Affichage des articles dont le libellé est vidéo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vidéo. Afficher tous les articles

samedi 3 décembre 2011

Guillaume de Lorris

Guillaume de Lorris. - Célèbre trouvère du Moyen âge , auteur de la première partie du Roman de la Rose . On ne sait rien de sa biographie ; les tentatives faites par L. Jarry pour identifier le poète avec un Guillelmus de Lorriaco mentionné dans le testament d'Alphonse de Poitiers comme une sorte d'ingénieur, n'ont aucune base solide.


Guillaume de Lorris, le poète, devait avoir vingt-cinq ans vers 1237 ; c'est à ce moment qu'il composa le Roman de la Rose, poème allégorique qu'il laissa interrompu après en avoir composé environ 4000 vers. Il est à croire qu'une mort prématurée l'enleva et l'empêcha de terminer son œuvre, qui fut continuée environ quarante ans après par Jean de Meung.


Tel que l'a conçu Guillaume de Lorris, le Roman de la Rose est une sorte d'art d'amour influencé par Ovide, mais en général conforme à l'idéal de la société du XIIIe siècle. Les personnifications étaient depuis longtemps en usage dans la poésie française, mais Guillaume, en adoptant ce système, l'a modifié. Avant lui on avait personnifié telle vertu, tel vice ; Guillaume personnifie tel ou tel sentiment plus ou moins passager, Bel-Accueil, Danger, etc.


C'est là un procédé un peu grossier peut-être, mais qui frappe le lecteur et permet d'esquisser des études psychologiques ; les exagérations des imitateurs ne doivent pas retomber sur Guillaume de Lorris, qui, au témoignage d'un bon juge, nous a laissé "un des plus agréables ouvrages du Moyen âge".


En librairie - Guillaume de Lorris, Le Roman de la rose, Flammarion (GF), 1999. -
Jean Dufournet, Etudes sur le roman de la Rose de Guillaume de Lorris, Honoré Champion, 1983.

Wikipédia et Youtube

vendredi 2 décembre 2011

Abracadabra

Pour Pascale. Je n'ai pas pu résister !

Abracadabra est, traditionnellement, la formule prononcée lorsque se produit quelque chose de magique.
C'est à la fois une formule magique et rituelle performative, une incantation et un mot mystique. Il est utilisé afin d'invoquer par la magie des esprits bénéfiques pour être protégé ou guéri des maladies. Cette expression est aussi utilisée par les magiciens modernes lorsqu'ils prétendent invoquer des puissances paranormales ou surnaturelles pour contribuer à leurs illusions.
La formule est passée dans le langage courant, popularisée par les films et dessins animés mettant en scène des sorcières et des magiciens.http:

Étymologies et significations

Plusieurs étymologies d'origines orientales ou moyen-orientales sont attestées. En araméen, la formule signifierait « il a créé comme il a parlé » (« abra-ka-dabra »). Elle pourrait provenir de l'hébreu « Ha brakha dabra » ("הברכה דברה") qui signifie « La bénédiction a parlé ». Autre étymologie, défendue notamment par le Robert historique de la langue française, la formule, attestée en latin tardif, serait empruntée au grec. Elle proviendrait du nom d'Abraxas, dieu intermédiaire dans le système gnostique de Basilide (mort en 130). Ces mots grecs ont été expliqués par E. Katz comme des lectures en boustrophédon (écriture continue de gauche à droite puis de droite à gauche) d'une formule hébraïque « arba » (quatre), « dâk » (du verbe « casser ») « arba », c’est-à-dire « Le quatre (cryptogramme pour le Tout-Puissant) anéantit les quatre (éléments) » .

Usages anciens et modernes

La formule sous la forme d'un triangle inversé.
Son usage est répandu dans la gnose et la pensée pythagoricienne ésotérique. Déclinée jusqu'à sa dernière lettre par ordre rétrograde sous forme triangulaire, elle passe pour un puissant talisman. C'est ainsi qu'on la trouve dans ses premières occurrences écrites datée du IIe siècle. Dans le poème de l'érudit romain Serenus Sammonicus, De Medicina Praecepta2, il est prescrit à toute personne atteinte de fièvre hémitritée ou demi-tierce de porter une amulette ou un phylactère contenant le mot écrit sous la forme d'un cône inversé.


La formule sous la forme d'un triangle inversé

On retrouve la trace de cette formule dans les contes rapportant la fabrication d'un Golem. En façonnant une forme de vie à partir d'argile, l'homme se place dans la position de Dieu au moment de la création de l'univers mais dépourvu du souffle divin, il doit se contenter d'utiliser la puissance de la langue de la création. Le rabbin trace les lettres du mot Vérité (Aleph-Mem-Tav) sur le front de la créature et prononce la formule magique. Cependant, cela ne suffit jamais et la créature finit par se retourner contre ceux qui l'ont créée. L'effacement de la lettre Aleph donne Mort (Mem-Tav) et met fin à l'enchantement. Enfin, selon la tradition biblique, il faudrait en fait utiliser la formule « abra-ka-amra », « il a créé comme il a dit ».

À partir d'une première adjectivation en « abracadabrant », Arthur Rimbaud a créé l'adjectif « abracadabrantesque », dans Le Cœur volé (1871). Ce néologisme fut utilisé d'une façon remarquée par Jacques Chirac dans une interview télévisée le 21 septembre 2000, en réponse aux accusations posthumes de Jean-Claude Méry sur les financements occultes du RPR. Selon la presse, le mot lui aurait été soufflé par Dominique de Villepin.

Dans les arts et la littérature
Cinéma

Abracadabra, un film italien de Max Neufeld (1952).
Abra Cadabra, un dessin animé australien d'Alexander Stitt.
Abracadabra, le titre québécois du film Hocus Pocus (1993).


Télévision

Abracadabrantesque, un épisode de la série Les Zinzins de l'espace.
Abra et Kadabra sont des Pokémon.
Abbacadabra, un conte musical sur une musique du groupe ABBA.


Musique

Abracadabra, un album de Jean Schultheis (1981).
Abracadabra, un album du groupe Steve Miller Band (1982).
Abracadaboum, un album de Bérurier Noir (1987).
Abracadabra, un album du groupe ABC (1991).
Abracadabra, un album de Florent Pagny (2006).
Abracadabra, une chanson du groupe coréen Brown Eyed Girls (2009).

Littérature

Les Éditions Abracadabra, une maison d'édition fondée par Gérard Majax en 2007.

Bande Dessinée

L'École Abracadabra par François Corteggiani et Pierre Tranchand.


Michèle Brocard, Lumières sur la sorcellerie et le satanisme, Éditions Cabedita, 2007, 182 pages, p. 75-77. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
(en) Axel Nelson, « Abracadabra», Eranos, 1946, pp. 326-336.

