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samedi 25 février 2012

Maître de Bedford

Le Maître de Bedford, ou Maître du duc de Bedford, est un enlumineur qui fut actif à Paris dans la première moitié du XVe siècle.

L'artiste anonyme français doit son nom au commanditaire de deux de ses chefs d'œuvre, le duc de Bedford Jean de Lancastre, pour qui il exécuta entre 1423 et 1435 le Bréviaire de Salisbury (Bibliothèque nationale de France, Paris) et un livre d'heures, les Heures du duc de Bedford (British Library, Londres, ms add. 18 850).

Clovis recevant la fleur de lys. Bedford Book of Hours, 1423.http://admissions.uwa.edu.au/__data/page/74416/Fleurdelys.gif Domaine publique

À sa première phase d'activité, vers 1405-15, se rattachent des œuvres probablement réalisées en collaboration avec le Maître de Boucicaut ou le Maître de Rohan : un Bréviaire (Bibliothèque municipale, Châteauroux, France) ; le Livre des Merveilles et le Livre du roi Modus (tous deux à la Bibbliothèque nationale de France, Paris).

La tour de Babel, Heures du duc de Bedford 41 x 28 cm, British Library, London 1423 Domaine publique

Après les travaux pour le duc de Bedford et l'installation à Paris d'un atelier florissant, qui joua un rôle décisif dans le second quart du XVe siècle, en particulier dans la formation des peintres franco-flamands de la génération de Jean Fouquet et de Robert Campin, on attribue encore au Maître de Bedford les Heures Sobieski (Château de Windsor) ; un Livre d'Heures (vers 1423, Bibliothèque nationale autrichienne, Vienne) ; une Bible en français (Bibliothèque nationale de France, Paris) ; enfin les Heures d'Isabelle de Bretagne (Fondation Calouste-Gulbenkian, Lisbonne).

Toppling of the Pagan Idols (Flight into Egypt); Isaiah 19:1, Pseudo-Matthew 22-23 Date 1423 http://www.osjoseph.org/stjoseph/art/detail.php?id=410 Bedford Master Domaine publique

Wikipédia

vendredi 2 décembre 2011

Maître de Boucicaut

Le Maître de Boucicaut ou Maître du maréchal Boucicaut est un enlumineur français ou flamand actif dans le premier quart du XVe siècle, en particulier entre 1405 et 1420.
Il doit son nom aux Heures du maréchal Boucicaut, livre d'heures commandité par le maréchal Boucicaut et réalisé entre 1410 et 1415.

Heures du maréchal Boucicaut L'annonce aux bergers

Certains l'identifient à Jacques Coene (actif entre 1398 et 1404), directeur du chantier du Duomo de Milan dans la première décennie du Quattrocento.

Son rôle fut important pour la peinture du XVe siècle : ses œuvres font partie des antécédents les plus directs de la nouvelle approche spatiale et de la lumière chez Jean Fouquet et les Flamands à partir de Jan van Eyck.

Heures du maréchal Boucicaut La fuite en Égypte

Grâce à la découverte de nouveaux liants, il put disposer de couleurs plus brillantes, capables de créer de la transparence (comme pour les ciels, où il fut le premier à faire des dégradés jusqu'aux plus clairs en rejoignant l'horizon) et de rendre les détails avec une plus grande précision.

Le Maître de Boucicaut est souvent comparé au Maître de Bedford et au Maître de Rohan ; on lui a longtemps attribué des œuvres récemment regroupées sous le nom du Maître de la Mazarine.

Heures du maréchal Boucicaut La Pentecôte

Bibliographie
Gabriele Bartz, Der Boucicaut-Meister. Ein unbekanntes Stundenbuch. Rotthalmünster, 1999.
Pierluigi De Vecchi ed Elda Cerchiari, I tempi dell'arte, volume 2, Bompiani, Milan, 1999.


Wikipédia et Art de l'enluminure N°6

dimanche 20 novembre 2011

Enluminures

Extraits tirés du livre "Manuscrits enluminés occidentaux. VIII°-XVI° siècles" de Tamara Voronova et Andréï Sterligov, Editions Parkstone Aurora.

Evangiles. Northumbrie (?).
Fin du XIII° siècle
Page d'initiales de l'Evangile selon
Matthieu (Liber generationis). F° 18.

"L'importance de l'enluminure pour l'histoire de l'art ne peut s'apprécier si l'on ne tient pas compte d'un autre facteur. Parmi tous les objets d'art, le livre illustré est la forme d'art la plus aisément transportable. Parmi les articles colportés par les marchands se trouvaient des manuscrits enluminés. En se mariant, les princesses emportaient avec elles les œuvres des meilleurs enlumineurs de leur pays ; les livres étaient transmis en héritage aux fils qui partaient pour de nouveaux domaines, échoyaient aux vainqueurs à titre de trophées. les manuscrits enluminés voyageaient dans toute l'Europe, faisant connaître les goûts, les idées et les styles nouveaux...

(...) les ouvrages illustrés servaient, dans l'élaboration des scénarios sculpturaux des cathédrales romanes et gothiques, de source d'inspiration pour les thèmes, les images, l'iconographie au sens large et stricte du terme. Les émailleurs, sculpteurs sur ivoire, tapissiers, maîtres verriers et même les architectes, utilisaient des images qu'ils traient des livres. Il existait bien entendu une influence inverse, parfois très forte, la miniature étant alors fécondée par les progrès d'autres arts plastiques ; cependant, même dans ce cas, son étude est d'un apport considérable pour la compréhension de la culture du passé. Jusqu'au milieu du XV° siècle, Jean Fouquet compris, les maîtres miniaturistes français s'inspirèrent de la remarquable sculpture gothique. Au XIII° siècle, le vitrail exerça une grande influence sur l'enluminure ; au XIV° siècle, ce furent sans contexte les fresques italiennes ; au XV° siècle, la miniature ne laissa pas passer les découvertes fondamentales des maitres de la peinture flamande, ni celles des architectes et sculpteurs italiens ou des peintres du Quattrocento. Toutefois il importe de souligner que dans toutes ces interactions complexes et fécondes d'école, de formes et de genre, l'enluminure a joué son propre rôle, en tout indépendance et dignité.

Bède le vénérable
Histoire ecclésiastique de la nation anglaise
Northumbrie 746
Initiale du premier livre, F° 3 v.


(...) Si les livres enluminés n'étaient pas parvenus jusqu'à nous, des siècles entiers de l'histoire d'un grand nombre de pays nous sembleraient privés de peinture, beaucoup d'artistes importants ne nous étant connus que par leurs travaux pour les manuscrits.

(...)"Cher lecteur, lorsque tu tourneras ces pages de tes doigts, veille à ne pas en abîmer l'écriture. Personne mieux que le copiste n'a idée de ce que représente un travail difficile. Il est aussi doux au copiste de tracer la dernière ligne qu'au marin de rentrer à son port natal. Seuls trois doigts du maître ont tenu la calame (roseau taillé pour écrire), mais son être tout entier a souffert du travail". (...)


Gautier de Coincy
La vie et les miracles de Notre-Dame
France (Soisson ?). XIII° siècle (vers 1260-1270)
Histoire de jean-Baptiste. F° 31.