vendredi 18 novembre 2011

Jean de Salisbury, philosophe scolastique

Jean de Salisbury (Johannes Sarisbierensis ou Parvus ou Leverianus), né à Salisbury au commencement du XIIe siècle, mort à Chartres en 1180. Il vint en 1136 étudier à Paris, où il fut l'élève d'Abélard. Sa pauvreté le força à quitter Paris et à se retirer à l'abbaye de Montier-la-Celle, où il continua ses études. En 1148, l'archevêque Theobald de Canterbury l'emmena en Angleterre, et fit de lui son secrétaire. Il fut ensuite celui de Thomas Becket, dont il partagea la fortune et la disgrâce. Rentré en France en 1176, il fut, grâce à Thibaut, comte de Champagne, nommé évêque de Chartres, ou il mourut. Le principal ouvrage de Jean de Salisbury, intitulé Policraticus sive de nugis curialiurn et vestigiis philosophorum, est du plus haut intérêt pour l'histoire de la scolastique. Les dix premiers livres sont, une sorte d'histoire de la philosophie.

La philosophie grecque est une tour de Babel, pleine de l'orgueil de la raison. Le stoïcisme et l'épicurisme ont si bien corrompu la vérité qu'il n'est resté de place que pour le doute de la Nouvelle Académie. Les deux derniers livres contiennent les idées religieuses et morales personnelles à l'auteur. L'humilité chrétienne est une meilleure préparation à la philosophie que l'insensibilité stoïcienne. Le but de la philosophie est le bonheur, où l'on arrive par la vertu, et pour lequel il faut réunir toutes les méthodes proposées par les écoles, afin que l'homme soit uni à Dieu par des liens multiples d'intelligence et d'amour. A cet ouvrage il faut joindre le Metalogicus, écrit de logique et de polémique. On y trouve une connaissance très suffisante de la logique d'Aristote. L'auteur lui reprocha des subtibilités, et le juge plus fort pour détruira que pour fonder. Le fondement de toute connaissance est la sensibilité, d'où se dégagent la pensée et l'imagination. L'abstraction fait du sensible la science, grâce à laquelle l'entendement aperçoit les formes substantielles. Mais ce progrès ne peut se faire qu'avec l'aide de la grâce. Les universaux ne sont ni des noms ni des réalités indépendantes de Dieu : ce sont des concepts abstraits par l'entendement et qui reproduisent les formes ou qualités inhérentes aux choses.

Ces deux ouvrages ont été publiés séparément le Policraticus en 1476, à Bruxelles, le Metalogicus en 1610 à Paris; et ensemble, à Lyon (1613), Leyde (1639), Amsterdam (1666), Oxford (1648, éd. Miles). Le Policraticus a été traduit en 1640 par Mézerai. On a encorede lui un poème: De Membris conspirantibus, une Vie de saint Anselme de Canterbury (Anglia Sacra, II, 14.); Vie de Thomas Becket, dans la Quadrilogue (1495); un Comment. de saint Paul, (1646), et des Lettres. (C-EL.).

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