Traductions

albanais : abrakadabra (sq)
anglais : abracadabra (en)
espagnol : abracadabra (es)
géorgien : აბრაკადაბრა (ka) (abrakadabra)
grec : αμπρακατάμπρα (el) (abrakatábra)
hongrois : abrakadabra (hu)
japonais : アブラカダブラ (ja) (aburakadabura)
suédois : abrakadabra (sv)

Wikipédia et Youtube

dimanche 27 novembre 2011

Les chansons de geste

On donne le nom de Chansons de Geste (en latin du Moyen âge Cantilena) aux poèmes épiques composés en langue française au Moyen âge et destinés jusqu'à une époque tardive à être chantés en public, comme les rapsodies des anciens Grecs, au son d'un instrument de musique. Ce genre est nettement caractérisé par le choix des sujets, le plus souvent empruntés à des traditions nationales, par certaines habitudes de style, certains lieux communs, enfin par la versification en tirades ou laisses monorimes, c.-à-d. en couplets formés d'un nombre très variable de vers égaux de huit, dix ou douze syllabes, liés par la même rime ou plus anciennement par la même assonance (Littérature française).


Dans le latin parlé à la fin de l'Empire, particulièrement en Gaule, le pluriel neutre gesta (actions) était devenu un terme collectif de genre féminin, avec le sens d'histoire qu'il offre dans les textes bas-latins et parfois en français. Quand la conquête franque eut introduit l'usage germanique de chanter les événements et les héros contemporains ou traditionnels, d'abord dans la langue des envahisseurs, puis dans celle des vaincus, la récitation musicale de l'épopée fut désignée par l'expression chanter de geste. Les jongleurs qui s'y adonnèrent furent qualifiés jongleurs de geste. Les poèmes qu'ils chantaient, et qui restèrent longtemps la seule histoire en langue vulgaire, histoire populaire, passionnée, dépourvue de critique, mais (à l'origine du moins) sincère et presque véridique, s'appelèrent chansons de geste. Cet emploi du mot geste se retrouve dans le Midi provençal et dans des littératures étrangères qui ont subi l'influence de l'épopée française : ainsi les Espagnols ont traduit chanson de geste par cantare de gesta. On a dit quelquefois en France une geste pour une chanson de geste; et ce mot, transporté de l'autre côté de la Manche, y a pris, à l'époque de la décadence de l'épopée et de la classe qui la chantait, le sens actuel de l'anglais jest (plaisanterie, farce).

Geste désigne également, au Moyen âge, un ensemble de traditions et de récits épiques et, par extension, une famille de héros nationaux, comme nous apprend l'auteur de Girart de Vienne :

N'ot ke III gestes en France la garnie:
Don roi de France est la plus seignorie

Les trois cycles principaux de l'épopée française sont rattachés à trois grandes familles, à trois groupes de personnages historiques ou légendaires : la geste du roi [Charlemagne], la geste de Guillaume d'Orange ou de Garin de Monglane, la geste de Doon de Mayence. Dans un sens plus général, on a dit la geste Ganelon, pour flétrir les traîtres, la geste Mahom, en parlant des mahométans, des Sarrasins. (...)


Il est aujourd'hui hors de doute que les chansons de gestes ont pris naissance chez les Trouvères, dans le domaine de la langue d'oil. Elles furent vraisemblablement l'amplification des chants guerriers (les cantilènes proprement dites), dont on trouve des échantillons dans le recueil de poésies populaires latines publié par Edelestand du Méril : c'est ce que permet de supposer un fragment d'une épopée intitulée Gormond et Isembard, laquelle est bâtie sur le chant composé en mémoire de la victoire de Louis III sur les Vikings en 882. (Ernest Muret / B.).


En bibliothèque - Wolf, Sur les poèmes épiques des anciens Français, en allem., Vienne, 1838, in-8°. - Paulin Paris, les Chansons de geste, Paris, 1859, broch. in-8°. - Ch. d'Héricault, Essai sur l'origine de l'épopée française et sur son histoire au Moyen âge, Paris, 1860, in-8°. - Paul Bancourt, Les musulmans dans les chansons de geste du cycle du roi (2 tomes), Plublications de l'université de Provence, 1982.

En librairie - François Suard, La chanson de geste, PUF (QSJ), 2003. - Dominique Boutet, Jehan de Lanson, technique et esthétique de la chanson de geste au XIIIe siècle, Rue d'Ulm, 1988. - Huguette Legros, L'amitié dans les chansons de geste à l'époque romaine, Publication de l'université de Provence, 2001. - Collectif, Au carrefour des routes d'Europe : la chanson de geste (colloque), Publications de l'université de Provence, 1987. - Alain Labbé, L'architecture des palais et des jardins dans les chansons de geste (essais sur le thème du roi en majesté), Slatkine, 1997. - Francine Mora-Lebrun, L'Enéide médiévale et la Chanson de geste, Honoré Champion, 1994. - De la même, L'Enéide médiévale et la naissance du roman, PUF, 1992. - Jean-Charles Herbin, Chanson de geste et tradition épique en France au Moyen âge, Paradigme, 1994. - Collectif, Comprendre et aimer la chanson de Geste (A propos d'Aliscans), ENS Editions. Italo Siciliano, Les chansons de geste et l'épopée, mythes, histoire, poèmes, Slatkine, 1979.

http://www.cosmovisions.com/textGeste.htm et Youtube pour les vidéos

samedi 26 novembre 2011

Gustave Doré

Gustave Doré est un illustrateur, graveur, peintre et sculpteur français, né à Strasbourg le 6 janvier 1832, au 5 (aujourd'hui 16), rue de la Nuée-Bleue, et mort le 23 janvier 1883 à Paris dans son hôtel de la rue Saint-Dominique. Il fut reconnu internationalement de son vivant.

En 1843, le père de Gustave, Jean-Philippe Doré, polytechnicien, est nommé ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de l'Ain et la famille Doré s'installe à Bourg-en-Bresse. L'enfant aux dons précoces est un très bon élève du collège mais il se fait encore davantage remarquer par ses caricatures et ses dessins inspirés du monde bressan qui l'entoure : à douze ans un imprimeur local publie ses premières lithographies sur Les Travaux d'Hercule. Elles amènent l'éditeur parisien Charles Philipon à lui proposer de s'installer à Paris où à partir de 1847 il suit les cours du lycée Charlemagne et dessine en même temps des caricatures pour le Journal pour rire de Philippon. Il connaît vite la célébrité et débute en 1848 au Salon avec deux dessins à la plume mais continue à vivre auprès de sa mère après la mort de son père en 1849.

