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jeudi 29 août 2013

La décollation de saint Jeau-Baptiste

La décollation de saint Jean-Baptiste se célèbre et a été instituée, paraît-il, pour quatre motifs, d'après l’Office mitral *: 1° En raison de sa décollation; 2° à cause de la combustion et de la réunion de ses os ; 3° à l’occasion de l’invention de son chef ; 4° en mémoire de la translation d'un de ses doigts, et de la dédicace de son église. De là les différents noms attribués à cette fête, savoir la décollation, la collection, l’invention et la dédicace:
1. On célèbre cette fête à cause de la décollation. En effet, selon le récit de l’Histoire scholastique **, Hérode Antipas, fils d'Hérode le Grand, en partant pour Rome passa par chez son frère Philippe; alors eut lieu un accord secret entre lui et Hérodiade, femme de Philippe, et selon Josèphe, sœur d'Hérode Agrippa, de répudier sa propre femme à son retour et de se marier avec cette même Hérodiade. Sa, femme, fille d'Arétas, roi de Damas, eut connaissance de cette convention ; alors sans attendre le retour de son mari, elle se hâta de rentrer dans sa patrie. En revenant, Hérode enleva Hérodiade à Philippe et s'attira l’inimitié d'Arétas, d'Hérode Agrippa et de Philippe tout à la fois. Or, saint Jean le reprit, parce que, d'après la loi, il ne lui était pas permis de prendre pour femme, ainsi qu'il l’avait fait, l’épouse de son frère du vivant de celui-ci.
* Cap. XLI.
** In Evangel., cap. LXXIII.

Salome with the Head of St John the Baptist vers 1488 tempera sur panneau hauteur : 21 cm. largeur : 40,5 cm. Sandro Botticelli (1445–1510) Galerie des Offices  palais florentin Domaine public

Hérode voyant que saint Jean le reprenait si durement pour ce crime, et que, d'un autre côté, saint Jean, au rapport de Josèphe, à cause de sa prédication et de son baptême, s'entourait d'une foule de monde, le fit jeter en prison, dans le désir de plaire à sa femme, et dans la crainte d'un soulèvement populaire. Mais auparavant il voulut le faire mourir, mais il eut peur du peuple. Hérodiade et Hérode désiraient également trouver une occasion quelconque pour pouvoir tuer Jean. Il paraît qu'ils convinrent secrètement ensemble qu'Hérode donnerait une fête aux principaux de la Galilée et à ses officiers le jour anniversaire de sa naissance ; qu'il promettrait avec serment de donner à la fille d'Hérodiade, quand elle danserait, tout ce qu'elle demanderait; que cette jeune personne demandant la tête de Jean, il serait de toute nécessité de la lui accorder à raison de son serment, dont il ferait semblant d'être contrasté. Qu'il ait poussé la feinte et la dissimulation jusque-là, c'est ce que donne à entendre l’Histoire scholastique où on lit ce qui suit : « Il est à croire qu'Hérode convint secrètement avec sa femme de faire tuer Jean, en se servant de cette circonstance. » Saint Jérôme est du même sentiment dans la glose : « Hérode, dit-il, jura probablement, afin d'avoir le moyen de tuer Jean; car si cette fille eût demandé la mort d'un père ou d'une mère Hérode n'y eût certainement pas consenti. Le repas est prêt, la jeune fille est là présente ; elle danse devant tous les convives elle ravit le monde ; le roi jure de lui donner tout ce qu'elle demandera. Prévenue par sa mère, elle demande la tête de Jean, mais l’astucieux Hérode, à cause de son serment, simula la tristesse, parce que, comme le dit Raban, il avait eu la témérité de jurer ce qu'il lui fallait tenir. Or, sa tristesse était seulement sur sa figure, tandis qu'il avait la joie dans le cœur. Il s'excuse sur son serment afin de pouvoir être impie sous l’apparence de la piété. Le bourreau est donc envoyé, la tête de Jean est tranchée, elle est donnée à la jeune fille, et celle-ci la présente à sa mère adultère. »

Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste (1607), par Le Caravage. From Web Gallery of Art - http://www.wga.hu/index1.html. Web Gallery of Art have given permission for use of images on Wikipedia.

Saint Augustin, à propos de ce serment, raconte l’exemple suivant dans un sermon qu'il fit à la Décollation de saint Jean-Baptiste.
« Voici un fait qui m’a été raconté par un homme innocent et de bonne foi. Quelqu'un lui ayant nié un prêt ou une dette, il en fut ému et il le provoqua à faire serment. Le débiteur le fit et l’autre perdit. La nuit suivante, ce dernier se crut traîné devant le juge qui l’interrogea en ces termes : « Pourquoi as-tu provoqué ton débiteur à faire serment, quand tu savais qu'il se parjurerait? » Et l’homme répondit : « Il m’a nié mon bien. » « Il valait mieux, reprit le juge, perdre ton bien que de tuer son âme par un faux serment. » On le fit prosterner, et il fut condamné à être battu de verges ; or, il le fut si rudement, qu'à son réveil, on lui voyait encore la marque des coups sur le dos. Mais il lui fut pardonné après qu'il eut fait pénitence. » Ce ne fut cependant point à pareil jour que saint Jean fut décollé, mais un an avant la Passion de J.-C., vers les jours des azymes. Il a donc fallu, à cause des mystères de Notre-Seigneur, que l’inférieur le cédât à son supérieur.
A ce sujet, saint Jean Chrysostome s'écrie : « Jean, c'est l’école des vertus, la règle de vie, l’expression de la sainteté, le modèle de la justice, le miroir de la virginité, le porte-étendard de la pudicité; l’exemple de la chasteté, la voie de la pénitence, le pardon des péchés, la doctrine de la foi. Jean est plus grand qu'un homme, il est l’égal des anges, le sommaire de la loi, la sanction de l’évangile, la voix des apôtres, celui qui fait taire les prophètes, la lumière du monde, le précurseur du souverain juge, l’intermédiaire de la Trinité tout entière. Et cet homme si éminent est donné à une incestueuse, il est livré à une adultère, il est accordé à une danseuse ! »
Hérode ne resta pas impuni, mais il fut condamné à l’exil. En effet, d'après ce qu'on trouve dans l’Histoire scholastique, Hérode Agrippa, vaillant personnage, mais pauvre, se voyant réduit à l’extrémité, s'enferma par désespoir dans une tour avec l'intention de s'y laisser mourir de faim. Hérodiade, sa sœur, informée de cette résolution, supplia Hérode Antipas, tétrarque, son mari, de le tirer de la tour et de lui fournir ce qui lui était nécessaire. Il le fit, et comme ils étaient tous les deux à table, Hérode, tétrarque, échauffé par le vin, reprocha à Hérode Agrippa les bienfaits dont il l’avait comblé lui-même. Celui-ci en conçut un vif chagrin et partit pour Rome où il fut bien accueilli par Caïus César, qui lui accorda deux tétrarchies, celle de Lisanias et celle du pays d'Abilène; il lui plaça, en outre, le diadème sur le front, avec l’intention de le faire roi de Judée. Hérodiade, voyant que: son frère avait le titre de roi, pressait instamment son mari d'aller à Rome et de solliciter aussi pour lui la même distinction. Mais, étant fort riche, il ne voulait pas suivre le conseil de sa femme, car il préférait le repos à des fonctions honorables. Vaincu enfin par ses prières, il alla à Rome avec elle Agrippa, qui en eut connaissance, expédia à César des lettres pour l’informer qu'Hérode s'était assuré de l’amitié du roi des Parthes, et voulait se révolter contre l’empire romain, et pour preuve, il lui fit savoir qu'il avait dans ses places fortes des armes en assez grande quantité pour armer soixante-dix mille soldats. Caïus, après avoir lu la lettre, s'informa, comme s'il le tenait d'une autre source, auprès d'Hérode, sur sa position, et entre autres choses, il lui demanda s'il était vrai, ainsi qu'il l’avait entendu dire, qu'il eût une si grande quantité de troupes sous les armes, dans les villes de sa juridiction. Hérode ne fit aucune difficulté d'en convenir. Caïus, persuadé alors de l’exactitude du rapport d'Hérode Agrippa, l’envoya en exil ; quant à son épouse, qui était sœur de ce même Hérode Agrippa pour lequel il avait beaucoup d'affection, il lui permit de retourner dans son pays. Mais elle voulut accompagner son mari, en disant que puisqu'elle avait partagé sa prospérité, elle ne l’abandonnerait pas dans l’adversité. Ils furent donc déportés à Lyon; où ils finirent leur vie dans la misère. Ceci est tiré de l’Histoire scholastique.

La Décollation de saint Jean-Baptiste Le Caravage (1573–1610) 1608 oil on canvas 361 × 520 cm St. John's Co-Cathedral Valletta, Malta, The reproduction is part of a collection of reproductions compiled by The Yorck Project. The compilation copyright is held by Zenodot Verlagsgesellschaft mbH and licensed under the GNU Free Documentation License.

