/tang0801.html User Kellerassel on de.wikipedia Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

L'Empire naissant, des hommes de compromis
Dans les premières années de la dynastie Tang, l'Empereur Gaozu puis Taizong lui-même avaient récompensé de nombreux rebelles ou locaux puissants par de nombreux titres, offices, et responsabilités, afin d'acheter leurs collaborations, leurs redditions, ou afin qu'ils assistent les armées Tang au combat. Des préfectures et comtés sont fréquemment divisés afin de créer artificiellement et d'offrir davantage d'offices, doublant de Sui Yangdi à la fin du règne de Tang Gaozu. Cette politique -relativement classique- facilite la réunification, la pacification et la stabilisation des territoires conquis.
Désormais maître d'une Chine réunifiée, ces opposants ralliés à qui tant de titres, d'offices, et de responsabilités avaient été données ou promises se voient doucement écartés par Taizong et son administration centrale qui fusionne maintenant les préfectures afin d'optimiser l'appareil étatique, et de réduire les acteurs du pouvoir. Sous ordre de Taizong et sous la direction de Fang Xuanling, l'administration centrale s'emploie dès 627, d'une manière ou d'une autre, à casser les postes de complaisance, et impose des érudits compétents. C'est une volonté franche d'instaurer une véritable méritocratie afin de renforcer et stabiliser cet empire naissant.

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samedi 19 mai 2012

Yves Hélory de Kermartin

Saint Yves Hélory de Kermartin, Yves de Tréguier ou simplement saint Yves dans la tradition catholique, est né vers 1250 et mort en 1303. En breton, il est appelé sant Erwan dans le Trégor, Iwan, Youenn ou Eozen dans d'autres régions. Prêtre et official du diocèse de Tréguier, il a consacré sa vie à la justice et aux pauvres. L'Église catholique l'a reconnu saint et le fête le 19 mai. Il est le saint patron de toutes les professions de justice et de droit, notamment celle d’avocat. Il est également saint patron de la Bretagne. Sa fête tend de plus en plus à être considéré comme la fête de la Bretagne.

Huelgoat : église paroissiale, vitrail de saint Yves Moreau.henri/Wikimédia Commons
Yves Hélory (ou Héloury) est né au milieu du XIIIe siècle, probablement le 17 octobre 1253, dans une famille noble au manoir de Kermartin sur la paroisse de Minihy-Tréguier. À l'âge d'environ 14 ans, il part étudier à Paris, accompagné de son précepteur Jean de Kergoz (Kerc'hoz). Il y fait ses humanités, suivant des cours de théologie probablement à la Sorbonne. Ces premières études achevées, il étudie le droit à l'université d'Orléans dont la faculté est réputée à travers toute l'Europe à cette époque. Déjà, il se fait remarquer par sa vie de privation en faveur des pauvres. Ses études achevées, il revient travailler en Bretagne à Rennes dans un premier temps, où il devient conseiller juridique du diocèse. L'évêque de Tréguier remarque ses talents et le presse de revenir à Tréguier. En 1284, l'évêque de Tréguier le nomme official, l'ordonne prêtre et lui confie successivement les paroisses de Trédrez et de Louannec, proches des terres de son enfance.

Groupe sculpté de Saint-Yves entre le pauvre et le riche, église Saint-Yves du Huelgoat (Finistère). Moreau.henri/Wikimédia Commons

Yves étonne ses paroissiens en prêchant en breton, alors que ses prédécesseurs le faisaient en latin, rendant ainsi accessible au peuple la compréhension de l'Évangile et de son message. Il se déplace beaucoup à pieds dans la région de Tréguier, est vu plusieurs fois dans la même journée à des lieux différents et de bonne distance. Les gens l'apprécient pour sa façon de rendre la justice, il est réputé pour son sens de l'équité qui lui interdit de privilégier le riche sur le pauvre. L'enquête de canonisation nous fournit un certain nombre de témoignages sur ce que fut sa vie et la manière dont les gens le percevaient. Ceux qui l'ont connu témoignent, ceux qu'il a guéris racontent. Un certain nombre de faits sont ainsi rapportés sur la manière dont Yves Hélory rendait justice. Ainsi à Rennes, doit-il traiter une affaire opposant un aubergiste à un mendiant. Ce dernier est accusé par le premier d'avoir été pris à rôder autour des cuisines; comme l'aubergiste ne peut l'accuser d'avoir volé de la nourriture, il l'accuse de se nourrir des odeurs de sa cuisine… Le jugement a dû en étonner plus d'un ! Yves Hélory prend quelques pièces dans sa bourse et les jette sur la table devant lui ; l'aubergiste tend la main pour les prendre mais saint Yves retient sa main. L'aubergiste s'exclame : « c'est à moi » Yves lui répond « ah non ! le son paye l'odeur, à cet homme l'odeur de ta cuisine, à toi le son de ces pièces ! ». En arrière-fond de ce petit épisode plutôt amusant, saint Yves sera reconnu par les démunis comme l'avocat qui fait justice aux pauvres et ne tient pas compte de la condition sociale. C'est ainsi qu'autrefois dans un vieux cantique populaire, on le fêtait en chantant « Sanctus Yvo erat brito; advocatus sed non latro, res mirabilis populo », « Saint Yves était breton, avocat mais pas voleur, chose admirable pour le peuple ! ».