À partir de 1851, tout en exposant ses toiles, il réalise quelques sculptures de sujets religieux et collabore à diverses revues dont le Journal pour tous. En 1854, l'éditeur Joseph Bry publie une édition des œuvres de Rabelais, illustrée d'une centaine de ses gravures. De 1861 à 1868, il illustre La Divine Comédie de Dante.

De plus en plus reconnu, à la fois autodidacte et exubérant, Gustave Doré illustra entre 1852 et 1883 plus de cent vingt volumes qui parurent en France, mais aussi en Angleterre, en Allemagne et en Russie. Lors de la campagne de Crimée, il réalise, à la fois comme auteur et comme illustrateur, L'Histoire de la Sainte Russie, une charge contre ce pays avec qui la France et l'Angleterre étaient entrées en guerre. C'est un album qui préfigure la bande dessinée, où il joue sur le décalage entre le texte et l'illustration, et où il utilise d'étonnantes astuces graphiques.


Il fréquente alors la société mondaine et élargit ses activités picturales en composant de grands tableaux comme Dante et Virgile dans le neuvième cercle de l’Enfer (1861 - 311 x 428 cm – musée de Brou), L'Enigme (au Musée d'Orsay) ou Le Christ quittant le prétoire (1867-1872), un tableau mesurant six mètres de haut par neuf mètres de large. Ce tableau a été restauré de 1998 à 2003 au Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, dans une haute salle qui lui est dédiée.

Multipliant en même temps dessins et illustrations en tous genres (fantastique, portraits-charges), sa notoriété devient européenne et il rencontre un immense succès en Angleterre avec la Doré Gallery qu'il ouvre à Londres en 1869.

Il meurt d'une crise cardiaque à 51 ans, le 23 janvier 1883, en laissant une œuvre imposante de plus de dix mille pièces qui exercera par la suite une forte influence sur nombre d'illustrateurs. Son ami Ferdinand Foch organise les obsèques à Sainte-Clotilde, l'enterrement au Père-Lachaise et un repas d'adieu rue Saint-Dominique.

En 1931, Henri Leblanc publie un catalogue raisonné qui recense 9 850 illustrations, 68 titres de musique, 5 affiches, 51 lithographies originales, 54 lavis, 526 dessins, 283 aquarelles, 133 peintures et 45 sculptures. Le musée de Brou à Bourg-en-Bresse, conserve pour sa part 136 œuvres de toute nature (peinture à l'huile, dessins, sculptures).

Gustave Doré illustra plus de cent chefs-d'œuvre de la littérature universelle

Honoré de Balzac : Les Cent contes drolatiques
La Bible : Traduction de Bourassé et Janvier, appelée aussi Bible de Tours, 1866
François Rabelais : Œuvres, 1851, 104 ill.
Les Russes, 1854, bande dessinée dont il est l'auteur et l'illustrateur.
Comtesse de Ségur : Nouveaux contes de fées, 1857, 20 vign.
Hippolyte Taine : Voyage aux Pyrénées, 1858
Dante Alighieri : La Divine Comédie, 1861, 136 ill. et L'Enfer
Gottfried August Bürger : Aventures du Baron de Münchhausen, Charles Furne, traduction nouvelle de Théophile Gautier Fils 1862, 158 ill.
Lépine : La Légende du Croque-Mitaine, Librairie de L. Hachette, 1863, 177 vignettes sur bois.
Miguel de Cervantes : Don Quichotte, 1863, 377 ill.
Sinbad le Marin, 1865
Théophile Gautier : Le Capitaine Fracasse, 1866, 60 ill.
Victor Hugo : Les Travailleurs de la mer, 1867, 22 ill.
Jean de La Fontaine : Fables, 1868, 248 ill.
Samuel Coleridge : The Rime of the Ancient Mariner, 1876
Lord Byron : Œuvres.
Charles Perrault : Les Contes de ma mère l'Oye (La Barbe bleue, Cendrillon, Le Chat botté, Le Petit Chaperon rouge, Le Petit Poucet, Riquet à la houppe, Griselidis, Les Fées, La Belle au bois dormant, Peau d'Âne ).
John Milton, Le Paradis perdu, 1674.
Jules Verne, diptyque des voyages lunaires : De la Terre à la Lune et Autour de la Lune, ainsi que d'autres œuvres de l'auteur.

Ainsi que des ouvrages sur la tauromachie :

Jean Charles Davillier, « Voyages en Espagne » publié de 1862 à 1873 dans la revue « Le Tour du monde », sous le titre « Combats de taureaux », Hachette 1862, republié en 1984 par l'Union des Bibliophiles Taurins de France, 1984, sous le titre : La Tauromachie de Gustave Doré(ISBN 2904202048)

Peintures

Les Saltimbanques, huile sur toile, 1874, musée d'art Roger-Quilliot de Clermont-Ferrand.
Torrent de montagne, huile sur toile, 92 x 166 cm, non daté, Musée d'art de Toulon.
Paysage avec troupeau, huile sur toile, 94 x 168,5 cm, non daté, Musée d'art de Toulon.

Sculptures

La Parque et l’Amour, terre-cuite, 1877, musée des Beaux-Arts de Brou à Bourg-en-Bresse.
L'Effroi, bronze, Salon de 18791.
Monument à Alexandre Dumas père, 1883, Place Malesherbes, Paris2.
À saute-mouton, bronze1
Acrobates, bronze, Ringling Museum of Art, Sarasota, Floride1.
La Défense Nationale, bronze, Rosenberg Library, Galveston, Texas.