II. Cette fête est célébrée à cause de la combustion et de la réunion des os de saint Jean; car des auteurs prétendent qu'on les brûla en ce jour, et que les restes en furent recueillis par les fidèles. C'est, en quelque sorte, un second martyre que saint d'eau souffre, puisque i1 est brûlé dans ses os, et c'est la raison pour laquelle l’Église célèbre cette fête comme si elle était son second martyre*. On lit donc au XIIe livre de l’Histoire scholastique ou ecclésiastique, que les disciples de saint Jean ensevelirent son corps auprès de Sébaste, ville de Palestine, entre Elisée et Abdias.
I1 se faisait de grands miracles à son tombeau; mais, par l’ordre de Julien l’Apostat, les gentils dispersèrent les os du saint ; et comme les miracles continuaient toujours, on recueillit les os, on les brûla, puis on les réduisit à une poussière que l’on vanna dans les champs; toujours d'après l’Histoire scholastique. Mais le bienheureux Bède dit que les os eux-mêmes furent ramassés et épars plus loin encore. Saint Jean parut souffrir ainsi un second martyre. (C'est ce que certaines gens imitent sans savoir ce qu'ils font, quand, à la Nativité de saint Jean, ils ramassent des os partout et les brûlent.) Or, pendant qu'on les recueillait pour les brûler, d'après l’Histoire ecclésiastique et le témoignage de Bède, des moines, venus de Jérusalem, se mêlèrent en cachette à ceux qui étaient occupés à les recueillir, et en prirent une grande partie. Ils portèrent alors. ces ossements à Philippe, évêque- de Jérusalem, qui plus tard, les envoya à Athanase, évêque d'Alexandrie.
Dans la suite, Théophile, évêque de cette ville, les mit dans un temple de Sérapis, purgé de ses ordures; il le consacra comme une basilique, en l’honneur de saint Jean. Mais aujourd'hui, on les honore à Gênes, ainsi que Alexandre III et Innocent IV l’ont approuvé par leurs privilèges, après eu avoir reconnu l’authenticité. De même qu'Hérode, qui fit couper la tète à saint Jean, subit le châtiment de ses crimes, de même aussi, Julien l’Apostat qui fit brûler ses os, fut frappé par la vengeance divine. On a l’histoire de la punition de ce dernier dans la légende de saint Julien, après la conversion de saint Paul*.
* Eusèbe de Césarée, I. II; — Hist. ecclésiastique, c. XXVIII; — Sigebert, Chronique, an 394.


St John Altarpiece (détail) entre 1455 et 1460 huile sur panneau de chêne Rogier van der Weyden (1399/1400–1464) Gemäldegalerie Berlin Domaine public

Mais,dans l’Histoire triparlite **, on trouve de plus amples détails sur l’origine de Julien l’Apostat; son règne, sa cruauté et sa mort. Constance, frère du grand Constantin et descendant du même père, eut deux fils, Gallus et Julien. A la mort de Constantin, Constance créa césar Gallus, son fils, que pourtant il tua par la suite. Alors Julien, plein de crainte, se fit moine, et imagina de consulter les magiciens pour savoir s'il pouvait avoir encore l’espérance de parvenir au trône. Après quoi, Constance créa césar Julien, qu'il envoya dans les Gaules, où il remporta grand nombre de victoires. Une couronne d'or, suspendue par un fil entre deux colonnes, tomba sur sa tète, en s'y adaptant parfaitement, au moment où il passait de fil s'était rompu; tous s'écrièrent alors que c'était un signe qu'il serait empereur. Comme les soldats le proclamaient Auguste, et qu'il ne se trouvait pas là de couronne, un des soldats prit un collier qu'il avait au cou et le mit sur le front de Julien,
* Ou mieux, après la légende de sainte Paule, qui est à la suite de la conversion de saint Paul, c'est-à-dire, au 27 janvier.
** Lib. VI, passim.
lequel fut ainsi créé empereur par les soldats. Dès lors, il renonça aux pratiques du christianisme, qu'il ne suivait que d'une manière hypocrite, ouvrit les temples des idoles et leur y offrit des sacrifices. Il se proclamait le Pontife des païens et faisait abattre partout les images de la Croix. Une fois, la rosée tomba sur ses vêtements et sur ceux des personnes qui l’accompagnaient, et chaque goutte prit la forme d'une croix. Dans le désir de plaire à tous, il voulut, après la mort de Constance, que chacun suivît le culte qui lui convînt; il chassa de sa cour les eunuques, les barbiers et les cuisiniers; les eunuques, parce qu'après la mort de sa femme il ne s'était point remarié ; les cuisiniers, parce qu'il ne faisait usage que des mets les plus simples, et les barbiers, parce que, disait-il, un seul était suffisant pour beaucoup de monde. Il composa une foule d'outrages, dans lesquels il déchira tous les princes, ses prédécesseurs. En chassant les cuisiniers et les barbiers il faisait œuvre de philosophe, mais non pas d'empereur; mais en critiquant et en déférant des louanges, il ne se comporta ni en philosophe ni en empereur.
Un jour que Julien offrait un sacrifice aux idoles, dans les entrailles de la brebis qui venait d'être immolée, on lui montra le signe de la croix entouré d'une couronne. A cette vue, les ministres eurent peur, et expliquèrent le fait en disant qu'il viendrait un temps qui n'aurait pas de terme, et où la croix serait victorieuse et uniquement vénérée. Julien les rassura et dit que cela indiquait qu'il fallait réprimer le christianisme et le resserrer dans un cercle.

Les Pénitents (qui accompagnaient entre autres les condamnés à mort) avaient comme emblème de leur confrérie la tête de saint Jean Baptiste. Aussi elle est représentée sur la façade de leur chapelle.Attribution: Paul Munhoven

Tandis que Julien offrait à Constantinople un sacrifice à la Fortune, Maris, évêque de Chalcédoine, auquel la vieillesse avait fait perdre la vue, le vint trouver et l’appela impie et apostat. Julien lui dit « Ton Galiléen n'a donc pu te guérir, lui? » Maris lui répondit : « J'en rends grâces à Dieu, car il m’a privé de la vue afin de ne pas te voir dépouillé de piété. » Julien ne lui répondit rien et se retira. A Antioche, il fit ramasser. les vases sacrés et les ornements, puis les jetant parterre, il s'assit dessus et se permit de les salir. Mais à l’instant, il fut frappé à l’endroit par où il avait péché, en sorte que les vers y fourmillaient et rongeaient les chairs. Tant qu'il vécut depuis, il ne put se guérir.
Julien le préfet qui, par l’ordre de l’empereur, avait enlevé les vases sacrés appartenant aux églises, dit en les salissant de son urine : « Voyez dans quels vases on administre le fils de Marie.» Immédiatement sa bouche est changée en anus : et ce fut ainsi qu'il satisfaisait les besoins de la nature. Pendant que l’apostat Julien entrait dans le temple de la Fortune, les ministres du temple aspergeaient avec de l’eau ceux qui arrivaient afin de les purifier: Valentinien vit une goutte de cette eau sur sa chlamyde; plein d'indignation, il frappa du poing le ministre en disant qu'il était sali plutôt que purifié. L'empereur, témoin de cela, le fit mettre sous bonne garde et conduire dans un désert. En effet, Valentinien était chrétien, et il mérita pour récompense d'être élevé par la suite à l’empire. Par haine encore contre les chrétiens, Julien fit aussi réparer le temple des Juifs, auxquels il fournit des sommes énormes; mais quand ils eurent rassemblé une grande quantité de pierres, un vent extraordinaire s'éleva subitement et les dispersa toutes; ensuite il se fit un affreux tremblement de terre; en dernier lieu, le feu sortit des fondements et brûla beaucoup de monde *.
Un autre jour, une croix apparut dans le ciel et les habits des Juifs furent couverts de croix de couleur noire. En allant chez les Perses, il vint à Ctésiphonte qu'il mit en état de siège. Le roi, qui s'y trouvait, lui offrit la moitié de son pays, s'il voulait s'en aller. Mais Julien s'y refusa : car il avait les idées de Pythagore et de Platon au sujet de la mutation des corps, croyant posséder l’âme d'Alexandre, ou plutôt qu'il était lui-même Alexandre dans un autre corps. Mais tout à coup il reçut un dard qui s'enfonça dans son côté ; cette blessure mit fin à sa vie. Qui lança cette flèche ? On l’ignoré encore ; mais les uns pensent que ce fut un des esprits invisibles, d'autres, que ce fut un. berger ismaélite : quelques-uns disent que c'était la main d'un soldat abattu par la faim et les fatigues de la route. Que ce soit un homme ou bien un ange, il fut évidemment l’instrument de Dieu. Calixte, un de ses familiers, dit qu'il fut frappé par le démon.
* Socrate, Hist. ecclés., I. III, c. XVII ; — Sozomène; Nicéphore, l. X, c. XXXII-XXXIII.
Beheading of John the Baptist. Wenceslas Hollar (1607–1677) 1646 7 x 5 cm. Thomas Fisher Rare Book Library Domaine public

