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samedi 8 juin 2013

Les années 260 (de 260 à 269) Culture

Inventions, découvertes, introductions

263 : le mathématicien chinois Liu Hui termine un commentaire détaillé des Neuf Chapitres sur l'art mathématique.
Liu Hui était un mathématicien chinois qui vivait au IIIe siècle après J.C.
En 263 il publie un livre avec des solutions aux problèmes présentés dans le célèbre livre chinois de mathématiques connu sous le nom Jiuzhang Suanshu ou Les neuf chapitres sur l'art mathématique, traduit en français par Guo Shuchun, de l'Académie chinoise des sciences.

Les Neuf Chapitres sur l'art mathématique Transfered from en.wikipedia Transfer was stated to be made by User:Otso Huuska. Original uploader was HELLO, WORLD! at en.wikipedia Domaine public

Dans ces commentaires, il présente :
une estimation de p à 3,14162 et suggère que 3,14 est une bonne approximation ;
la méthode d'élimination de Gauss ;
le principe de Cavalieri pour trouver le volume du cylindre.
Il présente aussi, dans une annexe séparée appelée Haidao suanjing ou Le manuel mathématique de l'île de la mer, plusieurs problèmes d'arpentage.

Art et culture

Plotin

Plotin Philosophe alexandrin Antiquité tardive Ostiense Museum, Ostia Antica - ROME, Italy Domaine public

Plotin (205 - 270 après J.-C.) était un philosophe grec de l'Antiquité tardive. Il fut le fondateur d'un courant philosophique appelé « néoplatonisme », qui influença de manière profonde la philosophie occidentale. Il installa son école à Rome en 246, et son premier disciple fut Amélius. Sa relecture des dialogues de Platon fut une source d'inspiration importante pour la pensée chrétienne, en pleine formation à l'époque, puis pour saint Augustin. L'intégralité de ses écrits a été publiée, par un autre disciple fidèle, Porphyre de Tyr, dans les Ennéades.

Plotin et ses disciples. http://www.crystalinks.com/plotinus.html Domaine public

La pensée de Plotin est originale en ce qu'elle approfondit la réflexion de Platon et d'Aristote sur la nature de l'Intelligence, mais aussi et surtout en ce qu'elle pose un au-delà de l'intelligence, à savoir l'Un. Pour Plotin, l'univers est composé de trois réalités fondamentales : l'Un, l'Intelligence et l'Âme. L'homme qui fait partie du monde sensible doit, par l'introspection, remonter de l'Âme à l'Intelligence, puis de l'Intelligence à l'Un et accomplir ainsi une union mystique avec le dieu par excellence.

Sources sur Plotin
Porphyre, Vie de Plotin
Porphyre, Contre les chrétiens, fragment 39 (éd. Harnack) (= Eusèbe, Histoire ecclésiastique, VI, 19).
Longin
Eunape de Sardes, Vies des sophistes, chapitre II (vers 395).

Le roi de Perse Chahpuhr Ier semble avoir encouragé la doctrine de Mani. Il fonde une capitale, GundeShâhpuhr près de Suse et bâtit sans doute le palais de Ctésiphon.
L’Académie de Gundishapur à l'ouest de l'Iran, était une célèbre Académie universitaire de la ville de Gundishapur qui fut, au cours de l’Antiquité tardive, le centre intellectuel de l’empire sassanide. Ainsi que l'explique la Chronique de Séert, cette ville est la conséquence de la déportation de la population chrétienne d'Antioche et de leur évêque Demetrianos en 270 par le roi Shapur Ier, mais l'école a commencé ses activités beaucoup plus tard. L'hôpital de Gundishapur est le plus ancien hôpital d'enseignement connu. L'Acadèmie comprenait aussi une bibliothèque et un observatoire. Elle était située dans l'actuelle province du Khuzestan, dans le sud-ouest de l'Iran, près de la rivière Karoun. Elle proposait l’enseignement de la médecine, de la philosophie, de la théologie et des sciences. Le corps professoral était versé non seulement dans les traditions zoroastriennes et perses, mais enseignait aussi les langues grecques et indiennes. Selon les historiens le Cambridge de l'Iran, était le centre médical le plus important de l'ancien monde (défini comme le territoire de l'Europe, de la Méditerranée et du Proche-Orient) au cours des VIe et VIIe siècles.