Wikipédia

vendredi 25 novembre 2011

Béroul Tristan et Iseut

Béroul est un poète normand du XII° siècle.
Béroul est le nom que l'on donne par convention à l'auteur d'une version en vers de la légende de Tristan et Iseut, écrite dans un dialecte normand; ce roman nous a été transmis par un unique manuscrit (fr. 2171 de la BNF), amputé du début et de la fin (il ne reste que 4 485 vers). Ce manuscrit date pour sa part de la deuxième moitié du XIII° siècle. (En effet, les romans médiévaux sont la plupart du temps transmis par des manuscrits bien postérieurs à la composition du texte.)
Sur le plan historique, nous ne savons presque rien de la vie de Béroul. L'auteur se nomme lui-même dans son oeuvre, par deux fois, aux v. 1268 et 1790. Toutefois, rien ne permet de savoir si ce "Berox"1 est l'auteur de la version que l'on possède, ou bien de la source de cet auteur. Des indices textuels et linguistiques permettent de dire que l'auteur du roman était normand, mais il connaissait aussi très bien l'Angleterre et a pu y vivre et, probablement, écrire pour la cour de Henri II Plantagenêt. Par ailleurs, le médiéviste André de Mandach a découvert un Beroldus, moine bénédictin à St-Evroul, qui serait peut-être ce Béroul (mais rien ne peut être prouvé). Il est difficile de dater l'écriture du texte: elle se situe entre 1160 et 1190, et plus précisément aux alentours de 1170 probablement.
Par ailleurs, les médiévistes débattent pour savoir si le texte transmis par le manuscrit a été écrit par un seul auteur ou par deux ("Béroul" ne serait alors l'auteur que de la première moitié du roman, jusqu'au v. 2751). Il y a peu de chances que ce débat soit résolu un jour: les arguments sont assez nombreux pour soutenir l'hypothèse d'une dualité d'auteur, mais insuffisants pour la prouver définitivement3, d'autant plus que l'œuvre est marquée par une certaine unité de composition. L'hypothèse de la dualité d'auteur permet d'affiner la date d'écriture: 1165-1170 pour la première partie, et 1190 pour la seconde.
La version de la légende de Tristan et Iseut telle que Béroul la raconte est assez sauvage et violente: il semble que cette version soit proche de la version populaire qui devait circuler oralement à l'époque; plutôt archaïque, elle n'est que très peu influencée par l’amour courtois. Le style est particulièrement vif, exclamatif et dramatique; le texte est très oral, et certains procédés littéraires sont hérités de la chanson de geste. Par ailleurs, Béroul aime mélanger les genre, puisqu'il passe parfois, très rapidement, du drame au comique; notamment l'épisode dit du Mal Pas, assez obscène, semble inspiré du fabliau.
On ne sait donc que peu de choses sur ce Béroul, et le peu que l'on sait reste très hypothétique. Il n'en demeure pas moins que son roman est une des premières attestations écrites de la légende de Tristan et Iseut.


Pour voir les manuscrits

jeudi 24 novembre 2011

Le saviez-vous ? danses

Bourrée, danse originaire de l'Auvergne . Elle se compose de deux mouvements : un demi-coupé, ou pas marché sur la pointe du pied, et un demi jeté, pas sauté à demi. L'air sur lequel se danse la bourrée est à 2 temps et d'un mouvement rapide; il commence par une noire avant le frappé, et souvent on lie la seconde moitié du 1er temps et la 1re moitié du second par une blanche syncopée : il doit avoir, comme la plupart des autres airs de danse, deux parties et 4 mesures, ou un multiple de quatre à chacune. Le musicien Mouret a composé de jolis airs de ce genre. La bourrée fut introduite à la cour par Marguerite de Valois en 1565, et y jouit d'une grande faveur jusqu'au règne de Louis XIII. Elle y reparut sous la Régence. Elle ne se dansait plus à la fin du XIXe siècle que dans les villages de quelques départements, ou encore à Paris, dans les guinguettes fréquentées par les charbonniers et les porteurs d'eau.



Chaconne, en italien ciacona, danse importée d'Italie en France au XVIe siècle. On la nomma ainsi, dit-on, parce qu'elle fut inventée par un aveugle (en italien cecone). Ménage prétend, au contraire, qu'elle nous vint des Espagnols. Le nom de chaconne s'appliquait aussi aux airs qui accompagnaient cette danse : ils étaient d'un rythme lent et bien marqué, à 2 ou à 3 temps; ce dernier mouvement prévalut, et fut adopté de préférence par Lulli et Rameau. Les dernières chaconnes se trouvent dans les œuvres de Glück. La chaconne servait de finale aux opéras et aux ballets.





Contredanse (de l'anglais country-dance, danse de campagne), sorte de danse à 8, à 12, à 15 personnes ou plus, dans laquelle les danseurs sont divisés par couples, placés en face les uns des autres, et exécutent, par moitié, des pas et des figures que leurs vis-à-vis répètent aussitôt après. C'est ce qu'on nomme aujourd'hui quadrille, parce que les danseurs se rangent en carré. Les diverses figures que forment les danseurs s'appellent pantalon, été, trénitz, pastourelle, chassé-croisé, galop. Les airs de musique destinés à cette danse sont d'un mouvement plus ou moins animé, à deux temps ou à six-huit; la mélodie doit en être coupée de 8 en 8 mesures, avec reprises et retour au sujet.
On dit que la contredanse, originaire de la Normandie , fut portée en Angleterre sous les successeurs de Guillaume le Conquérant, qu'elle se répandit ensuite et fit fortune en Hollande, en Allemagne et en Italie. Oubliée en France pendant plusieurs siècles, elle y reparut en 1745 dans le ballet des Fêtes de Polymnie par Rameau, et son succès fut tel, qu'on l'introduisit dans tous les ballets et divertissements. Grâce sans doute à son exécution facile et à ce qu'elle occupe beaucoup de monde à la fois, elle fut accueillie dans toutes les réunions de danse, depuis les salons jusqu'aux bals populaires et champêtres, où elle tient encore sa place aujourd'hui, mais d'une manière un peu secondaire, depuis l'introduction de la valse et surtout de la polka et de la mazurka.



mardi 22 novembre 2011

Le saviez-vous ? Danses

Danse de la Grue, danse des Anciens grecs, instituée selon la mythologie par Thésée , en mémoire de sa délivrance par Ariane , et qu'il exécuta avec les jeunes Athéniens tirés du Labyrinthe . Celui qui menait cette danse faisait et défaisait le cercle, pour simuler les tours et détours du Labyrinthe, et les autres danseurs le suivaient, à l'imitation des grues qui en suivent toujours une quand elles volent en troupe.



Gaillarde, ancienne danse, originaire d'Italie, et qu'on appela d'abord la Romanesca (la Romaine). Elle s'exécutait à 3 temps, d'un mouvement vif et animé. Il en est resté le pas de gaillarde, composé d'un pas assemblé, d'un pas marché, d'un pas tombé et qui se fait en avant et du côté.



Mazourka, Mazurka ou Mazurek, air de danse de la Mazovie (Pologne ), dont la première partie est toujours mineure, et la seconde majeure. Cet air s'écrit à 3 temps, comme la polonaise, mais d'un mouvement plus vif. Il possède un rythme particulier qui consiste à marquer souvent le 2e temps de la mesure; la période se termine sur le 2e temps. La danse de la mazourka tient à la fois de la valse et de la polka.



dimanche 20 novembre 2011

Sindbad, le marin


Histoire de Sindbad, le marin, 835-840. Manuscrit arabe du XVIII° siècle

Sinbad le marin, appelé « Sindibad » en arabe (aussi épelé « Sindbad » du perse سندباد, Sandbād), est le nom d'une fable d'origine perse qui conte les aventures d'un marin du temps de la dynastie des Abbassides. Durant ses voyages dans les mers de l'est de l'Afrique et du sud de l'Asie, Sinbad vit de nombreuses aventures fantastiques.