III. L'institution de cette fête eut lieu à l’occasion de l’invention du chef de saint Jean en ce jour. Au XIe livre de l’Histoire ecclésiastique, il est écrit que saint Jean fut détenu et décapité dans un château de l’Arabie nommé Machéronte. Mais Hérodiade fit apporter la tête du saint à Jérusalem où elle la fit enterrer avec soin auprès de la maison d'Hérode, dans la crainte que ce prophète ne ressuscitât, si son chef était enterré avec son corps. Or, du temps de Marcien, en 153, saint Jean révéla où était sa tête à deux moines venus à Jérusalem. Ils allèrent en toute hâte au palais qui avait appartenu â Hérode, et trouvèrent le précieux chef enveloppé dans des sacs de poils de chèvre provenant, je pense, des habits dont saint Jean était revêtu dans le désert. Durant le trajet qu'ils firent pour retourner en leur pays avec ce trésor, un potier de la ville d'Emèse, vivant de son métier, se joignit à eux. Or, tandis que cet homme portait la besace qu'on lui avait confiée, et dans laquelle se trouvait le saint chef, ce dont il avait été averti la nuit par saint Jean, il se déroba de ses compagnons, et s'en vint à Emèse avec cette relique, qu'il y garda avec respect dans un trou profond tout le temps qu'il vécut: dès lors ses affaires prospérèrent extraordinairement. Etant près de mourir, il révéla son secret à sa soeur en toute confiance, et ses héritiers en firent autant les uns aux autres. Longtemps après, saint Jean révéla. à un saint moine, nommé Marcel, habitant la même caverne, que sa tête s'y trouvait. Le fait se passa de la manière suivante.
Pendant son sommeil il lui semblait qu'une grande foule s'avançait et disait : « Voici que saint Jean-Baptiste vient. » Il vit ensuite le saint. conduit par deux personnages, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. Or, tous ceux qui s'approchaient recevaient une bénédiction. Marcel s'étant approché se prosterna à ses pieds, mais le saint précurseur le fit lever, et le prenant par le menton, il lui donna le baiser de paix. Alors Marcel lui demanda: « Seigneur, d'où êtes-vous venu chez nous?» Saint Jean répondit: « De Sébaste.» Quand Marcel fut éveillé, il fut fort étonné de cette vision; mais une autre nuit qu'il dormait, quelqu'un vint le réveiller; après quoi, il vit une étoile brillante arrêtée sur la porte de sa petite cellule. Il se leva et voulut la toucher, mais elle se posa ailleurs. Alors il suivit l’étoile jusqu'à ce qu'elle se fût arrêtée à l’endroit où se trouvait la tête de Jean-Baptiste. Il y fouilla, trouva une urne contenant ce saint trésor. Quelqu'un, qui n'en croyait rien, mit la main sur l’urne, niais à l’instant sa main se sécha et resta attachée au vase. Alors ses compagnons s'étant mis en prières, il put retirer sa main, mais elle resta paralysée. Or, saint Jean lui apparut et lui dit: « Quand on déposera mon chef dans l’église, tu toucheras l’urne et tu seras guéri. » Il le fit, et fut guéri entièrement. Marcel rapporta ces événements à Julien, évêque d'Emèse. Ils prirent la tête et la transportèrent dans la ville. A partir de cette époque, l’on commença en cette ville à célébrer la décollation de saint Jean au jour, où, pensons-nous, le chef fut trouvé ou élevé, selon ce qu'en dit l’Histoire scholastique. Dans la suite on en fit la translation à Constantinople.
The head of John the Baptist is depicted with a sword on a platter, a plinth with an extinguished lamp behind. The vignette has letterpress in two columns above and on verso. 1800. The engraving is lettered below image with production detail: "P.J. de Loutherbourg inv & delt.", "J. Heath dirext." The print made by James Heath after a drawing by Philippe De Loutherbourg. Dimensions: height: 485 millimetres; width: 392 millimetres. http://www.archive.org Attribution: Phillip Medhurst

D'après l’Histoire tripartite (l. IX, c. XLIII), l’empereur Valens ordonna que le saint chef fût mis sur un char et transporté à Constantinople ; mais arrivé auprès de Chalcédoine, on ne put faire avancer le char, quels qu'aient été les moyens employés pour aiguillonner et presser les bœufs. On fut donc forcé de laisser là le chef. Mais, dans la suite, comme Théodose voulait l’enlever, il pria la vierge, aux soins de laquelle il était confié, de lui permettre de l’emporter. Elle y voulut bien consentir, dans la persuasion que, comme du temps de Valens, il ne se laisserait pas emporter. Alors le pieux empereur enveloppa le chef dans de la pourpre et le transporta à Constantinople où il lui fit bâtir la plus belle des églises. De là, il fut peu de temps après transporté à Poitiers dans les Gaules, sous le règne de Pépin. Plusieurs morts y furent ressuscités par ses mérites.
— Or, de même qu'Hérode, qui avait fait couper la tête à saint Jean et que Julien qui brûla ses os, furent punis, de même aussi Hérodiade, qui avait suggéré à sa fille de demander la tête de Jean, reçut la punition de son crime, ainsi que la fille qui avait fait la demande. Quelques-uns disent qu'Hérodiade ne mourut pas en exil comme elle y avait été condamnée, mais alors qu'elle tenait dans les mains la tête de saint Jean, elle se fit un plaisir de l’insulter; or, par une permission de Dieu, cette tête elle-même lui souffla au visage, et cette méchante femme mourut aussitôt. C'est le récit du vulgaire ; mais ce qui a été rapporté plus haut, qu'elle périt misérablement en exil avec Hérode, est affirmé par les saints dans leurs chroniques : et il faut s'y tenir. Quant à sa fille, elle se promenait un jour sur une pièce d'eau gelée dont la glace se brisa sous ses pieds, et elle fut étouffée à l’instant dans les eaux. On lit cependant dans une chronique qu'elle fut engloutie toute vive dans la terre. Ce qui peut s'entendre, comme quand on parle des Égyptiens engloutis dans la mer Rouge, on dit avec l’Écriture sainte : « La terre les dévora. »

Head of the Baptist entre 1464 et 1468 tempera sur bois Giovanni Bellini (1430–1516) Musei Civici, Pesaro Domaine publique

IV. La translation de son doigt et la dédicace de son église. On dit que le doigt avec lequel saint Jean montra le Seigneur ne put être brûlé. C'est pour cela que ce doigt fut trouvé par les moines dont il a été parlé. Dans la suite sainte Thècle le porta au delà des Alpes et le déposa dans une église dédiée à saint Martin*. Ceci est attesté par Jean Belette qui dit que sainte Thècle apporta ce doigt, qui n'avait pu être brûlé, des pays d'outre-mer en Normandie** où elle fit élever une église en l’honneur de saint Jean. On assure que cette église fut dédiée à pareil jour. C'est ce qui a porté le souverain Pontife à faire célébrer en ce jour cette fête dans l’univers entier.
— Dans une ville des Gaules nommée Maurienne ***, se trouvait une dame remplie de dévotion envers saint Jean-Baptiste elle priait Dieu avec les plus grandes instances pour obtenir quelqu'une des reliques de saint Jean. Mais comme elle voyait que ses prières n'étaient pas exaucées, elle prit la confiance de s'engager avec serment à ne point manger, jusqu'à ce qu'elle eût reçu ce qu'elle demandait.
Après avoir jeûné pendant quelques jours, elle vit sur l’autel un pouce d'une admirable blancheur, et elle recueillit avec joie ce don de Dieu. Trois évêques étant accourus à l’église, chacun d'eux voulait avoir une parcelle de ce pouce, quand ils furent saisis de voir couler trois gouttes de sang sur le linge où était placée la relique, et ils s'estimèrent heureux d'en avoir obtenu chacun une *.
* Les éditions plus modernes disent saint Maxime.
** J. Beleth dit la Mauritanie, c. CXLVII.
*** Saint-Jean de Maurienne ainsi nommée à cause des miracles de saint Jean-Baptiste.

Théodoline, reine des Lombards, fit élever et dota à Modoetia, près de Milan, une grande église en l’honneur de saint Jean-Baptiste. Dans la suite du temps, d'après le témoignage de Paul **, Constantin  aussi bien que l’empereur Constance, voulant soustraire l’Italie à la domination des Lombards, demanda à un saint homme, doué de l’esprit de prophétie, quelle serait l’issue de la guerre. Celui-ci passa la nuit en prière et le lendemain matin,. il répondit : « La reine a fait construire une église à saint Jean-Baptiste qui intercède continuellement pour les Lombards, et c'est pour cela qu'ils ne peuvent être vaincus. II viendra cependant un temps que ce lieu sera méprisé et alors les Lombards seront vaincus.» Ce qui fut accompli au temps de Charles.
— Il est rapporté par saint Grégoire ***, qu'un homme d'une grande sainteté, nommé Sanctulus, avait reçu en sa garde un diacre pris par les Lombards, sous la condition que si ce diacre s'enfuyait, il serait, lui, condamné à perdre la tête. Sanctulus força le diacre à s'enfuir et à recouvrer la liberté. Alors Sanctulus fut conduit au supplice; et pour l’exécution on choisit le bourreau le plus robuste qui pourrait, sans le moindre doute, trancher la tête d'un seul coup. Sanctulus avait présenté son cou et le bourreau avait levé l’épée avec le bras de toute sa force, quand le patient dit : « Saint Jean, recevez-le. » A l’instant, le bras du bourreau se roidit et resta immobile avec l’épée en l’air; il fit alors le serment de ne frapper désormais plus aucun chrétien ; alors l’homme de Dieu pria pour lui et aussitôt il put baisser le bras.
* Saint Grégoire de Tours, De gloria martyr., 1. I, c. XIV.
** Histoire des Lombards, l. V, c. VI.
*** Dialogues, l. III, c. XXXVII.