Ctésiphon (Tâgh-i Kasrâ). Dessin du capitaine Hart, 1824.Domaine public

Ctesiphon. Iraq 3-anna stamp of 1923, scanned by User:Stan Shebs Category:Stamps Domaine public


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jeudi 6 juin 2013

Les années 240 (de 240 à 249) Culture

Religion et philosophie

240-242 : début de la prédication de Mani (années 240 Histoire) en Iran. Sa doctrine est fondée sur la connaissance, source de salut, et accentue l’opposition entre le Bien et le Mal. Il bénéficie du soutien officiel de Shapur Ier pour la diffusion de sa doctrine suite à un entretien qui aurait eu lieu le jour du couronnement du roi sassanide.

243-244 : le philosophe Plotin rejoint la suite de Gordien III à Antioche pour l'accompagner dans sa campagne contre les Perses, dans l'intention de découvrir les philosophies orientales et indiennes.

Vers 244 : Beryllus, évêque de Bosra, en Arabie, enseigne que Jésus-Christ n'a pas joui d'une existence particulière avant de paraître parmi les hommes, et qu'il n'a pas d'autre divinité que celle du Père qui est en lui. Origène le convainc de retourner à l'orthodoxie lors du concile d'Arabie en 244.

Vers 245 : Origène publie les Hexaples, réunissant six versions de l'Ancien Testament, ouvrage sur lequel il a travaillé pendant près de trente ans (215-245).
Hexaples (du grec ancien ??ap?? [hexapla], « sextuple ») est un terme désignant une Bible polyglotte réunissant six versions différentes. Il désigne en particulier l'édition exégétique de l'Ancien Testament réalisée par Origène avant 245, qui plaçait côte à côte les versions suivantes :
Le texte consonantique Hébreu
La translittération de l'hébreu en caractères grecs
La traduction grecque d'Aquila de Sinope
La traduction grecque de Symmaque
La traduction grecque des Septante
La traduction grecque de Théodotion
Cet ouvrage, souvent cité dans les premiers temps du christianisme, avait pour but de mettre un terme aux disputes qui s'élevaient sans cesse entre les Juifs et les Chrétiens au sujet de l'interprétation des Écritures3.

246 : Plotin fonde une l'école néoplatonicienne de Rome.
Plotin et Porphyre considèrent la pratique religieuse comme indigne du sage, parce qu'il est capable d'atteindre Dieu directement par l'élévation spirituelle de sa pensée.
À la suite du moyen-platonisme, l'école néoplatonicienne de Rome s'efforce de trouver entre Platon et Aristote un accord, ou une relation d'approfondissement.
« Enfin brilla la sagesse d'Ammonios, qu’on célèbre sous le nom d’« inspiré de Dieu ». Ce fut lui, en effet, qui, purifiant les opinions des anciens philosophes et dissipant les rêveries écloses de part et d’autre, établit l’harmonie entre les doctrines de Platon et d’Aristote dans ce qu’elles ont d’essentiel et de fondamental... Ce fut Ammonios d’Alexandrie, l’inspiré de Dieu, qui le premier, s’attachant avec enthousiasme à ce qu’il y a de vrai dans la philosophie et s’élevant au-dessus des opinions vulgaires qui rendaient la philosophie un objet de mépris, comprit bien la doctrine de Platon et d’Aristote, les réunit en un seul et même esprit, et livra ainsi la philosophie en paix à ses disciples Plotin, Origène et leurs successeurs. »
— Hiéroclès d'Alexandrie, cité par Photius, Bibliothèque, p. 127, 461

247 : mort de Rav à Soura ; l’école de Nehardea, dirigée par Shmouel, devient le foyer d’étude et d’enseignement rabbinique le plus important de Babylonie jusqu’à sa destruction en 259. Une autre académie fondée dans la ville de Poumbedita sur l’Euphrate sera le centre de l’autorité religieuse de tous les Juifs babyloniens jusqu’au milieu du IVe siècle. Deux érudits de cette académie, Abaye et Rava, deviennent célèbres par leurs débats. Rava, devenu marchand de vin, créera une académie à Mahuza, près de Ctésiphon sur le Tigre.