Les Sept Voyages de Sinbad le marin se retrouvent, à tort, dans la 133e nuit (volume 6) des contes des Mille et Une Nuits. Les aventures sont basées, d'une part, sur de véritables expériences de marins de l'océan Indien et, d'autre part, sur d'anciens textes de sources diverses (dont l’Odyssée d'Homère, ainsi que de nombreuses légendes perses et indiennes).

Les aventures

Les Mille et Une Nuits est un recueil qui narre les 1001 nuits où la jeune Shéhérazade, fille de vizir, invente une multitude de contes pour distraire son mari et échapper à la mort. On y trouve en particulier les aventures de Sinbad le Marin.
Vers la fin de la 536e nuit, Shéhérazade débute l'histoire de Sinbad : à l'époque de Haroun al-Rashid, calife de Bagdad, un pauvre livreur du nom de Hindbad prend une pause sur un banc près de la grille de la maison d'un riche marchand. Alors qu'il se plaint à Allah des injustices d'un monde qui permet aux riches de vivre pleinement alors que lui doit travailler d'arrache-pied et demeurer pauvre, le propriétaire des lieux l'entend et l'envoie chercher. Le riche Sinbad dit au pauvre Hindbad qu'il est devenu riche par la chance, au cours de ses sept voyages fantastiques qu'il va maintenant raconter au petit béta de la marine

Le premier voyage

Après avoir dépensé la majorité des biens laissés en héritage par son père, Sinbad se rend en mer afin de refaire sa fortune. Il accoste sur ce qui apparaît comme une île, mais qui est en réalité une énorme baleine. Le cétacé plonge dans la mer et le bateau part en abandonnant Sinbad.
S'accrochant à une bûche amenée par les marins pour faire un feu, il est emporté par les flots et débarque sur une île. Il y est recueilli par des palefreniers qui attendent le cheval des mers pour couvrir les cavales du roi, avec lequel il lie rapidement connaissance. Un jour, le navire de Sinbad arrive au port de Cassel. Le capitaine après avoir reconnu Sindbad et écouté ses aventures, lui assure qu'il a conservé toute la marchandise. Après avoir reçu de nombreux présents du roi, ils retournent donc à Bagdad où Sinbad va mener une vie de plaisirs.
À la fin du récit, Sinbad le marin donne une bourse de cent pièces d'or à Hindbad le livreur et lui demande de revenir le lendemain afin d'entendre l'histoire de son second voyage.

Embarcation arabe du XIII° siècle. Al-Hriri, Abû Luhammad al-Qasim Magamat (Scéances) Syrie, 1222-1223.
.
Le deuxième voyage

Durant le deuxième jour de l'histoire de Sinbad, la 549e nuit de Shéhérézade, il raconte comment il s'est lassé de sa vie de plaisirs puis a repris la mer, possédé par l'idée de voyager dans le monde des hommes et de visiter leurs villes et leurs îles.
Accidentellement abandonné par son équipage, il se retrouve seul dans une inaccessible vallée de serpents géants et d'oiseaux encore plus gigantesques, des Rokhs. Piégé dans le nid d'une de ces créatures, il se rend compte que le sol du nid est tapissé de diamants.
On y apprend que des marchands récoltent les diamants en lançant de gros blocs de viandes dans la vallée, blocs que les oiseaux ramènent dans leurs nids : les diamants se collent à la viande et les marchands les récoltent en ramenant la viande à l'aide d'une corde. Afin de sortir du nid, Sinbad s'attache à une pièce de viande, emportant avec lui un gros sac de pierres précieuses.
Secouru par les marchands, il retourne à Bagdad avec une fortune en diamants.

Le troisième voyage

Sans cesse en quête d'aventures, Sindbad part cette fois-ci de Bassora.
Par malchance, lui et ses compagnons sont emprisonnés sur une île par un cyclope : une peau noire, un seul œil tel un charbon ardent, des lèvres longues et pendantes comme celles des chameaux, des oreilles tombant sur les épaules, des ongles comme les griffes d'un lion.
Le monstre mange les membres de l'équipage un par un, le capitaine, qui était le plus gros, en premier. Sinbad parvient heureusement à aveugler le géant avec un bout de bois durci dans le feu. Ce qui reste de l'équipage s'enfuit alors sur un radeau de fortune et doit affronter d'autres problèmes, dont un gigantesque serpent. Les amis du cyclope s'engagent par ailleurs en mer à leur poursuite en leurs envoyant des pierres, mais sans succès. Le serpent dévore les compagnons de Sinbad un a un mais celui-ci parvient à s'en défaire.
Sinbad retourne enfin à Bagdad, plus en forme que jamais, et les festivités de son retour lui font oublier les horreurs du voyage.

Cet épisode rappelle l'histoire d'Ulysse et du Polyphème, au chant IX de l'Odyssée d'Homère.


Désolée, je n'ai pas trouvé en français.

Le quatrième voyage

Toujours à la recherche d'aventures, Sinbad reprend la mer et, comme à l'habitude, son navire s'échoue. Les sauvages nus avec lesquels ils se retrouvent leur donnent à manger une plante qui leur enlève toute volonté. Sinbad refuse de manger de cette plante et, lorsque les cannibales se lassent de lui, il s'échappe. Un groupe de marchands itinérants le ramène sur leur propre île, où leur roi s'éprend d'amitié pour Sinbad et lui donne une riche et belle vie.

Un peu trop tard, Sinbad apprend une coutume particulière de l'île : à la mort d'un des deux époux, son partenaire est enterré vivant avec lui, tous deux dans leurs plus beaux atours. Malgré toute son attention, la femme de Sinbad tombe malade et meurt peu après, laissant Sinbad emprisonné dans une caverne souterraine, une tombe commune, avec un pot d'eau et quelques morceaux de pain. Au moment où ses maigres provisions sont écoulées, un autre couple, le mari étant mort et la femme vivante, sont jetés dans la caverne ; Sinbad tue la femme et prend ses rations.
Il a bientôt une bonne quantité de pain et d'eau et beaucoup d'or et de joyaux, mais est toujours incapable de s'échapper, jusqu'au jour où un animal sauvage lui montre un passage vers l'extérieur, haut au-dessus de l'océan. De là, un navire le recueille et le ramène à Bagdad, où il donne ses richesses aux pauvres et recommence à vivre une vie de plaisirs.

Note : Cet épisode rappelle l'épisode des Lotophages de l'Odyssée d'Homère, ainsi que l'histoire d'Aristomène de Messénie qui s'échappa du trou où il avait été jeté, grâce à un renard. À une certaine époque, les Arabes étudiaient beaucoup la littérature grecque.

Le cinquième voyage

« Les marchands cassèrent l'œuf. »
Épisode du cinquième voyage de Sinbad
Illustration parue dans Le Magasin pittoresque (1865).