La Légende Dorée

vendredi 28 juin 2013

Les années 430 (de 430 à 439) Culture

Inventions, découvertes, introductions

Vers 435 : Éreptiole, premier évêque de Coutance, fonde une église et un Hôtel-Dieu, qui deviendra le Centre Hospitalier Louis Pasteur à Cherbourg.
L'Hôtel-Dieu
Le premier hospice est bâti près du ruisseau de la Bucaille vers 436 par Saint Éreptiole, premier évêque de Coutances. Il vit de dons privés jusqu'à ce que Guillaume le Bâtard, ayant épousé sa cousine, Mathilde, en 1049, obtienne la révocation de l'excommunication des époux lancé par le pape Léon IX, en fondant cent places de pauvres dans quatre hôpitaux, à Cherbourg, Bayeux, Caen et Rouen. Le curé de l'église de la Trinité reçoit alors la charge de prieur de l'hospice, qui devient peu après à la déchéance du comte Gerberot, également commandant des bourgeois de la garde du château et seigneur du fief du Lardier, c'est-à-dire l'essentiel du territoire de Cherbourg2.
Pillé, puis brûlé au cours des différentes attaques anglaises de la fin du XIIIe siècle, il est peu à peu abandonné au profit d'un nouvel établissement proche de l'église. Une dépendance est édifiée rue Hervieu en 1767. Pillé à la Révolution française, il ne rouvre qu'en 1804. Puis, à l'étroit, la ville achète au milieu du XIXe siècle un terrain nommé Tivoli, au haut de la rue de la Duchée, face au cimetière, pour y transféré les 17 aliénés.


Vitrail de saint Éreptiole (moderne mais pas de date et pas d'auteur) dans la cathédrale de Coutances Attribution: Giogo/Wikimédia Commons

Saint Éreptiole fut le premier évêque de Coutances au Ve siècle. Il évangélise les païens locaux et fait construire une première église en bois.
Vers 430, Saint Éreptiole aurait construit une église, de type basilical à l'emplacement d'un temple gallo-romain. Il a été le premier évêque de la ville de Coutances. Cette première basilique aurait été « détruite par les Normands infidelles » vers 866, selon Toustain de Billy. La fuite de l'évêché de Coutances, venu se réfugier à Rouen, laisse la ville sans cathédrale pendant une longue période.

Gravure publiée en 1822 Gravure Auteur: J.S. Cotman, dess. et aut. du texte Description matérielle : 100 est. : taille-douce et burin : n. et b. ; 50 x 35 cm et moins Source: Dans "Architectural Antiquities of Normandy"/ J.S. Cotman, Londres, J. et A. Arch. Cornhill, 1822. L'ouvrage comprend 100 planches et 3 figures, toutes reproduites en 100 images numérisées d'après le microfilm R 122038. Paris. BNF (Magasin central des Imprimés). Gr Fol Lj5 71 BNF/Libre de droit 

Vers l'an 436, Saint-Ereptiole fonde l'asile de la maison de Dieu, bâti en bordure du ruisseau la Bucaille à Cherbourg et cette institution de la générosité publique jusqu'en 1053.

Religion et philosophie

Apparition de la première représentation du Christ crucifié sur le portail de l'église Sainte-Sabine de Rome.

 Apparition de la première représentation du Christ crucifié sur le portail de l'église Sainte-Sabine de Rome. Attribution: Talmoryair/Wikimédia Commons    

430 : l’évêque de Rome Célestin condamne la doctrine nestorienne. Le patriarche d’Alexandrie Cyrille fait aussitôt rédiger par un concile égyptien une mise en demeure qu’il transmet à Nestorius.
   
431 : concile d'Éphèse.

Représentation du concile d'Ephèse de 431 dans l'église Notre-Dame de Fourvières à Lyon. Au centre Saint Cyrille montre l'enfant et Marie, proclamant la maternité divine de la Vierge.Attribution: Philippe Alès/Wikimédia Commons   

Le déroulement du concile
Le concile est convoqué pour la Pentecôte, le 7 juin 431, par Théodose II ; Nestorius, accompagné de seize évêques et de nombreux laïcs fait face à Cyrille d'Alexandrie et cinquante épiscopes ; Jean d'Antioche et ses suffragants sont absents à l'ouverture, ce qui semble une manœuvre pour ne pas prendre parti trop tôt.
Le 22 juin, Cyrille déclare l'assemblée officiellement ouverte en dépit de l'absence de Jean ; Nestorius est déposé à l'unanimité par 198 délégués épiscopaux.
Le 26 juin, Jean d'Antioche et ses partisans arrivent et furieux, organisent un contre-concile qui dépose Cyrille, Memnon d’Éphèse et leurs partisans.
Le 10 juillet arrivent les légats pontificaux Arcadius, Profectus, Philippe, envoyés par Célestin Ier, qui valident la déposition de Nestorius.
Le 22 août, Théodose II ordonne la dissolution du concile. Cyrille renonce à exiger la reconnaissance écrite de ses douze anathèmes contre Nestorius, ce qui lui permet de faire la paix avec Jean d'Antioche au printemps 433 autour du "Symbole d'union".
 
432 : début supposé de la christianisation de l'Irlande par Patrick.

Photo of Saint Patrick of Ireland Attribution: Cusifain/Wikimédia Commons    

Vers 432 : Eucher de Lyon devient évêque de Lyon (fin en 450). Il est célèbre pour ses exégèses.

La statue d'Eucher à l'entrée du village de Beaumont-de-Pertuis Attribution Paul Munhoven/Wikimédia Commons  

Ce commentateur des Écritures, dont la langue et le style furent admirés par Érasme lui-même, est resté célèbre dans l’Église par ses écrits. Un an après son retour des îles de Lérins, il composa de Laude Eremi pour louer les bienfaits de la solitude et chanter la gloire de son abbaye. Trois ans plus tard, en 430, afin de convertir son cousin païen le patrice Valérien, il écrivit de Contemptu Mundi. 
« On a vu et l’on voit encore, dans ce monde aux cheveux blancs, la famine, la peste, la dévastation, les guerres et la terreur. »
Pour son fils Salonius, il commenta la Bible dans une série de textes intitulés Instructionum Libri et fit de même pour Véran avec ses Formulæ. Son œcuménisme lui fit prendre ses références aussi bien chez Jean Cassien et Jérôme que chez leur contempteur Augustin.
Restent quelques-uns unes de ses Lettres dans lesquelles il rend compte de ses voyages. La plus célèbre d’entre elles est l’épître qu’il envoya à Salvius, l’évêque d’Albi, après sa visite dans le Valais à l’abbaye d’Agaune, fondée par les moines de Lérins. Il y décrit les Alpes, le Rhône, le massacre de la légion thébaine, le martyre de Mauricius et de ses compagnons, ordonné par Maximien Hercule, à la fin du IIIe siècle, avant d’aller châtier les Bagaudes, paysans gaulois révoltés. Bien qu’Eucher y affirme : « J’ai demandé la vérité sur ces points à des gens capables de me l’apprendre », il aurait, d’après les spécialistes, fait plus œuvre littéraire qu’œuvre d’historien.
Ce qui n’empêcha pas que son influence fut immense si on en juge ce qu’en rapporte son contemporain Claudius Mamertus :
« D’âge jeune et d’esprit mûr, méprisant la terre et n’aspirant qu’au ciel, profondément humble et d’un mérite éminent, doué d’une intelligence pénétrante, d’une science étendue et d’une éloquence débordante, il fut sans conteste le plus grand parmi les plus grands évêques de son temps. »
 
434 : Commonitorium , traité contre les hérésies de Vincent de Lérins.
Le Commonitorium ou Aide-mémoire fut écrit par saint Vincent de Lérins sous le pseudonyme de Peregrinus, peut-être trois années avant le Concile d’Éphèse (431).
Vincent en définit ainsi l'objectif : "Ici commence le traité de Pérégrinus pour l'antiquité et l'universalité de la foi catholique (comprendre catholique dans le sens "exacte", ne pas confondre avec Eglise Catholique) contre les nouveautés profanes de toutes les hérésies."
L'ouvrage, véritable discours de la méthode en théologie, donne les règles fondamentales qui permettent de discerner l’erreur de la foi catholique.
Vincent met en exergue trois critères : l’universalité, l’antiquité et l’unanimité :
« Quod ubique, quod semper, quod ab omnibus »
« Tenir pour vérité de foi ce qui a été cru partout, toujours et par tous ».
Pour contrebalancer ce qu’ont de rigide ces trois repères, Vincent ajoute qu’il existe un progrès dans les sciences théologiques, mais toujours « selon leur nature particulière, c’est-à-dire dans le même dogme, dans le même sens, et dans la même pensée. »
Le commonitorium est encore aujourd'hui utilisé par l'Église Orthodoxe.