Statuette de Saint Yves, patron de la Bretagne et des hommes de loi. Il protège l'homme pauvre, et refuse l'argent que lui propose l'homme riche. Faïence de Quimper.Jebulon/Wikimédia Commons

Son attachement aux pauvres et au soulagement de leur misère est de notoriété publique. Il a dû bien scandaliser sur le moment ces deux femmes qui bavardaient près de l'Hôtel-Dieu à Tréguier. Elles rapporteront le fait au procès de canonisation : entré environ une heure plus tôt dans l'hospice, Yves en sort à moitié nu et passe devant elles en courant vers Minihy où se trouve son manoir. Les femmes se demandent ce qui a bien pu se passer, elles entrent dans l'Hôtel-Dieu et remarquent qu'un malade porte telle pièce des vêtements d'Yves, un autre telle autre, etc.


Mausolée dans la Cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier Derepus/Wikimédia Commons

On lui prête également des miracles, comme celui d'avoir sauvé des gens de la noyade. Après une vie d'ascèse, de prière et de partage, mangeant très peu et vivant très pauvrement en distribuant ce qu'il a (il ne mangeait que deux œufs le jour de Pâques et tenait table ouverte pour les pauvres en son manoir), Yves Hélory s'éteint le 19 mai 1303. Ses obsèques à la Cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier où est érigé son mausolée, sont l'objet d'un faste et d'une ferveur populaire extraordinaire ; pour tous, il devient le « mirouër3 des ecclésiastiques, avocat et père des pauvres, veuves et orphelins ».

Vénération et iconographie

Moins de 50 ans après sa mort, en 1347, le pape Clément VI lui accorde la sainteté. Son culte s'est répandu dans toute l'Europe, jusqu'à Rome où deux églises lui sont dédiées. En effet, dès la première moitié du XVe siècle, Mgr Alain de Coetivy obtint du pape Nicolas V la concession d'une église bâtie probablement au XIIe siècle et placée alors sous le patronage de saint André. Par bulle du 16 septembre 1455, Calixte III, successeur de Nicolas V, ratifiait cette décision. Cette vieille église (probablement dans le style de Santa Maria in Cosmedine à Rome) fut détruite en 1875 pour cause de vétusté et reconstruite dans le même temps plus petite dans un style néo-renaissance florentine. Un tympan en terre cuite vernissée surmonte la porte d'entrée principale et représente au centre une Vierge à l'Enfant, à sa droite saint Yves et à sa gauche saint Bernard. L'ancienne église conservait de nombreuses pierres tombales de bretons décédés à Rome et enterrés dans l'église. Elles ornent aujourd'hui le cloître de Saint-Louis-des-Français à Rome.

Église Saint-Louis-des-Français La façade de l'église Lalupa/Wikimédia Commons

La façade a été restaurée pour l'année 2003, année du septième centenaire de la mort du saint. Cette petite église dite « Saint-Yves-des-Bretons » (Sant'Ivo dei Bretoni), située au n° 8 Vicolo della Campana se visite sur demande auprès du recteur de Saint-Louis-des-Français. Le 19 mai, chaque année, une messe en français y est célébrée en l'honneur de saint Yves. La seconde église dédiée au saint s'appelle Sant'Ivo alla Sapienza.

Sant'Ivo, façade concave enserrée dans les ailes du Palazzo alla Sapienza. LPLT/Wikimédia Commons
Église originale en particulier par la tour qui la surmonte représentant la tour de Babel. Elle fut construite entre 1642 et 1660 par Borromini dans l'enceinte du Palazzo della Sapienza abritant alors le Studio Romano qui devint ensuite l'université de Rome (jusqu'en 1935). À l'intérieur de l'église, se trouve un retable représentant saint Yves commencé par Pierre de Cortone (1596-1669) et achevé par un ou plusieurs de ses élèves. D'autres églises furent consacrées à saint Yves à travers l'Europe : en Espagne, en Allemagne, et aux Pays-Bas.
Saint Yves entre le riche et le pauvre (bois polychrome du XVIe siècle, Cathédrale Saint-Corentin de Quimper)
Son culte est resté particulièrement vivace en Bretagne: les chapelles qui lui sont dédiées, les statues le représentant sont innombrables ; les récits hagiographiques également comme, à titre d'exemple, celui-ci :
Quand les Bretons voyaient passer dans la campagne
Saint Yves revêtu de son grand manteau blanc
Ils se disaient que Dieu l'avait mis en Bretagne
Pour défendre des grands les faibles, les petits.
À son nom s'éveillaient, sur leurs couches funèbres
Des enfants dont les mères avaient fermé les yeux
Les marins l'invoquaient au milieu des ténèbres,
Et leurs barques passaient les brisants périlleux.


Français : Exposition "Le Beau XVIe siècle".Saint Yves Vers 1500 Statue, calcaire Chaumont (Haute-Marne) - Classé monument historique le 08.02.1908.Tinodela/Wikimédia Commons

Il est le saint patron de toutes les professions de justice et de droit, notamment celle des avocats. Chaque 19 mai, à Tréguier (Côtes d'Armor), lors de la Fête de la Saint-Yves une délégation de ces professions accompagne le pardon à saint Yves qui est une des grandes fêtes religieuses bretonnes, au même titre que le pardon de Sainte-Anne-d'Auray.
On le représente généralement avec une bourse dans une main, pour signifier tout l'argent qu'il a donné aux pauvres dans sa vie, et un parchemin dans l'autre, qui rappelle sa charge de juge ecclésiastique. Il est également souvent figuré entre un homme riche et un homme pauvre.

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