Après un moment de repos et de plaisirs et en regardant ses avoirs, Sinbad oublie tous les périls et la souffrance qu'il a vécue et ressent encore le besoin de prendre le large.
En passant près d'une île déserte, l'équipage remarque un gigantesque œuf que Sinbad reconnaît comme étant celui d'un rokh. Curieux, l'équipage débarque, brise l'œuf et finit par faire cuire l'oisillon pour son souper. Sinbad reconnaît l'imprudence de leur geste et rappelle son équipage à bord.

(Cet épisode rappelle l'épisode des bœufs du Soleil au chant XII de l'Odyssée d'Homère.)

Sindbad échoue à nouveau sur une île habitée par un vieillard. Celui-ci emprisonne Sinbad en montant sur ses épaules mettant ses jambes autour de son cou. Sinbad doit alors marcher et dormir avec le vieil homme. Ils voyagent nuits et jours, jusqu'à ce que Sinbad souhaite mourir. Il finit par convaincre le vieil homme de boire jusqu'à s'enivrer, et Sinbad tue le vieillard en écrasant sa tête contre une énorme pierre.
Un bateau le ramène dans la ville des singes, un endroit où les habitants passent chaque nuit sur des bateaux en mer, alors que leur ville est abandonnée aux singes mangeurs d'hommes. Malgré les singes, Sinbad regroupe sa fortune en envoyant des pierres aux singes qui envoiet, eux, des noix de coco. Cela coutait fort cher à l'époque. Il trouve un bateau qui le ramène à Bassora et fait fortune avec les noix de coco vendues.


Rokh attaquant le navire de Sindbad
Épisode du cinquième voyage de Sinbad.

(Dans la traduction de Mardrus, les singes ne sont pas anthropophages, mais les habitants de la ville s'enrichissent à cause d'eux. Ils lancent des cailloux sur les singes perchés dans des arbres dits « coco d'Inde ». Enragés, les singes lancent en réponse des noix de coco, lesquelles se vendent cher. Sinbad y participe et se fait une fortune considérable.)
Note : Le Vieil homme de la mer pourrait tirer son origine de la coutume africaine de voyager sur le dos de ses esclaves.

Le sixième voyage

Sinbad est reparti en mer et s'échoue cette fois sur une île dont les rivières sont remplies de pierres précieuses dont les flots brillent d'ambre gris.
Cependant, il n'y a aucune nourriture et ses compagnons meurent les uns après les autres, jusqu'à ce qu'il se retrouve seul. Il creuse sa tombe lui-même mais au moment où il croit mourir, il aperçoit un cours d'eau. Il fabrique une barque et étant fatigué, s'endort. Il trouve en se réveillant la ville du roi de Serendib (Sri Lanka). Le roi est curieux de ce que Sinbad lui raconte à propos de Haroun al-Rashid et lui demande d'apporter des présents de sa part à Bagdad : une coupe taillée dans un unique rubis, un lit fait de la peau du serpent qui avala un éléphant, cent mille pots d'aloès indienne, une jeune et belle esclave, et d'autres présents.
Lorsque Sinbad retourne à Bagdad, le calife est très intéressé par ce qu'il lui dit de la terre du Serendib.

Le septième voyage

Sinbad reprend la mer avec le résultat habituel.
Perdu sur une île désolée, il se fabrique un radeau et flotte jusqu'à une grande ville. Là-bas, le chef des marchands marie Sinbad à sa fille, le nomme comme héritier et meurt.
Les habitants de cette ville se transforment une fois par mois en oiseaux et Sinbad se fait porter par l'un d'eux jusqu'au plus haut du ciel, où il entend les anges glorifier Allah. Cependant, l'entendant, les anges lui lancent du feu qui consume l'homme-oiseau. Les hommes-oiseaux sont fâchés contre Sinbad et l'isolent sur le sommet d'une montagne où deux jeunes, les servants de Allah, lui donnent un bât
De retour en ville, Sinbad apprend par sa femme que les hommes-oiseaux sont maléfiques, mais qu'elle-même et son père ne sont pas comme eux. Suivant les suggestions de sa femme, Sinbad vend tous ses avoirs et retourne avec elle à Bagdad, où, finalement, il finit par vivre tranquille, ne recherchant plus d'aventures. Ce livre est un conte oriental, Dans une seconde version du septième voyage, on ajoute que Sinbad se voit demander par le calife Haroun al-Rashid de retourner un cadeau au roi de Serendib. Bien que réticent à reprendre la mer, ses aventures ayant été assez malheureuses, Sinbad entreprend son seul voyage diplomatique. Le roi de Serendip est très heureux des cadeaux du calife et enrichit Sinbad de présents. Au retour, la catastrophe habituelle se produit : Sinbad est capturé et vendu comme esclave. Son maître lui demande de tuer des éléphants avec un arc et des flèches, ce qu'il fait jusqu'à ce que le roi des éléphants le transporte au cimetière d'éléphants. Le maître de Sinbad est tellement heureux par la quantité d'ivoire qu'il y trouve qu'il libère Sinbad, lequel retourne à Bagdad riche en ivoire et en or.

vendredi 18 novembre 2011

Le saviez-vous ? Danses

Bacchilique (Danse), danse des anciens Grecs, consacrée à Dionysos / Bacchus . Elle s'exécutait au bruit des sistres, des cymbales et des tambours, et était accompagnée de chants dithyrambiques.

Fandango, danse espagnole, à 3 temps, en mode mineur, d'un mouvement à la fois animé et voluptueux, et sans finale marquée, ce qui permet de la recommencer autant de fois qu'on veut. Le fandango s'exécute à deux, au son de la guitare; les danseurs en marquent le mouvement avec des castagnettes et en frappant du talon. On danse aussi le fandango en forme de contredanse, à 8 personnes partagées en 4 couples ( Séguidille).



Allemande, ancienne danse, originaire d'Allemagne, et qui fut très usitée aussi en Suisse et en France. Elle était sur un air très gai, à 2 temps ou à 2/4, et s'exécutait par autant de couples que l'on voulait. Le cavalier et sa dame, se tenant par la main, marchaient 3 pas en avant, et demeuraient un pied en l'air, faisant ce qu'on appelait une grève; puis ils reprenaient de même jusqu'à ce qu'ils fussent au bout de la salle. Les autres couples suivaient le 1er. On revenait par le même procédé au point d'où l'on était parti, ou, si l'on aimait mieux, en rétrogradant; enfin, on renouvelait les mêmes pas, mais d'un mouvement plus vif et en sautant davantage.



jeudi 10 novembre 2011

Hildegarde de Bingen

Hildegarde de Bingen Hildegarde recevant l'inspiration divine, manuscrit médiéval Miniatur aus dem Rupertsberger Codex des Liber Scivias. Author: Original uploader was RobertLechner at de.wikipedia  This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Hildegarde de Bingen (en allemand : Hildegard von Bingen), née le 16 septembre 1098 à Bermersheim vor der Höhe près de Alzey (Hesse rhénane) et morte le 17 septembre 1179 à Rupertsberg (près de Bingen), est une religieuse bénédictine mystique et compositrice et auteure franconienne du XII° siècle.