Art et culture

La séparation d'Abraham et Loth, mosaïque de la nef de la basilique Sainte-Marie-Majeure.

La séparation d'Abraham et Loth, mosaïque de la nef de la basilique Sainte-Marie-Majeure.     This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.


   
Construction de Sainte-Marie-Majeure à Rome.

Francesco travani, progetto di bernini per la tribuna di s. maria maggiore, 1669.JPG Attribution: I, Sailko/Wikimédia Commons    

map of Giacomo Lauro and Antonio Tempesta showing the Seven Pilgrim Churches of Rome, which was used for the first time during the Jubilee in the year 1600. The plate was afterwards reissued as a guide for the pilgrims in 1609, 1621, 1630 and 1636.     Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré. 

Construction du baptistère octogonal de Saint Jean de Latran à Rome.

This image is taken from Georg Dehio/Gustav von Bezold: Kirchliche Baukunst des Abendlandes. Stuttgart: Verlag der Cotta'schen Buchhandlung 1887-1901, Plate No. 7. Due to its age, it is to be used with care. It may not reflect the latest knowledge or the current state of the depicted structure.Domaine public    


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mardi 11 juin 2013

Les années 290 (de 290 à 299) Histoire et Culture

Événements

290, Empire romain  : Dioclétien et Maximien Hercule se rencontrent à Milan lors du cinquième anniversaire de leur règne pour discuter de leurs succès et de leurs échecs.

291-306 : guerre civile en Chine, dite guerre des huit princes.

293 : début de la Tétrarchie. Constance Chlore prend Boulogne, bat les Francs et installe comme colons de nombreux barbares dans le Nord de la Gaule1.

294-296 : Constance Chlore restaure la ville d'Augustodunum (Autun).
La cité d'Augustodunum (Autun) fut fondée durant le règne d'Auguste en -15 : son nom antique signifie « la forteresse d'Auguste ». Elle était destinée à remplacer Bibracte, capitale des Éduens, afin de remercier ce peuple de son alliance ancestrale avec Rome. Auguste avait la volonté de créer en Gaule une grande cité qui montrerait la puissance romaine. Augustodunum fut donc dotée de splendides monuments qui font sa renommée aujourd'hui encore.

Remparts gallo-romain, Autun, Bourgogne, FRANCE Attribution: Christophe.Finot

La création d'Autun attira les populations environnantes et notamment les habitants de Bibracte, l'oppidum éduen, qui tomba peu à peu dans l'oubli.

Le théâtre romain d'Autun Bourgogne, FRANCE Attribution: Christophe.Finot

Prise par Julius Sacrovir en l'an 21, elle fut le foyer de la révolte de ce Gaulois. Au IIIe siècle, elle se révolte contre la domination de l'empire des Gaules et se rallie à l'empereur Claude II. Elle fut assiégée en 270 durant sept mois, prise et saccagée par l'usurpateur Victorinus. Elle fut relevée de ses ruines sous la tétrarchie, le siège et la reconstruction ont été évoqués une génération après ces événements par des rhéteurs gaulois de l'école d'Autun, en 297 par Eumène et en 311 par un anonyme dans son panégyrique de Constantin.

296-297 : révolte en Égypte de Domitius Domitianus et Achilleus.
Aurelius Achilleus est un usurpateur romain de la fin du IIIe siècle.
Profitant d'une situation économique difficile dans les provinces égyptiennes, il soulève les populations locales vers 292 au nom de Domitius Domitianus, son supérieur, qui prend la tête de la rébellion. En 296 Domitius Domitianus s'est rendu maître de toute l'Égypte et usurpe le titre d'Auguste. L'empereur Dioclétien intervient personnellement et fait reculer les rebelles qui doivent s'enfermer dans Alexandrie. À la mort de Domitius Domitianus en 297, Achilleus prend la tête du soulèvement et se proclame à son tour empereur. Il ne parvient néanmoins pas à éviter la chute de la ville qui tombe aux mains de Dioclétien en 298. Achilleus meurt sur ces entrefaites.

296-298 : guerre persique. Narses, roi sassanide de Perse, marche jusqu’à Carrhes. Galère, qui veut l’arrêter, sera vaincu entre Carrhes et Nicéphorion (297).
Harran (ou Carrhes) est une ville et un district de Turquie, au sud-est de la Turquie actuelle, au croisement des routes de Damas, de Karkemich et de Ninive. C'est également un site archéologique : on peut y voir les murailles de la cité antique, longues de cinq kilomètres, et d'importants vestiges médiévaux tel que le château et l'Ulu Camii, une grande mosquée du VIIIe siècle. De nos jours, subsistent seulement deux villages aux constructions typiques de pierre et d'argile crue surmontées de coupoles en formes de ruches, tandis qu'un habitat moderne se développe aux abords du site archéologique.
Racca, Rakka, Raqqa(h), ar-Raqqa ou ar-Raqqah selon les ouvrages, est une ville du centre de la Syrie sur les rives de l'Euphrate en aval du Lac el-Assad, à environ 160 km à l'est d'Alep. C'est la capitale de la région homonyme.
La ville fut fondée par Alexandre le Grand, sous le nom de Nicephorium, en souvenir d'une de ses victoires, et fit partie de l'Osroène. Elle s'est nommée ensuite successivement Callinicum, Constantinopolis, Léontopolis.

297 : réforme fiscale de Dioclétien. Répression de la révolte des Berbères en Afrique.

298 : guerre de Constance Chlore contre les Alamans.

Époque probable du règne d'Afilas, roi d’Aksoum.
Aphilas (début IVe siècle) est un roi d'Aksoum.

Monnaie d'Aphilas Attribution: Classical Numismatic Group, Inc. http://www.cngcoins.com

Aphilas continue de frapper des monnaies de type romain puis adopte subitement un second type orné de son effigie à l’avers comme au revers, à l’imitation des monnaies d’Arabie du Sud. On peut expliquer ce changement par les nécessités du commerce dans les territoires du Yémen soumis1.

Vers la fin du IIIe siècle, le royaume Sabéen du Yémen est aux mains de Sciamir-Youhar’irsh (Shammir Yuharish), qui oppresse la fraction des Habachat restée sur son territoire. Les princes Aksoumites, sans doute le roi Afilas, interviennent contre Saba et Raïdân et y établissent leur suzeraineté. Ils prennent alors le titre de rois d’Aksoum, d’Himyar, de Saba, de Raïdân et de Salbên.

Économie et société

Réforme fiscale de Dioclétien. Établissement d'une assiette fondée sur des critères fonciers (jugatio, mesure des juga de terre) et personnels (capitatio, mesure des capita humains et animaux). L'impôt se paye en nature (annona) et en espèce. Tous les ans, un décret impérial, l’indictio, en fixe le montant. L'existence d'un impôt personnel calculé d'après la capitatio dans l'empire protobyzantin est toutefois un sujet très débattu par les historiens. Les matières premières reçues comme impôt sont transformées par des manufactures d’État qui détiennent des monopoles : tuiles, briques, fonderies, fabriques d’armes, tissage, teinturerie de pourpre, etc. La condition des ouvriers est rude : marqués au fer comme les mineurs ou les soldats, les ouvriers des fabriques d’armes ne peuvent quitter leur profession, qui est héréditaire.

Laterculus Veronensis ou liste de Vérone, qui contient la liste exacte des provinces et des diocèses sous Dioclétien, datée par Theodor Mommsen de 297. Réforme de l’administration provinciale dans l’empire romain. La centaine de provinces est regroupée en douze diocèses, puis les diocèses en quatre préfectures (Gaules, Italie, Illyrie et Orient). L’Afrique est divisée en huit provinces. L’Afrique proconsulaire en forme trois : la Proconsulaire (Carthage), la Byzacène (Sousse), la Tripolitaine (Leptis Magna). La Numidie forme deux provinces : la Numidie du Nord (Cirta), la Numidie militaire (Lambèse). La Maurétanie césarienne est amputée de la Maurétanie sitifienne (Sétif). La Maurétanie tingitane est rattachée aux provinces d’Espagne. Enfin Dioclétien fait reculer le limes dans l’espoir de mieux défendre l’Afrique.

Dioclétien augmente les effectifs de l’armée romaine d’une vingtaine de légions, soit une augmentation d’environ 200 000 hommes avec les corps auxiliaires correspondants. Cette armée qui atteint jusqu'à 500 000 hommes est financée par la réforme financière.

Personnages significatifs

Allectus
Allectus, mort en 297, est un aventurier breton qui usurpe le trône impérial en 293.
Il est d'abord fonctionnaire des finances de Carausius, général romain, qui a usurpé la pourpre dans la Grande-Bretagne. Il l'assassine pour prendre la pourpre à son tour en 294, soutenu par les marchands de Londinium.