Vers 248 : Contre Celse, d’Origène, réfutation du Logos alèthès (discours vrais) du polémiste antichrétien Celse qui vivait sous Marc Aurèle. Ce dernier reprochait aux chrétiens de s’adonner à la superstition et de faire sécession dans l’État.
Extraits des propos de Celse
« Il est une race nouvelle d’hommes nés d’hier, sans patrie ni traditions, ligués contre toutes les institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, universellement notés d’infamie, mais se faisant gloire de l’exécration commune : ce sont les chrétiens […].
Dans ces derniers temps, les chrétiens ont trouvé parmi les juifs un nouveau Moïse qui les a séduits mieux encore. Il passe auprès d’eux pour le fils de Dieu et il est l’auteur de leur nouvelle doctrine […]. On sait comment il a fini. Vivant, il n’avait rien pu faire pour lui-même ; mort, dites-vous, il ressuscita et montra les trous de ses mains. Mais qui a vu tout cela ? […]
Soutenez l’empereur de toutes vos forces, partagez avec lui la défense du droit ; combattez pour lui si les circonstances l’exigent ; aidez-le dans le commandement de ses armées. Pour cela, cessez de vous dérober aux devoirs civils et au service militaire ; prenez votre part des fonctions publiques, s’il le faut, pour le salut des lois et la cause de la piété. »

248 : L’Église de Rome dispose d’un clergé de 155 membres et entretient 1500 veuves et pauvres.

L'évêque de Rome Fabien (voir les années 230) (236-250) envoie en Gaule sept missionnaires pour évangéliser les grandes villes : Gatien à Tours, Trophime à Arles, Paul à Narbonne, Saturnin à Toulouse, Austremoine à Clermont, Denis à Paris, et Martial à Limoges.

Art et culture

244-245 : reconstruction de la synagogue de Doura Europos, ornée de fresques figuratives uniques à ce jour pour une synagogue antique.

Panneau central au-dessus de la niche de la Torah dans la synagogue de Doura-Europos.     This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

La synagogue de Doura Europos est un édifice de culte juif situé dans la ville hellénistique et romaine de Doura Europos dans la province de Syrie (à l'extrême sud-est de la Syrie d'aujourd’hui sur le moyen Euphrate, à 24 kilomètres au nord de la cité antique de Mari). C'est l'un des monuments les plus importants pour l'étude de l'art juif dans l'Antiquité.

Une des fresques de la synagogue de Doura Europos : la fille d'un pharaon, entourée de suivantes, recueille Moïse bébé d'un panier flottant sur un cours d'eau.     http://www.flickr.com/photos/becklectic/85325008/This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Succédant à un premier édifice datant de la seconde moitié du IIe siècle, la synagogue fut reconstruite vers 244-245 et surtout dotée d'un ensemble de fresques figuratives unique à ce jour pour une synagogue antique. La destruction volontaire, mais partielle, de l'édifice lors des travaux de fortification de la ville en prévision d'une attaque sassanide en 256 eut pour résultat la préservation d'une grande partie du décor peint. La destruction de la ville à la fin du siège qui s'ensuivit et la déportation de la population par les Perses mirent fin à l'occupation du site, ce qui explique son état exceptionnel de conservation jusqu'aux premières fouilles archéologiques. Celles-ci intervinrent sous le mandat français en Syrie entre 1921 et 1933 et virent le dégagement complet des vestiges de la synagogue. Les fresques furent déposées au Musée national de Damas dont elles constituent l'une des pièces maîtresses.


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