Dixième enfant d'une famille noble très croyante, elle fut consacrée à la religion dès son plus jeune âge. À l'âge de huit ans, elle entre au couvent des bénédictines de Disibodenberg sur le Rhin, dans le diocèse de Mayence, pour son instruction sous la tutelle de Jutta de Sponheim. Elle prononce ses vœux perpétuels et reçoit vers l'âge de quatorze ou quinze ans le voile monastique des mains de l'évêque Othon de Bamberg.

Riesencodex Hildegards von Bingen Transferred from de.wikipedia; transferred to Commons by User:Boteas using CommonsHelper.(Original text : Landesbibliothek Wiesbaden)Attribution: Auteur: Ilona Buchecker. Original uploader was Mayem at de.wikipedia

Lorsque Jutta meurt en 1136, Hildegarde est élue abbesse de Disibodenberg, à l'âge de 38 ans.

Elle commence à 43 ans à consigner les visions qu'elle a depuis l'enfance, dans le Scivias (du latin sci vias Dei « sache les voies de Dieu »). En 1147, elle fonde l'abbaye de Rupertsberg..



L'approbation du pape Eugène III lors d'un synode réuni à Trèves fin 1147 - début 1148 encouragea Hildegarde à poursuivre son activité littéraire. Elle achève le Scivias, composé en 1151. Puis elle écrit le Liber vitae meritorum entre 1158 et 1163 et le Liber divinorum operum entre 1163 et 1174. En 1165, elle fonde l'abbaye d’Eibingen.

Ruine Kloster Rupertsberg Heimatverein Bingen-Bingerbrück Attribution: Carl Woog Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Sciences
Hildegarde de Bingen est médecin, et l’un des plus renommés de son temps. Ses ouvrages pressentent les idées à venir sur la physiologie humaine. Elle a une grande connaissance de la pharmacopée et, utilise tout ce que la nature pouvait lui offrir en matière de traitements : les simples bien sûr mais aussi les minéraux. Ainsi, par exemple elle écrit dans le langage imagé de son époque que :
" L'émeraude pousse tôt le matin, au lever du soleil, lorsque ce dernier devient puissant et amorce sa trajectoire dans le ciel. À cette heure, l'herbe est particulièrement verte et fraîche sur la terre, car l'air est encore frais et le soleil déjà chaud. Alors, les plantes aspirent si fortement la fraîcheur en elles comme un agneau le lait, en sorte que la chaleur du jour suffit à peine pour réchauffer et nourrir cette fraîcheur, pour qu'elle soit fécondatrice et puisse porter des fruits. C'est pourquoi l'émeraude est un remède efficace contre toutes les infirmités et maladies humaines, car elle est née du soleil et que sa matière jaillit de la fraîcheur de l'air. Celui qui a des douleurs au cœur, dans l'estomac ou un point de côté doit porter une émeraude pour réchauffer son corps, et il s'en portera mieux. Mais si ses souffrances empirent tellement qu'il ne puissent plus s'en défendre, alors il faut qu'il prenne immédiatement l'émeraude dans la bouche, pour l'humidifier avec sa salive. La salive réchauffée par cette pierre doit être alternativement avalée et recrachée, et ce faisant, la personne doit contracter et dilater son corps. Les accès subits de la maladie vont certainement faiblir… ".
Elle attribue ainsi des vertus protectrices, curatives, prédictives, purificatrices aux minéraux suivant en cela des pratiques antiques.

L'Univers Illustrations du Scivias d'Hildegarde, manuscrit de 1165 se trouvant à l'abbaye Sankt Hildegard d'Eibingen. The work of art depicted in this image and the reproduction thereof are in the public domain worldwide.

La plupart de ses écrits sont réunis dans un grand livre (le Riesencodex) conservé à la bibliothèque régionale de Hesse à Wiesbaden en Allemagne. Saint Bernard lui-même lui a assuré que ses visions étaient grâces du ciel.

Abbaye Sainte-Hildegarde Ordre de Saint-Benoît Reconstruction en 1904 Style néo-roman Attribution: Moguntiner

Hildegard of Bingen. Mediaeval Auteur inconnu Source: Lettera43.it Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.

Liste de ses écrits
Scivias seu Visionnes (1141-1151)
Liber divinorum operum simplicis hominis (1163-1173/1174)
Liber vitae meritorum (1148-1163)
Solutionnes triginta octobre quaestionum
Explanatio Regulae S. Benedicti
Explanatio Symboli S. Athanasii
Vita sancti Ruperti
Vita sancti Disibodi
Physica, sive Subtilitatum diversarum naturarum creaturarum libri novem, sive Liber simplicis medicinae (1151-1158)
Symphonia harmoniae coelestium revelationum
Ignota lingua, cum versione Latina
Tractatus de sacramento altaris
Homeliae LVIII in Evangelia
Causae et curae, sive Liber compositae medicinae.

Musique
Hildegarde a composé plus de soixante-dix chants liturgiques, hymnes et séquences, dont certains ont fait l'objet d'enregistrements récents par des ensembles de musique médiévale notamment "Sequentia" : Ave generosa, Columba aspexit, O presul vere civitatis… Ce dernier est un hommage à Disibod, moine irlandais du VIIe siècle fondateur du monastère double de Disibodenberg, dont Hildegarde fut la biographe. L'ensemble des chants forme la collection Symphonia harmoniae celestium revelationum (Symphonie de l'harmonie des révélations célestes), qu'elle mit en musique.
Elle a aussi composé un drame liturgique intitulé Ordo virtutum (Le jeu des vertus), qui comporte quatre-vingt-deux mélodies et met en scène les tiraillements de l'âme entre le démon et les vertus.


Wikipédia

mardi 8 novembre 2011

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen



La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) est le texte fondamental de la Révolution française, qui énonce un ensemble de droits naturels individuels et collectifs et les conditions de leur mise en œuvre. Ses derniers articles sont adoptés le 26 août 1789.

Elle comporte un préambule et dix-sept articles, qui mêlent des dispositions concernant les droits de trois catégories de personnes : les « droits des hommes » (les Français, les étrangers ou les ennemis), qui reprennent des dispositions du droit des gens, les « droits des citoyens » (les citoyens français), qui rappellent ou renforcent les libertés publiques, et les « droits de la Société » (la Nation), qui sont, à proprement parler, constituants, au sens où ils organisent les différents pouvoir entre eux.