Profil d'Allectus sur une pièce.Usurpateur romain Category:Roman coins

Afin de sauver ce qui pouvait l'être, il renonce à défendre ses provinces continentales. Il rapatrie en Bretagne les légions les plus combatives ainsi que sa flotte intacte.
Mais Constance Chlore décide de bien préparer son invasion car la puissante flotte d'Allectus patrouille constamment dans la Manche, et de plus, le nord de la Gaule n'est pas encore pacifié. Le débarquement se fait en 296, opéré à la fois par Constance Chlore et son préfet du prétoire Asclepiodotus qui a la gloire de vaincre les troupes d'Allectus et de le tuer lors des combats (297).

Carausius (années 280 histoire)


Constance Chlore
Constance Ier, dit « Constance Chlore » (Chlorus : le pâle) (v. 250 - 306) est césar du 1er mars 293 au 1er mai 305 et empereur romain du 1er mai 305 au 25 juillet 306.


Pièce à l'effigie de Constance Chlore.Attribution: Classical Numismatic Group, Inc. http://www.cngcoins.com

En 305, Dioclétien et Maximien abdiquèrent, et les deux Césars, Galère et Constance Chlore furent promus Auguste. En conséquence de cette élévation, Constance Chlore dut prendre comme César (empereur adjoint) Sévère II alors qu'il aurait probablement préféré prendre son fils Constantin. Ce choix lui a vraisemblablement été imposé par Dioclétien qui était hostile à la transmission héréditaire de la fonction impériale. Dioclétien avait d'ailleurs exigé que Constantin restât aux côtés de Galère (donc en Orient) presque comme un "otage" garantissant le comportement loyal de son père.
Pour faire revenir son fils près de lui, Constance invoqua la nécessité d'une campagne contre les Pictes (ou Scots) qui envahissaient les provinces de Bretagne. Galère finit par accepter le départ de Constantin qui rejoignit son père au début de l'année 306 à Gesoriacum (Boulogne).
Après plusieurs victoires contre les Pictes, Constance se rendit à Eburacum (York) en compagnie de son fils Constantin, quand il mourut, de mort naturelle, le 25 juillet 306.

Dioclétien (voir les années 280)

Domitius Domitianus
Lucius Domitius Domitianus (juillet 296-mars 297) est un usurpateur romain.
En juillet 296, Domitius Domitianus se rebella en Égypte contre l'empereur Dioclétien, et sa réforme fiscale.
Domitius Domitianus Usurpateur romain *'''Source:''' see license {{PD-Coins-Krenzer}} Category:Roman coins

Il prit le contrôle d'Alexandrie, puis toute l'Égypte se rebella à son tour. Domitianus se proclama empereur, il tenta de réintroduire l'ancien système monétaire. Dioclétien ne pouvant supporter la perte de l'Égypte, se lança personnellement à la reconquête. Il finit par remporter la victoire en faisant le siège de la ville pendant de longs mois, il fit exécuter Domitianus, et ferma l'atelier de frappe colonial pour le remplacer par un atelier impérial.

Galère
Maximien Galère, dit Galère, né vers 250 à Felix Romuliana et mort en avril 311 en Dardanie est un empereur romain du Bas-Empire ayant régné pendant la Tétrarchie.
Statue en porphyre de Galère from his palace in Romuliana (Gamzigrad). Serbie Attribution: Shinjirod

Désigné par Dioclétien comme vice-empereur, en charge de l'Illyrie, en 293, Galère devient l'un des quatre hommes qui dirigent collégialement l'Empire. Il est victorieux de plusieurs campagnes militaires, notamment contre les Perses, en Orient, en 298.
Très critique à l'égard de la religion chrétienne, il approuve, la mise en place de la grande persécution décrétée en 303 par son supérieur, l'empereur Dioclétien, sur lequel il a de plus en plus d'influence. Affaibli par la maladie, Dioclétien prend en 304 la décision de se retirer du pouvoir. L'abdication conjointe des deux principaux tétrarques signe la promotion des deux vice-empereurs. Galère devient ainsi l'Auguste à la tête de la partie orientale de l'Empire, le 1er mai 305.

Galère, vainqueur de Narseh sur l'arc de triomphe de Thessalonique.J. Matthew Harrington, personal digital image, Original uploader was Nefasdicere at en.wikipedia

The Arch of Galerius in Thessaloniki, Greece, seen from the east. Photograph taken June 2004 by Mark J. Nelson.

Des quatre tétrarques, il devient dans les faits le principal dirigeant de l'Empire. En effet, les deux nouveaux Césars censés les épauler, lui et son collègue Constance Chlore, sont deux de ses proches. Son vice-empereur, Maximin II Daïa, est son propre neveu tandis que l'adjoint de Constance Chlore, Sévère, a combattu à ses côtés. Rapidement toutefois la situation politique se dégrade. À la mort de son co-empereur Constance en 306, son fils, Constantin, s'autoproclame empereur en Bretagne, immédiatement imité en cela, à Rome, par Maxence, fils de Maximien Hercule l'ancien collègue de Dioclétien. Galère envoie aussitôt Sévère marcher contre Maxence et Maximien venu l'épauler. Cependant, la mort de Sévère et l'échec de la campagne de Galère en Italie destinée à défaire les usurpateurs l'oblige à réviser le système tétrarchique. En 308, lors de la conférence impériale de Carnuntum, il élève directement Licinius à l'Augustat en remplacement de Sévère et reconnaît officiellement Constantin qu'il nomme César. Comme ils protestent contre la promotion de Licinius, les deux Césars, Constantin et Maximin Daïa, sont finalement nommés, à leur tour, Auguste en 310.

Les empereurs de la première Tétrarchie : Dioclétien, Maximien, Constance et Galère.in a porphyry sculpture dating from the 4th century, produced in Asia Minor, today on a corner of Saint Mark's in Venice, next to the "Porta della Carta".Attribution: Nino Barbieri

Galère tombe malade sur ces entrefaites. Victime d'une longue et douloureuse maladie, son dernier acte politique est la proclamation le 30 avril 311 d'un édit de tolérance mettant fin aux persécutions de Dioclétien. Dernier défenseur de la Tétrarchie, sa mort, en mai 311, en consacre la fin.

Maximien Hercule (voir les années 280)

Narseh ou Narses
Narseh (dont le nom est parfois écrit Narses ou Narseus) est un empereur sassanide de Perse (293–302), fils de Shapur Ier (241–272).

Pièce du règne de Narseh {{Information |Description=Coin of Narseh, Sasanian king |Source=Classical Numismatic Group |Date= |Author=[http://www.coinarchives.com/a/lotviewer.php?LotID=5193&AucID=7&Lot=835] |Permission={{Bild-OTRS|2006092710009217}}

Narseh attaque l'Empire romain, mais après, dans un premier temps, avoir battu l'empereur Galère près de Callinicum sur l'Euphrate en 296, il est complètement défait en Mésopotamie en 297 par ce même Galère qui capture ses épouses, ses enfants et ses trésors. Narseh lui envoie en ambassade pour solliciter la paix un certain « Apharbann » qui est très mal reçu par le César romain qui lui reproche le traitement indigne infligé à Valérien prisonnier. Galère et Dioclétien se concertent ensuite à Nisibis et se mettent d'accord pour envoyer à leur tour comme ambassadeur Sicorius Probus, « maître du bureau des archives ». Narseh l'accueille avec bienveillance mais tente de tergiverser devant les exigences romaines. Il est finalement forcé à conclure un traité de paix à Nisibis, par lequel cinq provinces de la rive gauche du cours supérieur du Tigre (les provinces transtigritanes) sont cédées aux Romains ; le Tigre marque désormais la limite des deux empires. La forteresse de Zirtha aux confins de la Médie est la limite du royaume d'Arménie qui, comme le royaume d'Ibérie, reconnaît la suzeraineté de Rome. Nisibis, ville située sur le Tigre, sert enfin de lieu d'échanges commerciaux.
Cette paix, conclue en 298/299, dure près de 40 ans, jusqu'en 337. Après un règne de 7 ans et 5 mois, Narseh laisse en 302 le trône à son fils Hormizd II. Il semble qu'il soit mort peu après.

Tiridate IV d'Arménie
Tiridate IV Hélios ou le Grand est un roi arsacide d’Arménie, qui règne de 298 à 330. Il succède à son oncle Tiridate III. Allié de Rome, il profite d’une campagne victorieuse des armées romaines contre les Perses pour rentrer en Arménie et soulever le peuple. En 298, Tiridate IV est restauré sur le trône d’Arménie par Rome à l’issue du traité de Nisibe entre Galère et le roi sassanide Narses.
Tiridate IV persécute les chrétiens sous le règne de Dioclétien. Selon la tradition hagiographique rapportée par l'Église arménienne, le prêtre chrétien Grigor, fidèle du roi, ayant refusé de participer aux sacrifices à la déesse Anahit à Eriza (Erzindjian), subit « douze tortures » avec un courage exemplaire. Apprenant que Grigor est le fils d’Anak, l’assassin de son père, le roi le fait jeter dans une fosse de la capitale réservée aux condamnés à mort. Il y reste treize ans.

Le baptême de Tiridate IV. Roi d'Arménie.http://en.wikipedia.org/wiki/Image:Baptism_of_trdat.jpg-Mechitarist collection, Venice- Domaine public

Toujours selon la tradition hagiographique, Tiridate IV fait assassiner Hripsimé, une vierge romaine réfugiée en Arménie, qui lui avait refusé sa main. Accablé de remords à la suite de ce forfait, il est atteint de lycanthropie ; abandonnant ses palais, il erre dans les montagnes et les forêts, suivi de ses courtisans affolés. Sa sœur, qui s’est convertie au christianisme, fait un songe : un ange lui signifie que le roi serait guéri lorsque Grigor serait libéré. Le roi consent à exécuter cette sentence et est guéri. Aussitôt, accompagné de sa cour, il se rend à Achtichat, centre du paganisme arménien, et après avoir livré un violent combat aux prêtres, détruit toutes les idoles et les temples.
Une assemblée de notables élit Grigor (saint Grégoire l'Illuminateur) chef suprême de l’Église (Catholicos) et l’évêque de Césarée le sacre prélat de l’Arménie. En 301, ou 314, Tiridate IV se convertit au christianisme avec son peuple sous l’inspiration de Grégoire l'Illuminateur. Il proclame le christianisme comme religion d’État. Grigor fait bâtir une église métropolitaine à Etchmiadzin après avoir vu une apparition du Christ qui lui aurait indiqué l'emplacement exact de la future église. Il fonde et instruit le clergé arménien, évangélise l’Ibérie (Géorgie), puis se retire en ermite dans une grotte du mont Sepouh jusqu’à sa mort.
À la mort de Tiridate IV en 330, l’Arménie connaît un siècle de guerres et d’anarchie.

Art et culture
Embellissement de Trèves qui devient ville impériale. La ville s’étend sur 285 ha et compte de 70 000 à 80 000 habitants au IVe siècle.

 
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samedi 8 juin 2013

Les années 260 (de 260 à 269) Culture

Inventions, découvertes, introductions

263 : le mathématicien chinois Liu Hui termine un commentaire détaillé des Neuf Chapitres sur l'art mathématique.
Liu Hui était un mathématicien chinois qui vivait au IIIe siècle après J.C.
En 263 il publie un livre avec des solutions aux problèmes présentés dans le célèbre livre chinois de mathématiques connu sous le nom Jiuzhang Suanshu ou Les neuf chapitres sur l'art mathématique, traduit en français par Guo Shuchun, de l'Académie chinoise des sciences.

Les Neuf Chapitres sur l'art mathématique Transfered from en.wikipedia Transfer was stated to be made by User:Otso Huuska. Original uploader was HELLO, WORLD! at en.wikipedia Domaine public

Dans ces commentaires, il présente :
une estimation de p à 3,14162 et suggère que 3,14 est une bonne approximation ;
la méthode d'élimination de Gauss ;
le principe de Cavalieri pour trouver le volume du cylindre.
Il présente aussi, dans une annexe séparée appelée Haidao suanjing ou Le manuel mathématique de l'île de la mer, plusieurs problèmes d'arpentage.

Art et culture

Plotin

Plotin Philosophe alexandrin Antiquité tardive Ostiense Museum, Ostia Antica - ROME, Italy Domaine public

Plotin (205 - 270 après J.-C.) était un philosophe grec de l'Antiquité tardive. Il fut le fondateur d'un courant philosophique appelé « néoplatonisme », qui influença de manière profonde la philosophie occidentale. Il installa son école à Rome en 246, et son premier disciple fut Amélius. Sa relecture des dialogues de Platon fut une source d'inspiration importante pour la pensée chrétienne, en pleine formation à l'époque, puis pour saint Augustin. L'intégralité de ses écrits a été publiée, par un autre disciple fidèle, Porphyre de Tyr, dans les Ennéades.

Plotin et ses disciples. http://www.crystalinks.com/plotinus.html Domaine public

La pensée de Plotin est originale en ce qu'elle approfondit la réflexion de Platon et d'Aristote sur la nature de l'Intelligence, mais aussi et surtout en ce qu'elle pose un au-delà de l'intelligence, à savoir l'Un. Pour Plotin, l'univers est composé de trois réalités fondamentales : l'Un, l'Intelligence et l'Âme. L'homme qui fait partie du monde sensible doit, par l'introspection, remonter de l'Âme à l'Intelligence, puis de l'Intelligence à l'Un et accomplir ainsi une union mystique avec le dieu par excellence.

Sources sur Plotin
Porphyre, Vie de Plotin
Porphyre, Contre les chrétiens, fragment 39 (éd. Harnack) (= Eusèbe, Histoire ecclésiastique, VI, 19).
Longin
Eunape de Sardes, Vies des sophistes, chapitre II (vers 395).

Le roi de Perse Chahpuhr Ier semble avoir encouragé la doctrine de Mani. Il fonde une capitale, GundeShâhpuhr près de Suse et bâtit sans doute le palais de Ctésiphon.
L’Académie de Gundishapur à l'ouest de l'Iran, était une célèbre Académie universitaire de la ville de Gundishapur qui fut, au cours de l’Antiquité tardive, le centre intellectuel de l’empire sassanide. Ainsi que l'explique la Chronique de Séert, cette ville est la conséquence de la déportation de la population chrétienne d'Antioche et de leur évêque Demetrianos en 270 par le roi Shapur Ier, mais l'école a commencé ses activités beaucoup plus tard. L'hôpital de Gundishapur est le plus ancien hôpital d'enseignement connu. L'Acadèmie comprenait aussi une bibliothèque et un observatoire. Elle était située dans l'actuelle province du Khuzestan, dans le sud-ouest de l'Iran, près de la rivière Karoun. Elle proposait l’enseignement de la médecine, de la philosophie, de la théologie et des sciences. Le corps professoral était versé non seulement dans les traditions zoroastriennes et perses, mais enseignait aussi les langues grecques et indiennes. Selon les historiens le Cambridge de l'Iran, était le centre médical le plus important de l'ancien monde (défini comme le territoire de l'Europe, de la Méditerranée et du Proche-Orient) au cours des VIe et VIIe siècles.

Ctésiphon (Tâgh-i Kasrâ). Dessin du capitaine Hart, 1824.Domaine public

Ctesiphon. Iraq 3-anna stamp of 1923, scanned by User:Stan Shebs Category:Stamps Domaine public


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jeudi 6 juin 2013

Les années 240 (de 240 à 249) Histoire

Événements

242-244 : guerres de Gordien III contre les Perses.
La guerre entre les Sassanides et les Romains commence dès avant le milieu du IIIe siècle suite à la renaissance de la Perse sous Ardashir.
Le fils d'Ardashir, Shapur Ier, continue l'expansion de l'empire en conquérant la Bactriane et la partie ouest de l'empire Koushan tout en menant plusieurs campagnes contre Rome en envahissant la Mésopotamie romaine. Battu à Rhesaina (Syrie) en 243, il doit abandonner ces territoires mais l'année suivante, l'empereur romain Gordien III est battu à Misiche, puis assassiné par ses propres troupes. Shapour conclut alors un avantageux traité de paix avec le nouvel empereur, Philippe l'Arabe, pour reprendre ensuite le combat en 252 et battre les Romains à Barbalissos, lesquels, sous l'empereur Valerien, connurent une désastreuse défaite entre Carrhes (Harran) et Édessa (Sanliurfa) en 260. Shapour capture Valérien qui demeure prisonnier à vie et immortalise ce triomphe en faisant graver la scène à Naqsh-e Rostam, et aussi à Bishapour, dans une version plus élaborée. Ce site contient quatre tombeaux de la dynastie Achéménide et sept des Sassanides. En 261, il pénètre en Anatolie, mais subit une défaite des Romains et d'Odenat, leur allié de Palmyre, perd son harem et tous les territoires romains qu'il avait conquis.

Crise du troisième siècle dans l'empire romain.
La crise du IIIe siècle de l’empire romain englobe, d’après les historiens contemporains, les années 235 (mort de Sévère Alexandre et avènement de Maximin) à 284 ou 285 (mort de Carin et avènement de Dioclétien). Elle survient alors que s’éteint la dynastie des Sévères laquelle, après les troubles de 193-195, avait réussi à donner une certaine stabilité à l’empire.
Gouverné par ce qu’il est convenu d’appeler les « empereurs-soldats », l’empire doit faire face sur le plan intérieur à une série de crises politiques, économiques, sociales, religieuses et morales. Sur le plan extérieur, de nombreuses tribus germaniques menacent l’Imperium Romanum, pendant que le nouvel empire perse des Sassanides, adoptant une politique agressive, cherche à s’étendre aux dépens de l’empire romain. Ces nouvelles invasions au nord et à l’est mettent à rude épreuve les capacités de l’armée à protéger les frontières. De plus, de nombreux coups d’État, la sécession temporaire de certains territoires (l’« empire gaulois » de 260 à 274 et la sécession de la principauté de Palmyre vers la même période), la paralysie des moyens de transport, la pression fiscale et la crise de la production affectant les provinces amènent l’empire au bord du gouffre. La crise atteint son paroxysme en 260. Toutefois, grâce à des réformes en profondeur de l’armée et de l’économie d’une part, au relâchement de la pression barbare d’autre part, l’État romain réussira à se stabiliser et l’empire survivra. Cette dernière phase du principat se termine avec l’arrivée au pouvoir de Dioclétien (284/285) que l’on associe généralement au début de l’Antiquité tardive.