La valeur constitutionnelle de la Déclaration est réaffirmée par le Conseil constitutionnel depuis 1971. Ses dispositions sont de droit positif et se placent au sommet de la hiérarchie des normes.


L’Assemblée réunie à Versailles par la convocation des États généraux pour trouver une solution fiscale au déficit de l’État et passer outre le refus des parlements régionaux, se déclare Assemblée nationale en réunissant les trois ordres le 17 juin 1789, dont elle décide l’abolition, puis s’institue Assemblée nationale constituante, et décide de rédiger une déclaration des principes fondamentaux à partir desquels sera établie une nouvelle Constitution. Elle se réunit pour cela après avoir pris les décrets des 4 et 11 août 1789 sur la suppression des droits féodaux, qu’elle reprendra dans l’article premier.

La discussion débute le 9 juillet avec le rapport de Jean-Joseph Mounier présentant un ordre de travail pour la rédaction d'une Constitution débutant par une déclaration des droits.

La Déclaration des droits a été discutée par les députés à partir d'un projet de vingt-quatre articles proposé par le sixième bureau, dirigé par Jérôme Champion de Cicé. Ce projet sera modifié en profondeur au cours des débats. L’attribution du texte primitif à La Fayette inspiré par la Déclaration d'indépendance des États-Unis est donc erronée. L’abbé Grégoire proposait que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen soit accompagnée de celle des devoirs.

Le texte a été voté article par article du 20 au 26 août 1789 par l'Assemblée nationale. La discussion s'interrompt le 26 août 1789 après l'adoption de l'article 17 relatif au droit de propriété, afin de laisser la place à la discussion des articles de la Constitution elle-même. Un certain nombre de décrets pris postérieurement par l'Assemblée, en particulier celui du 3 octobre 1789 permettant aux particuliers et aux sociétés de prêter de l'argent avec intérêt, seront ratifiés le soir du lundi 5 octobre 1789 par Louis XVI à Versailles, sur l’exigence de l’Assemblée nationale qui utilisa la pression d’une foule vindicative venue de Paris, initialement pour d’autres revendications.

Promulguée par le roi par des lettres patentes données à Paris, le 3 novembre 1789, cette Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen qui comportait 17 articles, suivie des 19 Articles de constitution (1789) et d'un certain nombre de décrets de l'Assemblée nationale pris entre celui du 4 août qui « détruit entièrement le régime féodal » et celui du 3 novembre 1789 qui décrète « que tous les parlements du royaume continueront de rester en vacance », est la dernière ordonnance royale. Elle est le préambule de la constitution de 1789, et restera celui de la Constitution de 1791.




Déclaration des Droits de l'Homme en Société


Extrait des procès verbaux de l'Assemblée nationale, des 20, 21, 23, 24 et 26 août & premier Octobre 1789


acceptée par le roi le 5 octobre 1789


Les Représentans du Peuple François, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernemens, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solemnelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant à chaque instant être comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des Citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, et au bonheur de tous.
En conséquence, l’Assemblée Nationale reconnoît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être Suprême, les droits suivans de l’Homme et du Citoyen.



Article premier.
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

I I.
Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.
I I I.
Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.
I V.
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.
V.
La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.
V I.
La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentans, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talens.
V I I.
Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout Citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi, doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance.
V I I I.
La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.
I X.
Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne seroit pas nécessaire pour s’assurer de sa personne, doit être sévèrement réprimée par la Loi.
X.
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.
X I.
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.
X I I.
La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.
X I I I.
Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés.

X I V.
Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentans, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiète, le recouvrement et la durée.
X V.
La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.
X V I.
Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.
X V I I.
Les propriétés étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.Extrait du Procès-Verbal de l’Assemblée Nationale, du Jeudi premier Octobre 1789.
L’Assemblée a arrêté que M. le Président se retirera devers le Roi, à l’effet de présenter à son acceptation la Déclaration des Droits.
Collationné conforme à l’original.
Signé, MOUNIER, Président ; le Vicomte de Mirabeau, Démeunier, Bureaux de Pusy, l’Év. de Nancy, Faydel, l’Abbé d’Eymar, Secrétaires.

Déclaration universelle des droits de l'homme



La Déclaration universelle des droits de l'Homme est une déclaration adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948 à Paris au Palais de Chaillot par la résolution 217 (III). Elle précise les droits de l'homme fondamentaux. Sans véritable portée juridique en tant que tel, ce texte n'a qu'une valeur d'une proclamation de droits.


Cependant, à l'origine, 48 États sur les 58 participants devaient adopter cette charte universelle. Aucun État ne s'est prononcé contre et seuls huit se sont abstenus. Parmi eux, l'Afrique du Sud de l’apartheid refuse l'affirmation au droit à l'égalité sans distinction de naissance ou de race ; l’Arabie saoudite conteste l’égalité homme-femme. La Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et l'Union soviétique (Russie, Ukraine, Biélorussie), s'abstiennent, quant à eux, en raison d'un différend concernant la définition du principe fondamental d’universalité tel qu'il est énoncé dans l’article 2 alinéa 1. Enfin, les deux derniers États n'ayant pas pris part au vote sont le Yémen et le Honduras.

Le texte, inspiré directement de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, énonce les droits fondamentaux de l’individu, leur reconnaissance, et leur respect par la loi. Il comprend aussi un préambule avec huit considérations reconnaissant la nécessité du respect inaliénable de droits fondamentaux de l'homme par tous les pays, nations et régimes politiques, et qui se conclut par l’annonce de son approbation et sa proclamation par l’Assemblée générale des Nations unies.

Le texte du préambule et de la déclaration est inamovible. Sa version en français, composé de 30 articles, est un original officiel, signé et approuvé par les membres fondateurs des Nations unies, et non une traduction approuvée. (Wikipédia)




Déclaration universelle des Droits de l'Homme


Adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution 217 A (III)


du 10 décembre 1948




Préambule

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.
Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.
Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations.
Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.
Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.
L'Assemblée Générale proclame la présente Déclaration Universelle des Droits de l'Homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

Article premier

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2

1. Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2. De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

Article 3

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Article 4

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Article 5

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Article 6

Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.

Article 7

Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Article 8

Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.

Article 9

Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

Article 10

Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

Article 11

1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.

Article 12

Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

Article 13

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Article 14

1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 15

1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

Article 16

1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.

Article 17

1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

Article 20

1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.

Article 21

1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

Article 22

Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.

Article 23

1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Article 24

Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

Article 25

1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

Article 26

1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.

Article 27

1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.

Article 28

Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

Article 29

1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 30

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.