En Inde, déclin de l’Empire kusana. Vers 245-248, roi sassanide de Perse Shapur Ier annexe la Bactriane. De petites dynasties kouchanes se maintiendront jusqu’au IVe siècle dans l’Hindu-Kush.
L'Hindu Kush ou Hindou Kouch est une chaîne de hautes montagnes en Afghanistan et au Pakistan.
L’empire kouchan commence à décliner politiquement à la mort de Kanishka Ier. Ses successeurs auraient, tout au moins pour les trois premiers, régné ensemble et auraient fondé villes et monastères bouddhiques au Cachemire. Vasishka (en) aurait laissé des inscriptions dans le Dekkan aux alentours de Bhopal. Kanishka II (en) aurait pris le titre de Kaisara (César) mais ses successeurs portent des patronymes purement indiens. Ils se rendent plus ou moins indépendant dans les provinces, alors que le centre de l’empire demeure dans le Pendjab et le Cachemire, jusqu’à la conquête sassanide en 241.
À partir du IIIe siècle, l’Empire kouchan commence à se fragmenter.

Mani place le royaume d'Aksoum parmi les quatre grandes puissances du monde, après Rome et la Perse, mais avant la Chine.
Le Royaume d'Aksoum ou Empire aksoumite (guèze: ????) était un royaume commercial important dans le nord-est de l'Afrique, qui s'est développé à partir du IVe siècle av. J.-C. pour atteindre son apogée au Ier siècle. Son ancienne capitale, Aksoum, se situait dans le nord de l'actuelle Éthiopie. Le royaume utilisa le nom "Éthiopie" dès le IVe siècle3. Il est également le lieu présumé où repose l'Arche d'alliance et la maison de la reine de Saba. Aksoum a été également le premier grand empire à se convertir au christianisme.


Personnages significatifs

Himiko (voir les années 180)

Mani (prophète)
Né probablement le 14 avril 216 (8 nisan 527 de l'ère séleucide) à Ctésiphon en Mésopotamie et mort à Gundishapur, Susiane, le 26 février de l'an 276 ou 277. Mani est le fondateur du manichéisme.
Parmi les étymologies possibles de son nom figure le sanskrit ma?i : pierre, perle précieuse, joyau, que l'on retrouve dans le mantra homonyme.

Mani (prophet).This image (or other media file) is in the public domain because its copyright has expired.

Dès l'âge de 12 ans, Mani affirme être en contact avec un « ange » (cela correspond à la figure mystique du bien-aimé, du jumeau) qui lui demande de quitter cette secte hostile pour enseigner la parole du Christ. Se considérant comme un imitateur de la vie de Jésus, il se met à prêcher vers 240, année de son voyage dans le Royaume indo-grec sur les traces de la communauté de l'apôtre Thomas, où il est probablement influencé par le gréco-bouddhisme. De retour en 242, il rejoint la Cour du roi sassanide Shapur Ier, fidèle au zoroastrisme, à qui il dédicace son premier ouvrage en perse, Shabuhragan et lui présente sa doctrine du manichéisme. Le monarque conçoit tout l'intérêt d'une religion nationale pour unifier son empire, il lui donne alors le droit de répandre librement son enseignement dans tout l'Empire Perse où il prêche en araméen. La foi nouvelle progresse rapidement et les communautés se multiplient sous son regard bienveillant.

Philippe l'Arabe
Philippe l'Arabe  (v. 204 - 249) est empereur romain de 244 à 249.
Installé à Antioche, Philippe réorganise les forces romaines d'Orient, les plaçant sous le commandement unique de son frère Priscus nommé rector Orientis. Il congédie les auxiliaires Goths qui ont été recrutés pour l'expédition de Gordien III, et place les forces romaines du Danube sous le commandement de Sévérianus, sans doute son beau-frère. Il comble l'Arabie, sa province natale, de sa générosité en faisant embellir Bostra (Bosra, Syrie), la capitale, et en bâtissant de toutes pièces la nouvelle cité de Philippopolis (Shahba, Syrie), peut-être à l'origine son village natal. Il fait aussi construire les propylées monumentaux du temple de Jupiter à Héliopolis (Baalbek, Liban).

Buste de Philippe l'Arabe Hermitage Museum, Russie Attribution: George Shuklin/Wikimédia Commons

Après s'être fait confirmer par le Sénat à Rome (lui qui n'est pas issu de la noblesse sénatoriale), il part guerroyer sur le Danube contre les Carpes. Puis en 248, à Rome, il fait célébrer avec faste les Jeux séculaires, qui correspondent au millénaire de la fondation de Rome.
Mais à cette date, de nombreux mécontentements, notamment dans les armées des provinces, ont éclaté. Les exigences fiscales très lourdes de son frère Priscus en Orient l'ont rendu très impopulaire. En Cappadoce, un certain Jotapianus revendique un moment le titre d'empereur, tandis que Pacatianus, qui a des soutiens au Sénat, fait de même sur le Danube. Philippe charge Dèce, alors préfet de la Ville, de réprimer cette dernière usurpation. Mais cela fait, les propres soldats de Dèce l'acclamèrent empereur.
Philippe doit à son tour marcher contre son ancien subordonné. En automne 249, ils s'affrontent à la bataille de Vérone. Dèce l'emporte et Philippe est tué.

Shapur Ier
Shapur, Shapour, Châhpour ou Sapor Ier est un Roi des rois de l'Empire sassanide de Perse ayant régné de 240 à 272 ap. J.-C.
Un régime stable

Naqsh-i Rustam (Iran). Bas-relief rupestre représentant le triomphe du roi Shapour Ier sur les empereurs romains Philippe l'Arabe (244-249), à genoux faisant sa soumission, et Valérien (253-260) debout, fait prisonnier. Les mains de Valérien sont dissimulées à l'intérieur des manches en signe de servitude. Derrière Shapour, un personnage imberbe coiffé d'une tiare est peut-être le môbedh Kartir, chef religieux. Années 260. Photo Ginolerhino 2002.Wikimédia Commons

Shapur a passé le plus clair de son règne à guerroyer sur tous les fronts, à l'Ouest contre les Arméniens, contre les Romains, mais aussi à l'Est de son empire. Si, dans les faits, il a consolidé la domination des Sassanides sur le monde irano-mésopotamien, en éliminant physiquement les derniers représentants de la dynastie parthe arsacide qui pouvaient prétendre à plus de légitimité que lui, il restait encore à la fin de son règne des nostalgiques des Arsacides, mais tous sont réduits à combattre pour les Romains. La force de son régime apparaît quand on considère sa stabilité, comparée à l'instabilité de l'Empire romain à la même période. Shapur, qui avait reçu le pouvoir de son père et l'a transmis à son fils, a vu en trente ans de règne se succéder chez les Romains Gordien III, Philippe l'Arabe, Trajan-Dèce, Trébonien Galle, Émilien, Valérien, Gallien et Claude le Gothique, sans compter les innombrables usurpateurs et autres rebelles dont Zénobie est la plus connue. Cette stabilité n'a pu que renforcer son autorité et son prestige auprès des populations du Moyen-Orient.

Timésithée
Timésithée fut surtout célébré pour ses talents de gestionnaire et de logisticien.
« La politique de cet homme à la tête des affaires publiques fut si remarquable qu’aucune cité frontalière de quelque importance et capable d’entretenir l’armée du Peuple Romain et l’empereur ne vint jamais à manquer de vinaigre, de froment, de lard, d’orge et de paille ; les cités plus modestes disposèrent pour leur part, les unes d’un approvisionnement pour 30 jours, d’autres pour 40 jours ou deux mois, certaines au minimum pour 15 jours. ».

Monnaie de Singara (Sinjar, Irak) représentant l'Empereur Gordien III et son épouse Tranquilline, fille de Timésithée Attribution: Classical Numismatic Group, Inc. http://www.cngcoins.com

Pour mettre sur pied et projeter en Orient l'armée impériale à partir de 241, Timésithée a eu recours à l'émission massive de monnaies d'argent, ce qui a correspondu à une dévaluation de fait. La monnaie d'argent la plus courante, l'antoninien de 2 deniers, est en effet passée d'un poids moyen de 4,73 g en 238 à 4,00 g en 244. Mais la rigueur de sa gestion a fait qu'à sa mort les caisses de l'armée étaient pleines, permettant à Philippe l'Arabe en 244 de verser immédiatement 500 000 pièces d'or à Shapur Ier pour la rançon des prisonniers romains, et il en restait assez pour verser aux soldats leur prime d'avènement après la conclusion de la paix avec les Perses.


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